‹ Recherches sur le choléraChapitre 40 sur 95 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

Exp. I. Deux chiens reçoivent dans la veine crurale une injection de 5'=-°' de culture pure dans le bouillon. — Le premier meurt dans la nuit qui suit; son tube digestif est trouvé en état d'injection générale, mais dépourvu de virgules. Son sang est inoculé avec ligature du cholédoque dans le duodénum d'un cobaye qui meurt en 24 heures; l'intestin du cobaye foisonne de virgules. — Le second chien présente après 24 heures une température rectale de 40°, demeure abattu les jours suivants avec un peu de diarrhée ; on le trouve mort au matin du 5'°° jour. A. l'autopsie, on note un peu d'injection à l'intestin grêle. L'injection de sang de ce chien dans le duodénum du cobaye n'y amène pas la reproduction du bacille-virgule.

Exp. II. Injection de 5"'"" de gélatine contaminée dans la veine saphène externe d'un grand lévrier. Le chien reste blotti dans un coin, ne mange pas pendant deux jours, puis guérit.

Exp. III. Injection de bouillon contaminé en môme quantité dans la veine crurale d'un chien. Abattement qui dure deux jours aussi.

Exp. IV. Injection dans l'artère crurale d'un chien. Au lendemain, température = 39°5 ; guérison après suppuration de la plaie.

L'injection de grandes quantités de culture pure de bacillesvirgules dans les veines peut provoquer la mort soit après quelques heures, soit après quelques jours. On a noté dans les deux cas de l'injection du tube digestif, dans le second cas un peu de diarrhée. Dans les cas de guérison les symptômes cholériformes ont fait défaut. On a recherché sans la trouver la virgule dans l'intestin.

Injections dans le tube digestif à des animaux autres que les cobayes.

L'injection de cultures pures dans l'estomac, dans le duodénum, dans l'intestin grêle est restée tout aussi inefficace que l'injection de matière intestinale de cholériques. Reproduire ici nos expé-

EXPÉRIENCES D'INOCULATION

riences serait nous répéter sans profit aucun. Il suffira de dire que la simple inoculation diiodénale a été supportée impunément par plusieurs chiens, quatre chats et cinq rats, le duodénum ayant été cependant amené au-dehors, comme pour l'opération de'la fistule biliaire.

Inoculation duodénale après ligature du cholédoque. Voici nos expériences :

Exp. V. Rat, trouvé mort après douze heures ; virgules. — Chat, trouvé mort le lendemain matin. Purée sur une longueur de 0"'15. — Un chien qui paraissait hien portant, après douze heures est trouvé mort le lendemain, avec traces de violente entérite. — Un autre cliien, opéré de lavant-veille, est trouvé le matin avec les extrémités froides, pas de diarrhée ; à 10 lieures, il est revu déjà mort et en rigidité ; température rectale 40°J. Injection vasculaire de l'intestin jusqu'à la valvule. Purée jusqu'à Û'"30 de celle-ci. Matières encore solides dans le rectum. Virgules. — Un autre cliien opéré également de l'avant-veîlle est trouvé mort au matin : vésicule biliaire gorgée. Intestin gonflé par de la purée liquide blanche. Injection intense de tout le tube digestif jusques et y compris le rectum. Virgules. — Un chien est mort après sept jours; un autre même a guéri, comme on le voit exceptionnellement, par abcès enkysté autour du fil de ligature et rétablissement du courant biliaire à travers cet abcès.

Les cas de mort rapide ne s'expliquent pas par la seule ligature du cholédoque après laquelle les animaux survivent généralement pendant une durée de huit à quinze jours ou môme un peu plus.

Les signes d'entérite qui ont été constatés n'appartiennent pas non plus à la ligature du cholédoque.

Inoculations dans le cholédoque. — Toutes ces expériences ont été faites sur des chiens.

Exr. I. Injection dans le cholédoque d'une gouttelette de culture vieille de 26 jours. Le chien, qui s'est apparemment rétabli de l'opération, meurt le cinipiiôrae jour. Température au raoraentde la mort 32".

Pendant les deux heures cfui suivent, l'unimal présente des contractions, espacées de plusieurs minutes, du diaphragme et des muscles qui ouvrent la bouciie, sorte d'inspiration qui n'arrive pas à eilet.— Vésicule biliaire pleine do bile noire et gélatineuse. Sang, dans le cœur droit, liquide, noir. Intestin injecté fortement sur toute sa longueur. Contenu: purée blanche. Pas trace de péritonite.

Exp. II. Deux chiens inoculés simultanément sont apparemment rétablis le lendemain, ils mangent. Tandis que l'un guérit, l'autre tombe malade le surlendemain et meurt après trois fois vingt-quatre heures. Intestin plein jusqu'au rectum de purée floconneuse blanche. Plaques d'injection à diverses hauteurs ; injection de la région valvulaire iléocœcale. Vessie totalement vide. Vésicule biliaire gorgée de bile épaisse; foie de couleur foncée uniforme. Reins fortement injectés. Dans la bile, virgules à foison, isolées et en spires.

Exp. III. Inoculation à cinq chiens avec la bile du chien précédent. Sur les cinq, trois ont guéri, deux sont morts sans présenter trace de péritonite : le premier au deuxième jour, le second au dixième jour, et celui-là a présenté des symptômes propres aux cholériques morts tardivement: vessie pleine d'urine, vésicule biliaire pleine de liquide peu coloré et fort peu épais, bile dans l'intestin, injection de la région duodénale. Sang : rares caillots tibrineux; augmentation du nombre des globules blancs. Reins gros, substance corticale blanche, augmentée. L'augmentation des globules blancs et la lésion du rein doivent être particulièrement signalés.

Exp. IV. Levrette. Injection duodénale de culture dans la gélatine. 2"° jour mange, 3'"° jour trouvée morte au matin. Pas trace de péritonite. Sang foncé, liquide, poisseux, dépourvu de caillots fibrineux. Vessie pleine , urine fortement albumineuse. Rein : néphrite interstitielle ancienne. Intestin : purée blanche dans la portion supérieure, virgules dans l'intestin et dans la vésicule biliaire qui est trouvée pleine d"un liquide visqueux, peu coloré.

Exp. V et VI. Séries de quatre chiens chacune, dont plusieurs déjà inoculés par simple voie duodénale. Tous ont guéri, les uns sans accidents apparents, les autres après quelques jours de maladie : perte d'appétit, amaigrissement rapide.

CoNCLUSiOKS : r L'injection d'itne culture de virgules dans le canal cholédoque a produit, non régulièrement, mais plusieurs

EXPÉRIENCES D'INOCULATION

fois, la mort après deux, cinq et même dix Jours. On a retrouvé les virgules dans la bile, on a constaté après la mort la présence d'une entérite plus ou tnoins intense et la néphrite des cholériques : injection de la substance corticale dans les cas de mort rapide, rjros rein blanc après mort tardive. La réinoculation par le même procédé a été faite avec succès.

2° L'injection intravasculaire et l'injection sous-cutanée tuent les animaux, quand elles sont faites en très gravide quantité. La mort, dans ces cas, doit être considérée comme une septicémie fort distincte du choléra.

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