Bourgeons axillaires
Les bourgeons axillaires du M. clausifiorum se forment successivement dans le plan de symétrie de la feuille en s’éloignant de la tige support. Ils sont déjà bien développés dans l’aisselle des feuilles supérieures de la tige contre le bourgeon terminal. Leurs premiers
appendices sont situés dans le plan perpendiculaire au plan de la feuille support.
L'insertion de la couronne libéro-ligneuse d'un bourgeon axillaire de M. clausiflorum se fait dans les angles formés par le faisceau foliaire sortant avec les bords libres de la couronne de la tige support et sur les deux côtés de chacun de ces angles.
RÉSUMÉ
En résumé, l'étude que nous venons de faire des bourgeons terminaux, des bourgeons axillaires et de la différenciation des tissus de la tige chez les Mélastomacées fournit les résultats suivants :
1° Le point de végétation de la tige des Mélastomacées est une plage plate ou légèrement bombée dans laquelle on distingue,
Une assise dermatogéne qui engendre directement l’épiderme ,
Une masse intérieure de méristème primitif qui tantôt est homogène et tantôt présente deux sortes d’initiales, les unes pour le parenchyme cortical, les autres pour le cylindre central.
2° Le tissu procambial de la couronne libéro-ligneuse apparaît à la périphérie du cylindre çentral, directement en contact avec le parenchyme cortical. Les cellules procambiales et libériennes qui sont contiguës au parenchyme cortical peuvent s'élargir et former une assise péricambiale analogue à celle de la racine {1}.
3° Dans chaque système foliaire (2) l’ordre suivant lequel apparaissent les trachées initiales des faisceaux qui le composent, est le suivant.
La trachée initiale formée la première est celle du faisceau qui est
(1) C’est à tort que M. Morot dans ses Recherches sur le péricycle des Phanérogames (Ann. des Sc. nat. 6e Sie, T. XX 1885, p. 250) signale les Mélastomacées parmi les tiges qui présentent un péricycle simple. En effet, nous venons de voir que l'anneau parenchymateux compris, chez la tige adulte, entre les flots grillagés et le parenchyme cortical : dérive du tissu procambial et du liber primaire. | ne répond donc pas à la définition du péricycle que donne M. Morot, « une couche de tissu ayant même origine que la moelle et les rayons médullaires. »
(2) Nous désignons par ce terme système foliaire l'ensemble de tous les faisceaux dépendant d'une même feuille.
situé dans le plan de symétrie du système ; les trachées initiales des autres faisceaux apparaissent successivement à droite et à gauche de la première et d'autant plus tard qu’elles sont plus éloignées du plan médian. En outre, /a première trachée initiale est toujours la plus rapprochee du centre de la tige. Les autres trachées initiales sont successivement de plus en plus extérieures.
4° Lorsque l’un des faisceaux qui composent un système foliaire s'élargit et se partage en plusieurs lobes, comme cela arrive chez le Bertolonia ænea, l'ordre et le mode d'apparilion des lobes latéraux de ce faisceau sont les mêmes par rapport à son lobe médian que l'ordre et le mode de différencialion des faisceaux latéraux d'un système fohaire par rapport à son faisceau médian. Ce fait est très général; nous l’avons observé non seulement chez les Mélastomacées maïs encore dans d’autres familles.
5° L'apparition des massifs libéro-ligneux médullaires est postérieure à celle des faisceaux de la couronne libéro-ligueuse normale. Ces massifs se forment aux dépens de cellules ordinaires du parenchyme médullaire.
6° Le hber interne des faisceaux de la couronne apparait postérieurement aux massifs Re médullaires (1). Ce liber interne se forme aux dépens 1° des elements neutres internes des Jaisceaux, 2 2° des éléments voisins du parenchyme médullaire.
7° Dans toutes les espèces du type ZLasiandra les faisceaux foliaires des massifs corticaux angulaires apparaissent postérieurement aux autres faisceaux des mêmes systèmes foliaires.
8° Chez presque toutes les Mélastomacées il s'établit de très bonne heure dans l’assise profonde du parenchyme cortical un cambiforme qui produit quelques cellules extérieures. Souvent il arrive que l'assise interne du cambiforme se caractérise ullérieurement en gaine protectrice (2).
9° Les poils des Mélastomacées se forment presque toujours exclusi-
(1) Ce fait avait été observé par M. Vôchting. M. Weiss au contraire crut reconnaître que le liber interne apparaissait avant les faisceaux médullaires , et il en conclut que c'était les cordons libériens internes des faisceaux foliaires qui , en pénétrant inférieurement dans la moelle, formaient les faisceaux médullaires.
(2) La genèse de la gaîne protectrice de la tige des Mélastomacées ressemble donc beaucoup celle de la gaîne protectrice des racines.
vement aux dépens des cellules épidermiques. A l'origine, ils comprennent ordinairement un pédicelle unisérié et une petite tête dont la forme varie avec les genres et les espèces. Plus tard certains poils multiplient les cellules de leur pédicelle et deviennent les poils coniques de la tige adulte. Il existe des poils jusque près du point de végétation. |
Dans quelques cas les poils se forment aux dépens Z'un groupe de cellules épidermiques et de quelques cellules méristématiques sous-jacentes, Ce sont alors de vraies émergences dans lesquelles se différencient ultérieurement des filets libéro-ligneux.
10° Le point de végétation des bourgeons axillaires est produit par un groupe de cellules épidermiques et de cellules sous-épidermiques appartenant à la tige support.
11° Tous les bourgeons axillaires , quel que soit leur nombre, sont situés dans le plan de symétrie de Ia feuille support. Le plus gros, le premier formé, est le plus rapproché de la tige support.
12° Les bourgeons axillaires ne tardent pas à entrer en repos. A cet état ils se distinguent des bourgeons terminaux, 1° par le petit nombre de leurs régions nodales, 2° par la grande taille des éléments de tous leurs tissus, 3° par l'état de caractérisation plus avancée de ces tissus.
13° Les macles d’oxalate de chaux apparaissent sous la forme de petits cristaux maclés, irréguliers, anguleux et non sous celle de petites concrétions comme chez les Calycanthées.