INTRODUCTION
Par suite de sa grande volatilité, la recherche toxicologique du mercure est restée difficile. Alors que la méthode azotosulfurique habituelle de destruction de la matière organique donne d’excellents résultats pour la recherche et le dosage de la plupart des éléments minéraux, elle se montre très peu satisfaisante et inacceptable dans le cas du mercure (pertes au moins égales aux deux tiers). La température élevée exigée par la destruction de la matière organique par les acides employés est des plus propices à la volatilisation du mercure.
Guidés par le souci de réduire, sinon d'éviter, de telles pertes, les auteurs ont essayé de réaliser une destruction suffisante bien que moins complète en abaïssant la température, par macération nitrique préalable (1), par l'emploi de catalyseurs ou par l’emploi d’agents destructeurs opérant à basse température (chlore naissant, oxydation en milieu basique par l’hypochlorite de soude) mais ces méthodes restent difficiles et donnent des résultats encore quelque peu erronés ou même ne permettent pas de retrouver des traces très faibles de mercure.
Mais les diverses études de nos prédécesseurs font ressortir l'intérêt d’une minéralisation à température aussi basse que possible, car, si le mercure métallique est volatil, il l’est bien plus encore à l’état de sels (chlorure mercurique surtout), forme sous laquelle on le trouve dans le
milieu de destruction.
Malgré toutes les précautions prises et l'emploi des méthodes au chlore naissant où on opère à des températures au plus égales à 1000 il y a toujours des pertes plus ou moins fortes, mais appréciables, même dans les meilleures techniques qui ont été décrites.
Étudier la volatilité du mercure, la mesurer, observer ses variations dans différentes conditions est le premier objet de nos recherches.
Et cela dans le double but : tout d’abord de déterminer les causes qui le font échapper à l’analyse et d’indiquer les conditions physico-chimiques où sa volatilisation sera évitée, ou tout au contraire, d'étudier les conditions dans lesquelles cette volatilisation deviendra totale, si bien qu’on pourra alors l’extraire par entraînement à la vapeur d’eau ou par tout autre corps entraîneur en faisant entrer ainsi le mercure dans la classe des toxiques volatils; ainsi pourra être évitée la destruction de Ja matière
organique.
(1) Vire (G.). Contribution à l'étude de l’hydrargyrum cum creta et à la recherche toxicologique du mercure. Thèse Doct. Pharm., Bordeaux, 1930, p. 39.