RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS
Au cours de ce travail, nous avons pu montrer un certain nombre de faits que nous devons maintenant résumer.
1° Dans le sang normal des mammifères, de l’homme en particulier, aussi bien au point de vue morphologique qu’au point de vue des réactions histo-chimiques, on ne trouve pas toutes les formes intermédiaires nettes qui permettraient de relier les uns aux autres les leucocytes à noyau arrondi, les leucocytes à noyau polymorphe et les leucocytes à granulations réfringentes éosinophiles. On trouve au contraire toutes les formes intermédiaires entre la plupart des mononucléaires. Dans certains cas de leucémie, on peut rencontrer
1. Everanp, DEmoor et Massarr, Sur les modifications des leucocvtes dans nfection et l’immunisation (Ann. de l’Inst. Pasteur, 1893, p. 165).
dans le sang toutes les formes intermédiaires entre les plus petits mononucléaires et les leucocytes à noyau polymorphe. Ces formes existent dans le sang normal, mais y sont rares,
2° Les leucocytes éosinophiles du sang normal de l'homme ont d’une façon presque constante un noyau remarquable par ses caractères spéciaux. Il est le plus souvent double, quelquefois triple ou plus rarement découpé, jamais, en tous cas, grand et arrondi comme cela se voit dans certains cas de leucémie. Il n’y a pas dans le sang normal de l’homme d'intermédiaires véritables entre les fines granulations du protoplasma des leucocytes à noyau polymorphe et les granulations réfringentes éosinophiles. Les fines et spéciales granulations éosinophiles des leucocytes à noyau polymorphe du sang du lapin ne naissent pas à l’intérieur des cellules mononucléaires dans le sang même.
3° Les cellules éosinophiles du sang normal de l’homme, du sang de la leucémie, du sang de certaines maladies où elles sont en plus grand nombre, possèdent des mouvements amiboïdes véritables. On peut daus la leucémie observer des mouvements partiels au niveau de cellules qui semblent correspondre aux grandes cellules à grand noyau unique et arrondi.
4° Les petites cellules mononucléaires qui, dans le sang normal de l’homme et dans le sang de certaines leucémies ganglionnaires où elles sont nombreuses, ne paraissent pas en général posséder de mouvements, sont cependant capables de pousser des pseudopodes, si on s’en rapporte aux résultats que donne l'observation de la lymphe des batraciens.
5° Le noyau bourgeonnant des globules blancs du sang paraît appartenir aux formes les plus actives ; la forme bourgeonnante du noyau n’exprime donc pas la mort, la dégénérescence, le déclin du leucocyte; elle semble jusqu'à un certain point révéler l’activité du protoplasma de la celiule, mais elle ne correspond pas nécessairement à un état préliminaire à la division de celle-ci.
6° Parmi les globules blancs de la lymphe des batraciens “observés pendant leur division ir vitro, à l’état vivant,
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chez l'axololt, ou à l’aide des réactifs fixateurs, chez la grenouille, il en est un certain nombre sur lesquels on peut constater qu’un des deux fragments cellulaires ne contient pas de portion du noyau.
7e La mort des cellules lymphatiques des batraciens, 2 vitro, permet d'observer les différentes phases de processus dégénératifs aboutissant à une fragmentation nucléaire; la présence de formes du même genre dans les exsudats inflammaloires permet de rapporter à des cellules dégénérées certains leucocytes plurinucléés, bien différents des formes habituelles du sang, par exemple, à noyaux découpés ou multiples qui, elles, sont des cellules parfaitement vivantes.
Quant aux conclusions générales, elles sont bien difficiles à donner d’une façon précise sur un sujet si important et si vaste. Cependant, nous croyons pouvoir résumer ainsi les notions qui se dégagent de ce travail :
La die d. différents types de globules blancs est justifiée, quand on se place au simple point de vue morphologique et qu'on envisage les formes les plus nettement différenciées. Néanmoins ces éléments font partie de la même famille, car, malgré des différences, l’activité amiboïde, propriété physiologique fondamentale, est commune à tous. Il est très possible qu'une forme unique leur donne naissance.
La différenciation de ces types dépend vraisemblablement de plusieurs facteurs. Parmi eux, il faut distinguer le développement normal et progressif d’une forme jeune, qui explique, en les rapportant à des étapes diverses de leur évolulion, certaines formes dissemblables. La diversité des conditions physiologiques dans lesquelles se trouvent placés les globules blancs pendant leur existence est une autre cause de cette différenciation; ce qui nous laisse penser que certains de ces types ne sont peut-être pas absolument fixes et définitifs.
Dans le sang normal de l’homme et des mammifères. on peut observer entre certains de ces types toutes les formes intermédiaires. D'autres leucocytes apparaissent comme formant des groupes plus distincts. Par conséquent, sem-
PME bee ble-t-il, ce n'est pas seulement dans le sang des voies circulatoires générales, mais aussi dans les organes hématopoiétiques et ailleurs, qu'il faut rechercher ces formes intermédiaires permettant de réunir les unes aux autres les différentes formes de globules blancs, et qu’il faut aller étudier les conditions qui président aux transformations de ces types morphologiques.
Je tiens, en terminant, à remercier mon maitre M. Màlassez d’avoir bien voulu me faire profiter de ses conseils et de son expérience pour mener à bonne fin ce travail.
Vu : Le Président de la Thèse, Vu : Le Doyen, DIEULAFOY. BROUARDEL.
Vu et permis d'imprimer :
Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris, GRÉARD.
Paris. - Typ. Chamerot et Renouard, 19, rue des Saints-Pères.— 36655.