‹ Recherches sur la Xénie chez les SolanéesChapitre 2 sur 6 · E. GRIFFON · texte numérisé non relu

E. GRIFFON

de nombreuses observations ainsi que Darwin *, Crozier Giltay La xénie correspond, comme on le voit, dans une certaine mesure à la télégonie chez les animaux. Comme cette dernière, elle a été souvent mise en discussion; un certain nombre de cas qu’on considérait comme devant lui être attribués sont douteux, car ils peuvent s’expliquer tout aussi bien par des variations analogues à celles qu’on constate en dehors de toute hybridation. Cependant il en est plusieurs qu’on est obligé, au moins pour le moment, de considérer comme tels, et je demande la permission d’en dire quelques mots avant de décrire les recherches que j’ai entreprises sur cette question.

Tout d’abord, il est des cas qui s'expliquent très bien à présent par le phénomène de la double fécondation. On comprend en effet que l’albumen soit hybride puisqu’il provient lui-même d une fécondation parle second anthérozoïde du boyau pollinique; si cet albumen a des caractères spéciaux de couleur, de structure, de composition chimique, on pourra voir de suite après la fécondation s’il possède les caractères de celui de la plante mâle. Il est vrai que ce n’est plus de la xénie ; mais avant la découverte de la double fécondation, cela ne pouvait s’expliquer que par une influence à distance du boyau pollinique et par conséquent devait être rangé parmi les cas de xénie.

On sait depuis longtemps, par exemple, que des Maïs à grains blancs, fécondés par des Maïs à grains noirs, peuvent donner des grains noirs l’année même du croisement (de Vilmorin*, Hildebrand®, Kœrnicke®, Webber', CoRRENS*).Or c’est l’albumen

1. De la variation des animaux et des plantes, t. I, Paris, 1879, p.

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