g°oo
O ; P — i og. 3o.
Jusqu’ici nous ne voyons aucune relation entre les deux
formes. Il semble que le dimorphisme existe sans qu'il y ait forme limite. En effet , dans mon opinion, pour qu’une substance puisse cristalliser en prisme carré droit et en prisme rliomboïdal droit, il faut que le prisme rhomboïdai soit très-voisin du prisme carré. Il faudrait donc que l’angle des pans du prisme de l’iodure jaune fût proche de 90 degrés, ou, ce qui revient au même, que la forme des cristaux jaunes pût se déduire par une loi simple d’un prisme rhomboïdai, dont l’angle serait voisin de 90 degrés. Je vais pour un instant laisser tout à fait de côté cette forme de l’iodure jaune que nous ne connaissons que très-imparfaitement, et, au lieu de comparer l’iodure rouge à l’iodure jaune, je vais comparer l’iodure rouge au bichlorure de mercure. Il me restera une chose à faire : ce sera de montrer que le bi-iodure jaune de mercure est isomorphe avec le bichlorure du même métal. Voici, d’après M. Mitscherlich, les formes du bichlorure de mercure. Ce chlorure a également deux formes, mais compatibles entre elles : l’une quand il est obtenu par dissolution, l’autre quand il est obtenu par sublimation. La forme primitive des cristaux obtenus par dissolution de ce corps dans l’alcool est un prisme droit à base rhombe M, P avec les faces secondaires O et A , fig. 5 :
CO
0' : ow
Les cristaux obtenus par sublimation dérivent dure prisme rhomboïdai droit dont l’angle des pans est de 86° 8', La projection, fig. 6, donne de suite une idée nette de la forme ;
\rn'
: im*
La forme des cristaux sublimés peut très-bien se déduire de la forme des cristaux obtenus par dissolution , bien que ces deux formes paraissent tout à fait distinctes, et que certaines faces saillantes dans l’une n’existent même pas dans l’autre. En effet, les faces A et P des cristaux obtenus par dissolution à la température ordinaire sont les faces M et h du sublimé , et les arêtes d’intersection des faces o" et ow, o' et olv correspondent aux faces 2 a. Cependant, la formation constante de faces secondaires proéminentes sur 1 une des formes, et qui ne se rencontrent pas du tout dans l’autre , engage M. Mîtscherlich à considérer comme dimorphe le bicblorure de mercure.
Comparons à présent les formes bien connues du bicblorure de mercure sublimé et du bi-iodure rouge. La forme primitive de Liodure rouge est le prisme droit à base carrée. La forme primitive du biclilorure de mercure sublimé est un prisme rhomboïdal droit qui a pour angle des pans 86° 1 2'. Le rapport des dimensions du rectangle qui correspond au rbombe de la base est presque égal à l’unité. Ce rectangle est donné, en effet, par les faces h' et gf prolongées, Jig. 6, et d’après les mesures citées on a K l M!'= i33° /\ ; si l’on avait hr l IVL— i35 degrés, le rectangle serait un carré. Voilà donc un premier point établi : la forme primitive du chlorure de mercure sublimé est une forme limite voisine du prisme droit à base carrée qui est précisément la forme primitive de l iodure rouge. Cher-
chons maintenant si, en partant des dimensions du prisme rhomboïdal ou rectangle du chlorure , l'octaèdre aigu o, fi g. 4 7 à base carrée, ne dérive pas par une loi simple de ce prisme rectangle représenté jîg. 6 par les faces h! , g' prolongées.
Soient, fi g. 7, OO', OE , OI les trois axes ou dimensions moléculaires du cristal qui aboutissent au sommet O dans la fîg. 6. Si I on prend sur OE à partir du point O une Iongueur O a proportionnelle à OE , et sur OOr une longueur O b proportionnelle à quatre fois OO, on trouvera que la facette parallèle à OI menée par les points a et b fera avec la base du prisme rectangle ,fig> 6 , un angle compris entre 109 et 1 10 degrés. Or on a vu que F angle de la face O de l’octaèdre aigu, fîg. 4? avec la base est égal à io9°3oF Ceci nous prouve qu’en adoptant les dimensions moléculaires du biehlorure sublimé pour les dimensions du prisme carré de Fiodure rouge, les faces O de celui-ci auraient
pour signe h .
Il résulte de ce qui précède, que si le bi-iodure jaune de mercure était isomorphe avec le biehlorure de mercure, les deux formes propres à Fiodure de mercure jouiraient des propriétés que nous ont offertes les deux formes des substances dimorphes. Malheureusement cet isomorphisme ne peut être établi avec une entière certitude , parce que Fon ne connaît qu’imparfaitement la forme cristalline de Fiodure jaune. Si nous nous reportons à la jîg. 6, nous verrons que les faces m! et h! font un angle de 1 1 5° 3'. Supposons que les faces h! et \ m' se développent de manière à faire disparaître deux faces \ m ' opposées. On aura alors un rhombe,jftg. 8, qui aura les mêmes angles que la base rhombe de Fiodure jaune. C’est là, je pense, ce qui a lieu dans les petites lames rhomboïdales d’iodure jaune, lorsqu’elles se subliment*, deux des faces disparaissent par le développement des autres. Il faut remarquer que, d'après
les observations de M. Warrington , il y a dans les cristaux d’iodure jaune un clivage facile parallèle aux faces que je regarde comme supprimées ou au moins rendues microscopiques. Or on sait que toujours les plans de clivage sont parallèles à des faces qui peuvent exister dans le cristal. Je pense, en définitive, que le bi-iodure de mercure jaune est isomorphe avec le bichiorure de mercure. D’ailleurs on peut invoquer, à l’appui de cette opinion , l’isomorphisme généralement constaté entre les combinaisons de memeordre où le chlore remplace l’iode.
Mésotypes et micas.
Je suis très-porté à croire que l’on réunira un jour définitivement les diverses variétés de mésotypes. La mésotype proprement dite cristallise en prisme rhomboïda! droit dont l’angle est de 910 20'. C’est une forme limite qui peut passer au prisme droit à base carrée ou au prisme oblique à base r bombe très-peu oblique. On rencontre, en effet, des variétés qui ont pour forme primitive ces divers prismes. Il est vrai qu’on a trouvé la composition variable ; mais il y a très-longtemps qu’on a émis l’opinion, encore soutenable aujourd’hui, que la chaux unie à l’eau atome à atome pourrait bien être isomorphe avec la soude. De cette manière, la composition devient la même, et on n’a plus qu’une espèce qui serait dimorphe et même trimorphe. Je ne parle pas de l’identité des dimensions des divers prismes. Les facettes des sommets sont inclinées de la même manière à très-peu près dans les diverses variétés.
Les micas à deux axes ont pour forme primitive un prisme rhomboïdal droit très-voisin de 120 degrés. C’est une forme limite qui peut passer au prisme hexagonal régulier, comme nous en avons eu déjà plusieurs exemples. Alors le cristal est à un axe. Il est probable que beaucoup de micas à un et deux axes sont des variétés d’une même espèce dimorphe.
Suljotr [carbonate de plomb
Cette espèce minérale, étudiée par MM. Brooke et Haïdingcr, est dimorphe. Certains échantillons cristallisent dans le système hexagonal régulier et sont à un axe (Brooke) ; d’autres sont des prismes obliques à base rhombe, mais dont l’angle des pans est de 120° 20' et l’angle de la base sur les pans 90°4o/. Cette dernière forme peut passer par une modification sur les arêtes verticales identiques à un prisme hexagonal presque régulier (1).
Sulfate de nickel. — Séléniate de zinc .
Ces deux sulfates sont isodimorphes, et par l’une de leurs formes ils sont isomorphes avec les sulfates de zinc et de magnésie. Il ne s’agit ici que des sulfates à 7 HO. La forme ordinaire des cristaux de sulfate de nickel, de sulfate de zinc, etc., est un prisme rliomboïdal droit dont l’angle varie, pour ces diverses substances, de 90° io^ à 9i°3o'. C’est donc une forme limite, et elle peut passer par une faible variation dans les angles des pans au prisme droit à base carrée. C’est, en effet, l’autre forme des cristaux de sulfate de nickel et de séléniate de zinc. M. Mitscherlich , qui a fait de si curieuses et si importantes observations sur les substances dimorphes, a fait voir que les cristaux rhombiques exposés au soleil se transformaient, après quelque temps, en cristaux quadratiques, même assez volumineux pour pouvoir en mesurer les angles.
(1) Les cristaux de sulfotricarbonate de plomb sont des tables minces hexagonales, biselées sur les bords. Tout annonce au premier aspect qu’ils appartiennent au prisme hexagonal régulier. En général , cependant , leur système est celui du prisme rhoinboïdal oblique , comme l’attestent les phénomènes optiques. Aussi M. Brooke a-t-il pu être induit en erreur, s’il ne s’est pas assuré directement que ses cristaux étaient réellement à un axe optique. L’Ecole des Mines possède plusieurs échantillons de cette espèce minérale. M. Dufrénoy voulut bien me permettre de les étudier: ils sont tous à deux axes,
Le sulfate de nickel est trimorplie. 11 cristallise à la température de 52 degrés et au-dessus en prismes obliques à base rbombe. Il offre alors la même forme que les sulfates de zinc et de magnésie lorsqu’ils cristallisent également audessus de 52 degrés. M. Haïdinger, qui le premier a observé ce fait, et M. Mitscherlich , qui l’a étudié de nouveau, ne donnent malheureusement pas les angles de cette troisième forme. J’ai essayé de l’obtenir, mais je n’ai pu me procurer que des cristaux trop petits pour en pouvoir mesurer les angles. Si cette troisième forme ne répond pas à un arrangement moléculaire très-différent de ceux qui correspondent aux deux premières formes, en d’autres termes, s’il y a simplement trimorphisme et non isomérie, je suis persuadé que l’inclinaison de ia base sur les pans du prisme oblique ne différera que de 3 ou 4 degrés au plus de 90 degrés. Garce prisme oblique devra être une forme limite., L’étude de la perte d’eau par exemple, à telle ou telle température, pourra servir à décider s’il y a isomérie, c’est-à-dire changement profond dans rarrangement moléculaire.
Le rapport de la base à la hauteur dans les sulfates précédents, cristallisés en prismes rhomboïdaux droits, est très-sensiblement égal à |.
Or, si l’on calcule l’angle que ferait avec la base du
prisme une facette dont le signe serait b\ 011 trouve 1 1 2°38\ L’angle de la base avec la face de l’octaèdre aigu du sulfate de nickel cristallisé dans le système du prisme droit à base carrée, est égal à 1 io° 4o'. La différence de ces deux angles est de i° 58'. Nous voyons encore ici que les dimensions moléculaires peuvent être regardées comme sensiblement égales, ou du moins sont dans un rapport simple, pour le prisme rhomboïdal et pour le prisme carré droit.
Grenat .
1 doc rase.
Tous les minéralogistes allemands et anglais s’accordent pour dire que la composition chimique du grenat et de Fidocrase est la même, et que c’est là un autre exemple de dimorphisme. Chacun sait que le grenat appartient au système cubique, et Fidocrase au système du prisme droit à base carrée. Il y a donc ici dimorphisme avec forme limite 5 mais il faut, en outre, si les conclusions de ce travail sont justes, que le rapport des dimensions puisse être regardé comme le même dans les deux formes primitives. Lune de ces formes étant le cube, il est nécessaire que dans Fidocrase le rapport de la base à la hauteur soit trèssensiblement égal à 1. Or le rapport admis par les minéralogistes est celui de 25 à i3, ou celui de 12, 5 à i3, en
donnant le signe ô1 à la face b2 . En d’autres termes, il faut
que l’angle de Foctaèdre b 2 soit voisin de Fangle de Focîaèdre régulier. La différence n’est que de i° 47 -
Chlorure de naphtaline . — Chlorure de naphtaline
monochlorée.
Ces substances ont été étudiées avec soin par M. Laurent, qui en a fait connaître aussi les formes cristallines. Je commencerai par décrire ces formes en citant les termes mêmes de son Mémoire.
« Chlorure de naphtaline . — - Les cristaux formés dans Féther à 100 degrés sont des prismes courts, obliques, à base rhombe , qui se présentent tantôt avec une modification, tantôt avec une autre. Je les ai toutes réunies dans la fi g. 9. La forme dominante est le prisme rhomboidal ÇBB/. On rencontre toujours les modifications oo\ ddf et rarement U \ s s PP', AT.