S IV. — DIFFÉRENCES SPÉCIFIQUES
Dans les échantillons de racines de Chimonanthus dont nous avons pu disposer, les racines durables possédaient un faisceau tricentre. Parmi les radicelles, quelquesunes étaient à faisceau tricentre et le plus grand nombre à faisceau bicentre. Chez quelques-unes de ces dernières le faisceau était remarquablement réduit ; il comprenait au plus une vingtaine d'éléments tous primaires (3).
Dans toutes ces racines le parenchyme cortical était notablement réduit.
Le Chimonanthus possède, de même que les Calycanthus , de nombreux laticifères articulés dans le parenchyme cortical de ses racines jeunes et de nombreuses cellules
(1) Nous n'avons pas eu l’occasion d'observer l’état secondaire de ces racines adventives.
(2) Par rapport au plan de symétrie de la feuille dans laquelle ils sortent.
(3) Les racines de notre Chimonanthus sont donc en réalité plus réduites que celles des Calycanthus, et leur faisceau présente toujours un nombre inférieur de centres de différenciation. Ce caractère n'est-il pas dû simplement à un état spécial des échantillons étudiés ? Nous avons en effet vu précédemment que les radicelles et les racines du C. occidentalis sont plus grêles lorsqu'on les prend sur une germination pendant sa première période de végétation, que lorsqu'on les prend chez l'adulte.
oléifères dans le parenchyme de la région libérienne des vieilles racines. Aucune des racines de Chimonanthus ne renferme de Calycanthine.
Les racines de Chimonanthus possèdent la saveur poivrée que nous avons signalée chez les racines des Calycanthus.
S V. — RÉSUMÉ
En résumé, chez'les Calycanthées :
Le point de végétation des racines est formé par un groupe de cellules mères toutes semblables qu’on ne peut subdiviser en initiales spéciales des différents tissus.
L’assise pilifère est l’assise la plus interne de la pilorhize.
Le parenchyme cortical comprend :
1° Dans sa région médiane, du parenchyme primaire ;
2° Dans sa région externe, du parenchyme secondaire et l’assise subéreuse. — Un cambiforme centrifuge, apparu dans l’assise externe du parenchyme cortical primaire, a fourni, vers l’intérieur, le tissu secondaire. La portion externe de cette assise est devenue l’assise subéreuse.
3° Dañs sa région interne , un peu de parenchyme secondaire et la gaîne protectrice. — Un cambiforme centripète établi dans l'assise interne du parenchyme cortical primaire a fourni quelques éléments secondaires vers l'extérieur. La portion interne de cette assise est devenue le gaîne protectrice.
L’assise péricambiale, ainsi que le bois et le liber vrimaires, dérivent d’un massif unique de tissu procambial {1).
Le développement du faisceau procambial est toujours en rapport avec la largeur du point de végétation.
Le nombre des centres de différenciation ligneuse et libérienne du faisceau est en rapport avec la largeur de ce faisceau.
Le développement libéro-ligneux secondaire d’une racine est en rapport avec l'importance de ses productions primaires.
La taille des points de végétation des racines est en rapport avec l’âge des parties aériennes de la plante. Ainsi les racines et les
(1) C'était déjà l’opinion exprimée par M. Nageli (Das Wachsthum des Stammes und der Wurzel Lei den Gefasspflanzen, in Beiträge zur wiss. Botanik H. 1, 1858).
La décortication de la racine est produite par le développement d’un cambiforme phellique dans l’assise péricambiale.
radicelles sont plus grêles dans une germination que chez la plante âgée de 3 ou 4 ans.
Le point de végétation des racines adventives est plus large que celui des racines ordinaires. Par suite le nombre des centres de différenciation ligneuse et libérienne de leur faisceau est plus grand.