COMMISSAIRE GÉNÉRAL DE LA MARINE
Hommage respectueux
A. BORIUS.
in 2016
https://archive.org/details/b28072601
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Un séjour prolongé dans nos colonies a dirigé nos travaux vers l’étude des maladies des Européens dans les pays chauds et porté notre attention sur les règles d’hygiènes qui doivent être suivies sous les tropiques. Voulant étudier plus spécialement la question de l’acclimatement des Européens dans ces régions, nous avons été arrêté dès le début. Nous observions, au Sénégal : quel est le climat de cette contrée ?
Pour répondre à cette question fondamentale, il nous a fallu faire les recherches qui font le sujet de ce hvre.
Notre colonie du Sénégal, aussi intéressante au point de vue scientifique qu^au point de vue commercial ou militaire, a été le sujet d’études multiples, il est vrai, mais presque toujours incomplètes. Les ouvrages et traités généraux ne donnent sur cette colonie que des renseignements d’une insuffisance notoire, surtout lorsqu’il s’agit de son climat.
Le Sénégal étant une vaste contrée, limitée par la mer à rO, par le désert au N, traversée par un grand fleuve, ayant dans son intérieur de nombreux marécages, des forêts et de vastes étendues désertes, doit présenter une grande variété de climats. 11 est donc impossible de faire la climatologie générale de cette contrée, avant d’avoir fait des recherches sur la météorologie de ses principaux points.
Nous pouvons- actuellement étudier, d’une manière plus ou moins complète, un certain nombre de nos postes ou comptoirs, tels que Bakel, dans le haut Sénégal ; Dagana à l’un des points le plus nord du cours du fleuve ; Saint-Louis et Corée sur le littoral.
Ces deux dernières villes jouissent des bénéfices de leur situation maritime. Ce sont des localités à climats uniformes, ou du moins peu variables. Les autres points occupés par la France sont, pour la plupart, situés dans l’intérieur des terres et peuvent rentrer dans la catégorie des régions à climats variables.
Nous chercherons à détruire, autant que possible, la regrettable confusion faite, presque partout, entre le climat de l’intérieur du Sénégal et celui de son littoral. Si, au point de vue de l’agglomération des populations européennes, l’intérieur du pays offre un moindre intérêt, il présente, au point de vue des recherches scientifiques, un sujet de la plus haute importance.
Saint-Louis et Corée étant des centres de population civilisée, doivent nous fournir les premières bases de nos recherches, les éléments les plus précieux de notre travail. En prenant pour point de départ Corée, localité maritime dans laquelle les vicissitudes atmosphériques sont moindres, nous débuterons par les questions les moins compliquées, et nos recherches marcheront du simple au composé. Indépendamment de la logique de cette méthode, cela nous permettra d’étudier en premier lieu les centres principaux de commerce où résident les Européens.
Le travail que nous présentons peut être considéré comme le résumé de vingt années de recherches, faites par les médecins et les pharmaciens de la marine qui ont habité cette colonie. Nous y avons joint nos propres obser-
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vations et les résultats d’une expérience de cinq années passées dans diverses parties de cette contrée.
Les rapports médicaux, les journaux météorologiques de nos collègues de la marine ont été largement utilisés. Nous aurons toujours soin d’indiquer les noms des observateurs dont nous avons préféré les travaux.
Adressons ici nos remerciements àM. Ch. Sainte-Claire Deville, inspecteur général des établissements météorologiques, au savant membre >de l’Institut qui donne par ses travaux une si forte impulsion à une science dont il a démontré la haute utilité et dirigé les méthodes. Nos premiers essais ont été accueillis par ses encouragements ; ses conseils ont guidé nos observations les plus importantes. Nous remercions aussi : M. le colonel Valière^ gouverneur du Sénégal ; M. Roux, inspecteur général du service de santé de la marine; M. Rochard, directeur du service de santé ; MM. Chassaniol et Rourgarel, médecins en chef du Sénégal ; tous nous ont donné des encouragements. Nous remercions notre ami, le capitaine du génie Kienné, de l’aide que nous ont apporté la précision de son jugement et son talent de dessinateur; nous n’oublierons pas nos zélés collaborateurs au Sénégal, les Frères de Ploërmel.
Exprimons tout particulièrement notre reconnaissance à notre excellent médecin en chef, M. Rérenger-Feraud. Pendant notre dernier séjour au Sénégal, il a été pour nous, non-seulement un savant professeur de clinique médicale, un maître hardi et sûr en chirurgie, mais un ami dont l’énergie au travail nous a donné l’exemple et dont les encouragements nous ont soutenu pendant toute la durée de nos recherches.
L’un des hommes qui possède le plus d’autorité dans la science faisant le sujet principal de ce livre, M. Renou,le
savant directeur du laboratoire des recherches météorologiques, au parc de Saint-Maur, a droit à notre vive gratitude pour l’accueil bienveillant qu’il a fait à notre œuvre, les critiques dont il nous a éclairé et les notes qu’il a bien voulu nous communiquer.
En présentant ce livre, nous avons la conviction de son utilité. Nous nous sommes souvenu d’une phrase de M. Renou : « Un travail fait consciencieusement a toujours une certaine valeur, il y a toujours quelque chose de bon à en tirer. »