‹ Recherches sur l’Anatomie comparée des Calycanthées, des Mélastomacées et des MyrtacéesChapitre 48 sur 134 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

MÉLASTOMACÉES.

HISTORIQUE

De même que pour les Calycanthées, ce sont les anomalies de structure du système libéro-ligneux de la tige qui ont provoqué les premières recherches anatomiques sur les organes végétatifs des Mélastomacées. Ainsi, en 1850, Crüger (1) signale l’existence des faisceaux libéro-ligneux médullaires dans la tige des Mélastomacées.

En 1865, M. Sanio (2) constate que les faisceaux médullaires de l’Heterocentron roseum sont concentriques . à bois central et à liber enveloppant.

Le premier travail d'ensemble qui ait été publié sur la structure de la tige des Mélastomacées est dû à M. Vôchting (3). Il date de 1875. Dans la première partie de ce mémoire qui est tout entière consacrée à la description histologique des tissus de la tige chez une vingtaine d’espèces, M. Vôchting observe : 1° du liber interne contre les faisceaux foliaires de la couronne normale; 2° des faisceaux libéro-ligneux dans la moelle {sauf chez Sonertla margarttacea) ; 3° des faisceaux corticaux chez quelques espèces. D'après M. Vôchting,

(1) Crüger, Bot. Zeitung, 1850, p. 178.

(2) Sanio, Bot. Zeitung, 1865, p. 179.

(3) Vôchting, Der Bau und die Entwicklung der Stammes der Melastomaccen (Hanstein’s Botanische Abhandlungen. B. II, H. I. Bonn. 1875).

les faisceaux médullaires ne contiennent que des trachées disséminées sans ordre et ils sont dépourvus de zone cambiale; les faisceaux corticaux, au contraire, sont concentriques, à bois central, à liber enveloppant et possèdent une zone cambiale circulaire.

M. Vôchting étudie ensuite successivement les tissus dans le point de végétation, la genèse des feuilles et le développement des régions intranodales , puis la différenciation des tissus sur une section intra- ‘nodale. s

En dernier lieu cet éminent anatomiste décrit le parcours des faisceaux dans la tige et dans le pétiole de quelques espèces (Æeferocentron diversifolium, Centradenia floribunda, Heterocentron roseum , Lasiandra peliolaris , Centradenia rosea, C: grandifolia, Melastoma cymosum). Cette étude le conduit aux conclusions suivantes.

La feuille des Mélastomacées reçoit de la tige tantôt 3, tantôt 5, tantôt un plus grand nombre de faisceaux. Lorsque les faisceaux que reçoit la feuille sont nombreux, ils se disposent en cercle. Le pétiole des grandes feuilles renferme en outre des faisceaux intérieurs.

Le parcours des faisceaux, à la base du pétiole , varie avec la présence ou l'absence de faisceaux corticaux dans la tige. Si ces faisceaux corticaux n'existent pas, tous les faisceaux de la feuille rentrent dans la couronne normale soit isolément, soit en se réunissant les uns aux autres. Si, au contraire, la tige possède des faisceaux corticaux, le faisceau médian du pétiole rentre dans la couronne. Les premiers faisceaux latéraux se divisent, à la base du pétiole, en deux branches dont l’une s’accole au faisceau médian et dont l’autre se jette sur le deuxième faisceau latéral voisin pour former, d’une part, des cordons transversaux latéraux dans l'écorce du nœud et, d'autre part, des faisceaux verticaux dans l'écorce de l’entre-nœud inférieur. Chez le Lasiandra, il se détache en outre du milieu de chacun des cordons latéraux du nœud un faisceau qui rentre dans la couronne normale.

Les cordons corticaux de la tige sont donc, d’après M. Vüchting, formés par la réunion d’une branche issue des premiers faisceaux latéraux avec le deuxième faisceau latéral. Ces cordons se divisent en une branche horizontale et une branche verticale. Cette dernière descend dans l’aile de l’entre-nœud et se jette sur le cordon horizontal du nœud inférieur.

Quant aux cordens libéro-ligneux médullaires, M. Vochting pense qu'ils forment un système indépendant. ls sont parallèles dans l’entre-

nœud. Au niveau du nœud ils sont mis en rapport avec le Jiber interne de la couronne par de nombreuses anastomoses, mais ils ne sortent jamais avec les faisceaux foliaires dans les feuilles. En outre, ils se terminent sur le réseau nodal et ne s'étendent jamais d’un entrenœud au suivant. Ces cordons médullaires se différencient avant le liber interne de la couronne.

Dans son Anatomie comparée, en 1877, M. de Bary (1) résume les récherches de M. Vôchting. Mais, contrairement à cet auteur, il considère les faisceaux médullaires comme des faisceaux concentriques à bois central. D'autre part, il range les faisceaux de la couronne normale des Mélastomacées parmi ses faisceaux bicollatéraux.

Dans sa note sur les faisceaux bicollatéraux, M. Petersen (2) admet que les faisceaux médullaires des Mélastomacées ne sont pas habituellement concentriques.

En 1882, M. Weiss (3) reprend l'étude du parcours des faisceaux libéro-ligneux médullaires chez les Mélastomacées et choisit pour cette étude des espèces chez lesquelles la tige n’en renferme qu'un petit nombre. Contrairement à l'opinion de M. Vôchting, il reconnaît que les cordons médullaires aboutissent, vers le haut, à la face interne des faisceaux foliaires, etse terminent, vers le bas, sur d’autres faisceaux de la couronne normale. Il reconnaît aussi que les faisceaux médullaires sont formés par la réunion de plusieurs cordons libéroligneux. L'auteur croit pouvoir comparer ces faits à ceux qu’on observe chez le 7ecoma radicans, chez les Acanthacées et chez les Campanulacées. D’après M. Weiss, les faisceaux médullaires ne sont pas concentriques, à bois central ; ils ne possèdent pas de zone cambiale. En outre ces faisceaux se différencient postérieurement au liber interne et leur différenciation se fait de haut en bas. Ces deux derniers résultats sont en contradiction avec ceux de M. Vôchting.

De ses observations, M. Weiss conclut que les faisceaux médullaires des Mélastomacées ne forment pas un système indépendant, mais qu'ils sont la continuation directe du liber interne des faisceaux foliaires qui, après avoir suivi le bois pendant 1 ou 2 entre-nœuds, pénètre ensuite dans la moelle.

(1) De Bary, Vergleichende Anatomie, p. 268.

(2) Petersen, Ueber das Auftreten bicollateraler Gefassbundel, etc. (Engler's Jahresbericht, 1882, p. 375).

G) Weiss, ‘J. E. Das markstandige Gefassbundelsystem einiger Dicotyledonen in seiner Beziehung zu den Blatispuren (Bot, Centralb. B. XV, 1883, p. 402).

Tout récemment, en 1885, M. Hérail (1) a repris l'étude des faisceaux corticaux, du liber interne et des faisceaux médullaires chez le Melasioma rosea, le Centradenia grandiflora, le C. floribunda, le” C. rosea et le Medinilla farinosa. Sa description des faisceaux corticaux n'’ajoute rien à celle des auteurs précédents, non plus que sa description du liber interne. Quant aux faisceaux médullaires , il les regarde comme concentriques et il y trouve une zone cambiale.

A la suite de ses observations M. Héraik a cru pouvoir émettre quelques opinions personnelles qu’il y a lieu de rappeler. Il considère les faisceaux corticaux comme indépendants et sans relation avec les faisceaux foliaires, uniquement parce que ces faisceaux possèdent des productions secondaires et qu’ils se décortiquent de bonne heure. M. Hérail considère aussi les faisceaux médullaires comme formant un système indépendant (dans lequel rentrerait également le liber interne), parce qu'ils n’ont pas la structure des faisceaux foliaires et ‘ qu’ils sont souvent dépourvus de bois. Evidemment M. Hérail s’est borné à étudier quelques sections transversales isolées. Il n’a pas fait le parcours des faisceaux.

(1) Hérail J. Recherches sur l’ Anatomie comparée de la tige des Dicotylédones (Ann. des Sc. nat. 7e sie, T.II, 1885, p. 203).

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