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II. — Variations annuelles de l’état hygrométrique

La quantité absolue de vapeur d’eau s’élève ou s’abaisse avec la température moyenne. C’est en février, au mois le plus froid, qu’elle est en plus faible quantité, sa tension est de i3““,9S ; c’est en octobre qu’elle est maxima 25“”,.38. Elle croît régulièrement de février à octobre, pour descendre ensuite avec la même vitesse que la température.

Dans le centre de l’hivernage, de juillet à la fin d’octobre, la marche ascendante de la température est cependant plus lente que l’ascension de la courbe des quantités absolues de vapeur d’eau. Si dans ces différents mois la température ne varie que très-peu, l’humidité absolue croît cependant encore avec une certaine rapidité, de sorte que l’atmosphère du mois d’octobre est plus chargée de vapeur d’eau que celle des mois précédents, tout en étant moins échauffée.

Si la quantité absolue de la vapeur d’eau va, règle générale, en augmentant et en s’abaissant suivant que la température s’élève ou s’abaisse, il n’en est pas de même de l’humidité relative.

L’humidité relative est le rapport existant entre la quantité absolue de vapeur d’eau contenue dans l’air et celle que l’air contiendrait s’il était saturé de vapeur. Dans la saison fraîche, la température s’abaisse, puis se relève avec une rapidité trop grande pour que l'air, qui a besoin d’un certain temps pour absorber la vapeur d’eau, puisse se rapprocher de son point

CLIMAT DE CORÉE

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ÉTAT TIYGROMKTRIQUE.

de saturation. Aussi est-ce à cette époque de l’année, au moment des plus grands mouvements de la température, que la sécheresse relative est la plus grande.

Dans nie de Corée où l’air i>eut se charger plus rapidement d’humidité par évaporation de la surface marine, les variations hygrométriques, tout en étant plus sensibles dans la saison sèche que dans riiivernage, sont moins considérables quedansl’intérieurdes terres, oùlessurfaces d’évaporation sont beaucoup plus restreintes en étendue. Au mois de décembre, par exemple, la différence entre la tension de la vapeur d eau et celle de la tension qu’elle aurait si l’air était saturé, s’élève à près de 7 millimètres, et le rapport de ces deux quantités à 77 centièmes. Aussi n’est-ce pas au moment le plus froid de l’année, en février, mais en décembre, que l’humidité relative commence à augmenter. Au contraire, de février à mars, pendant que l’humidité absolue augmente comme la température, l’humidité relative diminue.

De mars à avril et les mois suivants, jusqu’en septembre, l’humidité relative augmente, comme la chaleuret l’humidité absolue, mais avec une vitesse beaucoup moindre ; en sorte que les courbes d’ascension de l’humidité absolue et de l’humidité relative sont loin d’être parallèles.

De septembre à octobre, tandis que la chaleur reste à peu près stationnaire, que la quantité absolue de vapeur d’eau va en augmentant et que, par conséquent, la quantité relative devrait augmenter ou rester à peu près stationnaire, nous trouvons qu’elle diminue légèrement ; cela provient sans doute de ce que nous comparons à une année moyenne conclue de dix ans pour la température, une année moyenne conclue de quatre ans pour l’état hygrométrique. En effet, dans ces quatre années, la température moyenne d’octobre a élé supérieure à celle de septembre, de sorte qu’il n’y a là qu’une erreur apparente. La chaleur a continué] en réalité de croître, pendant que l’humidité relative s’abaissait d’un centième seulement.

D’octobre à décembre, l’humidité relative diminue rapide-

ment, comme la température et comme l’humidité absolue pour arriver à sa plus basse moyenne.

Il résulte de cette marche de la courbe représentant l’iiumidité relative, qu’il y a dans l’année deux minima et deux maxima de l’humidité relative.

Les deux minima sont très-rapprochés, ils ont lieu dans la saison sèche, l’un, celui qui est le plus bas de l’année, se présente en décembre, l’autre en mars. Les deux maxima ont lieu, l’un le plus faible, dans la saison sèche en janvier ou février, l’autre qui est le plus fort, au mois de septembre ; c’est le moment de l’année où l’humidité relative l’emporte sur celle de tous les autres mois.

En traçant les courbes de l’état hygrométrique de chacune des quatre années particulières, on voit le moment du second minimum de la saison sèche qui a lieu vers le milieu de celte saison, se déplacer en avance ou eu retard. On peut, croyonsnous, l’attribuer aux séries du vent d’E, qui régnent ordinairement soit en mars, soit en avril, suivant les années. — Mais des séries plus longues d’observations seraient nécessaires pour affirmer ces deux minima et ces deux maxima annuels.

ni, Variations quotidiennes de l’état hygrométrique.

La quantité absolue de vapeur d’eau contenue dans l’air est à son minimum dans la nuit; l’observation de 6 heures du malin est du moins celle qui présente, dans les moyennes horaires de l’année, la plus faible tension de la vapeur. Cette tension va croissant assez rapidement jusqu’à 1 heure du soir, puis lentement entre l heure et 4 heures du soir, pour descendre ensuite rapidement de 4 heures à 10 heures. A celte dernière heure, sans être aussi faible que celle que l’on observe le matin, elle en diffère assez peu; de sorte que l’on peut dire que, de même que la température, la tension de la

ÉTAT HVGUOMÉTRIQÜE.

Tapeur n’a d’oscillations fortes que dans le jour et descend très-peu de 10 heures du soir à 6 heures du malin.

Un fait important doit être signalé :

De 1 heure à 4 heures du soir, nous ne possédons à l’aide de l’observation des'maxima qu’une approximation vague du moment où, d’ascendante, la température devient descendante. Or, de 1 heure à 4 heures, la tension de la vapeur d’eau conserve sa marche ascendante, iquel que soit le mois de l’année où se fasse l’observation. Au mois d’octobre, où la température de 4 heures du soir et celle de 1 heure diffèrent très-peu, ce fait ne présente rien de remarquable ; mais en janvier et février, alors que la température de 4 heures est toujours plus basse que celle de 1 heure, la tension de la vapeur est comme dans tous les mois de l’année, à 4 heures du soir, supérieure à celle de 1 heure. Ainsi, le moment du maximum de la tension de la vapeur doit être postérieur à celui du maximum thermal. Et ce fait existe dans toutes les saisons et dans tous les mois de l’année.

Il est facile d’expliquer comment l’accroissement de la température est en moyenne suivi d’un accroissement de la quantité de vapeur suspendue dans l’air, puisque l’évaporation doit augmenter à mesure que le soleil s’élève sur l’horizon. Si cet accroissement a encore lieu à 4 heures du soir, cela provient sans doute, dans l’hivernage, du retard qu’a le maximum thermal jusque dans le voisinage de 4 heures du soir. Mais, dans la saison sèche, il est plus difficile de trouver une explication des faits reconnus par l'observation.

Celte marche des variations de la quantité de la vapeur d'eau est conclue de l’examen des moyennes mensuelles. Mais si nous suivions, jour par jour, la marche de la température moyenne et celle de l’état hygrométrique, nous trouverions des irrégularités considérables, provenant surtout de la présence de tel ou tel vent. Ainsi, par exemple, la plus grande siccité de l’air se trouve correspondre d'une manière habituelle au maximum thermal, toutes les fois que ce maximum est produit par le vent du désert ou vent d’E.

CLIMAT RE GOnÉE.

L’influence des vents sur l’état hygrométrique présente un très-grand intérêt; nous traiterons cette question au moment où nous étudierons le climat de Saint-Louis, à l’aide d’observations qui nous sont propres.

L’humidité relative varie, dans la journée, d’une manière bien différente de celle dont varie la quantité absolue de vapeur d’eau contenue dans l’air. En effet, l’air oppose un obstacle à la formation de la vapeur d’eau et à mesure que sa température s’élève, sa capacité pour l’eau croît plus rapidement que n’augmente l’évaporation toujours plus ou moins limitée. Il en résulte que relativement à son état de saturation, l’air contient de moins en moins d’eau à mesure que sa température s’élève. La courbe des moyennes horaires de l’humidité relative marche en sens opposé de celle de la température.

La comparaison des courbes de l’humidité relative avec celle de la température, qu’il s’agisse de la saison sèche, de l’hivernage, des moyennes annuelles ou seulement des moyennes mensuelles, montre que la marche de l’humidité suit des lois qui ne diffèrent pas sensiblement des lois générales résultant des observations analogues faites dans les autres pays.

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