PART. IV. L
i.m.ividl; consii.kiu: comme i'hoducteur
déchets, outils détériorés par l'usage, etc., et la dépense s'étend. à tous les moyens de production, à l'acquisition des matières premières, aux salaires, aux traitements, aux intérêts servis aux créanciers, aux impots, aux loyers et fermages, etc. Au revenu accru par la production, qui rend possible une consommation plus abondante ou a pour résultat en fin d'année une meilleure situation de fortune, il faut opposer, pour toute activité productrice, les désagréments qui résultent pour l'entrepreneur de son effort propre, physique et moral, de l'attention et de la fatigue qu'il lui faut dépenser, de ses soucis et de ses émotions dans la direction et la surveillance de ses subordonnés et de toute l'entreprise. La situation de fortune en lin d'année dépend, ici comme plus haut, de la quantité et de la qualité de l'actif initial, du revenu qui est déterminé avec précision pour chaque combinaison par la dépense et le bénéfice en résultant, de l'usure, liée à cette combinaison, de tous les objets d'usage servant à la consommation ou à la production.
Pour déterminer une certaine combinaison de la production et de la consommation annuelles totales, il faut donc connaître avec précision dans toutes leurs particularités tous les moyens de production et de consommation à employer, tous les produits dans leur qualité, leur quantité et leur mode d'emploi ou de fabrication; nous avons déjà vu que ceci était nécessaire si l'on voulait déterminer une certaine combinaison de consommation. De plus il faut fixer, outre l'individualité et la répartition générale du temps de l'entrepreneur, les propriétés physiques, intellectuelles et morales non seulement des personnes qui vivent avec lui, mais aussi de tous les gens occupés dans son entreprise ; il faut aussi régler avec précision la distribution du temps de toutes ces personnes pour toutes leurs activités dépendant de l'entrepreneur. Dans le choix des combinaisons possibles les plus avantageuses de toutes, nous devons à nouveau
CHAP. J. — COI RBE DE JOI [SSAN< E El ACT [VITE PRODI I ! RK E 129
supposer < j 1 1 <* l'estimation individuelle de la valeur d<- l'argent par l'entrepreneur n'est pas influencée par sa situation de fortune, plus grande ou moindre, en lin d'année. Dans ce choix, à côté de la qualité de l'actif initial, notamment aussi de la qualité et de l'importance <\'> installations déjà faites, en plus des besoins, des inclinations et des habitudes de l'entrepreneur, l'adaptation innée ou acquise de cet individu à chacune des diverses sortes d'activité productrice joue également un rôle prépondérant.
11 faut ensuite, parmi toutes les combinaisons imaginables, mettre cle côté celles qui sont impossibles à réaliser; il y a en effet des quantités d'un article qui ne peuvent absolument pas être produites, pour des raisons techniques, avec des quantités données de tous les moyens de production. Le fait analogue de combinaisons de consommation impossibles est moins remarquable, bien qu'il soit évident que par exemple une certaine quantité de mets à préparer dans le ménage nécessite une quantité correspondante de combustibles. Parmi les combinaisons possibles au point de vue technique, ici encore ce n'est pas toujours celle qui approche le plus de l'exploitation théorique d<-> diverses matières premières qui est la plus avantageuse, car souvent elle nécessiterait une fatigue disproportionnée ou des immobilisations coûteuses ou une usure trop forte des outils ou une trop grande exigence des services des ouvriers. En outre, le domaine ouvert à la recherche delà combinaison la plus convenable reste toujours extrêmement grand, car la même quantité peut être produite au moyen de quantités très différentes des diverses matières premières, si l'installation et les procédés subissent des modifications appropriées. Ine influence analogue est exercée par les changements dans la durée journalière ou annuelle du travail ou de la répartition du montant des matières premières à travailler chaque année entre h's diverses parties de l'année ou de la journée souvent inégalement
Auspitz ri Lieben 9
130 PART. IV. l/lNDIVIDU CONSIDÉRÉ COMME PRODUCTEUR
appropriées. Ainsi, par exemple la production d'une distillerie, par suite de la détérioration progressive de la matière première pendant sa conservation ou par suite d'autres inlluences de la saison, sera moins importante, si l'on veut s'en tenir toute l'année à une même quantité de travail quotidien, que si l'on tient compte de ces circonstances de la façon la plus oppoitune.
48. Jouissance, utilité et coût de production. — Parmi les diverses combinaisons de consommation et de production qui se présentent à un producteur, considérons celles qui contiennent un objet de consommation déterminé A qui, dans aucune des combinaisons, ne se présente comme produit, mais qui se présente toujours comme un article nécessaire à la production ou à la consommation ou aux deux en même temps, et dont l'individu ne possède de stock, ni au début, ni à la lin de l'année. Supposons en outre que seuls les prix, de tous les autres articles soient donnés : nous pouvons alors renouveler l'une après l'autre les considérations présentées ci-dessus (§ 34) pour un individu qui se contente de consommer. En nous en tenant fermement à notre hypothèse d'une appréciation individuelle invariable de la valeur de l'argent, nous sommes de nouveau amenés à ce qu'une jouissance déterminée — la satisfaction provenant de la disposition gratuite de la quantité en question — soit liée à chaque quantité annuelle de l'article A ; la jouissance que l'on peut atteindre pour la quantité 0, c'est à-dire si l'article A est exclu, constitue ici encore la satisfaction initiale. Nous pourrions également établir une courbe de la jouissance d'un individu occupé à produire, relative à ce moyen de production ou de consommation A, et en tirer les courbes de l'utilité et de la demande ; ces courbes ont le genre de forme que nous avons indiqué plus haut.
Supposons, au contraire, que l'article A dont le prix
CHAP. I. — COI KM. BE J01 tSSAKCE l.ï ACTIVITÉ PRODI CTRK E 131
n'est pas déterminé, alors que tous les autres prix sont connus, se présente maintenant comme produit, et non plus comme moyen de production ou de consommation dans aucune des combinaisons considérées. Admettons en outre qu'il n'existe aucun stock de cet article ni au début, ni à la lin de l'année. Ici encore nous pouvons, parmi toutes les combinaisons de consommation et de production comprenant la même quantité annuelle x de A, en détacher une qui procure le maximum de satisfaction et qui reste donc la plus avantageuse pour cbaque prix de 1 quand bien même la quantité en question devrait être fournie à titre gratuit. Naturellement cette constatation n'est valable ici, comme plus baut (§34), que dans l'hypothèse d'une appréciation individuelle invariable de la valeur de l'argent. Alors, étant donné un prix d'achat tgd, la satisfaction était diminuée de la même dépense x . tgb dans toutes les combinaisons contenant la même quantité de consommalion x ; ici, étant donné un prix de vente tg<), la satisfaction est augmentée de la même recette x . tgO dans toutes les combinaisons contenant la même quantité de production x. Comme dans le premier cas, nous qualilions de jouissance liée à cette quantité annuelle de production la satisfaction procurée par la combinaison la plus avantageuse, pour une quantité quelconque x, sans tenir compte de la recette afférente à l'article A. De même, ici encore, nous appelons satisfaction initiale celte satisfaction qui résulte de la combinaison la plus avantageuse, »'tant donné la quantité »le production 0, c'est-à-dire s'il n'y a pas production
de 1.
L'entrepreneur doit toujours atteindre tout au moins la satisfaction initiale, car, naturellement, il cesserait de produire .1 si de celte production résultait pour lui une diminution au lieu d'une augmentation de satisfaction. Comme L'effort et les (Vais croissent avec la quantité produite, la satisfaction diminue et reste de plus en plus en arrière de
132 part. iv. — l'individu considéré comme producteur
la satisfaction initiale si l'on doit se défaire en réalité gratuitement des quantités produites; mais la satisfaction sans recette pour l'article A est précisément ce que nous entendons par jouissance. Ainsi, dès que la jouissance liée à une production quelconque de A est inférieure à la satisfaction initiale, l'entrepreneur ne peut produire cette quantité sans désavantage que s'il gagne sur cet article au moins la somme nécessaire pour compléter sa jouissance de telle façon que sa satisfaction redevienne égale à la satisfaction initiale. Ce minimum de bénéfice pour lequel l'entrepreneur ne tire encore aucun avantage de sa production, — et dans ce cas il lui reste tout à fait inclinèrent de produire ou non la quantité en question de A, — est ce que nous avons appelé plus haut (§ 2) le coût de production. Nous voyons donc que le coût de production d'une quantité annuelle quelconque a sa mesure dans l'excédent de la satisfaction initiale sur la jouissance liée à cette quantité ; nous avons vu, de môme, que l'utilité d'une quantité annuelle de consommation est représentée par l'excédent de la jouissance sur la satisfaction initiale. Le coût d'une production annuelle à vendre, — et il doit comprendre avec les dépenses matérielles une compensation des efforts, des fatigues et des soucis de l'entrepreneur, — forme ainsi l'exact opposé de l'utilité ou de la valeur d'usage d'une quantité annuelle de consommation à acheter. La consommation n'augmenterait en rien la satisfaction et ne procurerait que la satisfaction initiale, si toute sa valeur d'usage devait être dépensée pour la quantité à acheter ; de môme, la production n'entrave aucunement la satisfaction, c'est-à-dire donnerait toujours la satisfaction initiale si, pour la quantité produite, on avait une recette brute équivalente au coût de production. La satisfaction initiale forme ainsi toujours le point de départ, l'étiage avec lequel il faut comparer la jouissance que procure une quantité quelconque de consommation ou de production de l'article considéré, si l'on
CHAP. I. — COI RBE DE JOl ISSANCE ET ACTIVITÉ PRODUCTRICE 1 33
veut évaluer d'une part l'utilité et de l'autre le coût de production de la quantité en question.
49. La courbe de la jouissance relative à un article considéré comme produit. — Si qous représentons par une ordonnée la jouissance liée à toute quantité annuelle d'un article A considéré seulement comme produit, il nous faut regarder les quantités de production, puisqu'elles sont vendues, comme de.-> quantités d'achat négatives et, en conséquence, les porter à gauche de l'axe des ordonnées, tandis que la satisfaction initiale Ob apparaît de nouveau au-dessus du point 0. Nous obtenons ainsi (fig. 49 une suite de points d'un traeé irrégulier en général, et celte série nous donne la courbe complètement concave bg, dessinée en noir, si nous excluons les quantités inopportunes, c'est-à-dire ces points qui se trouvent au-dessous de la ligne de liaison de n'importe quels autres points. Nous obtenons ainsi la courbe de la jouissance relative au produit A de l'individualité économique considérée, étant donné les prix de tous les autres ai ticles. Si nous faisons tourner cette courbe de 180° autour de 0, nous obtenons la courbe convexe bg, tracée en rouge, dans laquelle on représente par des abscisses positives les quantités produites et par des ordonnées négatives la satisfaction initiale Ob et la jouissance. Cette courbe, représentée de deux tarons différentes par rapport au point 0, donne dans tous les cas la courbe du coût Oa, et la courbe rouge Oa s'accorde avec nos représentations antérieures de la courbe du coût. La courbe du coût et la courbe de la jouissance ne se distinguent que par leur élévation, différant de Ob, parce que, nous le savons, les coûts de production de toute quantité d'un produit A sont donnés par la différence exi&tant entre la jouissance liée à celte quantité et la satisfaction initiale Ob. La courbe de l'offre Oa' peut être dérivée de 1 une aussi bien que de l'autre de ces courbes ; de même que la courbe du coût tracée en noir, sa dérivée apparaît
134 pari', iv. — l'individu considéré comme producteur
dans une situaiion renversée, aussi cette dernière doit-elle couper la ligne du prix POP de l'article .4 prolongée vers la gauche. Le point d'intersection de la ligne du prix et de la courbe Oa' désigne dans les deux modes de représentation par ses abscisses d'égale longueur la quantité annuelle de production x la plus avantageuse do ,4, par sa dislance, dans le sens vertical, de la courbe de la jouissance la satisfaction, c'est-à-dire la somme de la jouissance et de la recette, et enfin, par sa distance de la courbe du coût, l'augmentation de la satisfaction, par rapport à la satisficlion initiale, obtenue grâce à h production de la quantité en question de A ; et cela constitue le profit, déjî étudié plus baut, afférent à la production de l'article A. La fin de la partie droite initiale de la courbe bg désigne ici encore par son abscisse la quantité minimum Om du produit A, et l'inclinaison de cette partie de bg donne ici le prix minimum PmOPm auquel la fabrication de ce produit est tout juste possible, mais ne procure que la satisfaction initiale Ob. A chaque nouvelle diminution de prix' de l'article A, l'individu considéré cessera de produire, tandis qu'à tout renchérissement il fabriquera des quantités chaque fois plus considérables, et la satisfaction croîtra d'une façon continue. Plus la satisfaction initiale est élevée, plus le prix minimum est élevé et plus la quantité minimum est importante, tandis qu'un individu, qui ne pourrait arriver qu'à une faible satisfaction initiale en cessant la production spéciale de A, doit persévérer dans cette production bien que le prix de A et l'augmentation de satisfaction qu'il peut obtenir ne soient que faibles.
Le prix minimum est positif dans la figure 49 ; mais il existe des articles, comme la mélasse, la cendre de houille, etc., qui, à cause de leur liaison technique avec des produits de plus de valeur sont fabriqués quand bien même leurs frais d'enlèvement resteront à la charge du fabricant. La courbe de la jouissance apparaît alors comme dans la
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figure 50 (celle courbe, lournée de 180°, est tracée en rouge); elle débute par une partie droite dont la direction donne un prix minimum négatif, c'est-à-dire le maximum de coût de l'enlèvement. La courbe bg et la courbe de coût Oa ont dans la ligure 50 un point maximum, comme c'est l'habitude pour les courbes de l'utilité; dans le tracé en rouge ce même point devient un point minimum et représente dans tous les cas la quantité la plus avantageuse quand on trouve à se débarrasser du produit, certes seulement à litre gratuit el sans frais d'évacuation. Jusqu'à cette quantité un produit pour lequel le fabricant doit prendre à sa charge le coût d'enlèvement se comporte précisément comme un moyen de production, en ce que la jouissance augmente jusqu'au maximum de la courbe bg. Dans la mesure où la jouissance dépasse la satisfaction initiale, la courbe du coût Oa dans son tracé noir est au-dessus et dans son tracé rouge au-dessous de l'axe des abscisses, ce qui signifie que la production des quantités en question non seulement ne coûte rien, mais fournit un excédent, »'tant donné les prix de tous les autres articles, en particulier des autres produits. Pour un produit comme la cendre de houille, l'on conçoit facilement que seule la partie de la courbe jusqu'au maximum (ou au minimum s'il s'agit du tracé rouge) peut être prise en considération.
La production ne peut être étendue au delà que si le produit en question est en réalité susceptible d'être vendu, et le tracé ultérieur de la courbe est tout à fait analogue à la partie descendante d'une courbe de la jouissance relative à un moyen de consommation ou de production, partie valable pour les quantités qui ne sont demandées que contre paiement d'une prime. La courbe (fig. Ï9) trouve par contre son analogie dans celle (fig. -iO) d'un objet de consommation qui n'est pas désiré et qui, par conséquent, n'est utilisé en principe qu'à des prix négatifs, c'est-à-dire moyennant bonification.
136 Pakt. iv. — l'individu considéré comme producteur
50. La satisfaction initiale de l'entrepreneur. — Nous avons vu que l'utilité d'un moyen de production, comme celle d'uu objet de consommation, et que le coût de production d'un article dépendent essentiellement, dans leur mesure, de la satisfaction initiale. La satisfaction initiale qui reste à un individu, qui produit effectivement, quand un article déterminé est exclu de la combinaison se montrera très différente suivant la nature du dit objet. Ainsi, quand un fabricant de sucre doit renoncer à un produit, comme le sucre en cube, ou à une matière première, comme une certaine sorte de cbarbon, il n'a qu'à modifier son exploitation d'une façon tout à fait insignifiante pour passer à d'autres espèces qu'il produisait ou utilisait peut-être déjà auparavant. De même, un agriculteur n'éprouvera aucune difficulté particulière, en modifiant simplement sa succession des cultures, à remplacer une espèce de plante par une autre ou même à passer de la production de la viande à la production laitière. Mais, si notre fabricant de sucre se voit poussé à ne plus travailler de betteraves ou, ce qui revient au même, à ne plus produire de tranches de betterave dont le jus a été extrait, la continuation de l'entreprise comme fabrique de sucre est impossible, et il y a lieu de se demander si, étant donné les conditions des prix, il est préférable de transformer la fabrique en raffinerie ou bien d'affecter le bâtiment et une partie de l'installation à une fabrication tout à fait différente ou bien de vendre le tout et de choisir une autre profession. Même dans une solution aussi extrême, une satisfaction initiale reste à l'entrepreneur pourvu qu'il seit en situation de soutenu1 son existence. Cette satisfaction sera d'autant plus grande que le passage à un autre genre d'activité lui sera plus facile, que sa crainte du changement et du risque y relatif sera plus faible, qu'il aura des aptitudes plus variées lui permettant de choisir un nouveau métier, que la perte à laquelle il s'expose en liquidant son entreprise sera moins considérable et que sa nouvelle installation nécessi-