AC
= Tog°45'
» Quelquefois on rencontre diverses facettes que je réunis ans une seule fi g. 1 1 ;
MA = io2° 5'’
rz: 2 à 3°
CA
= ti 5. 55
IA
OA
yA
oB j oB' j
dd 1
» Le chlorure de naphtaline monochlorée, cristallisé dans l’alcool, possède une forme tout à fait différente de la précédente , et qui appartient au système prismatique oblique à base rhombe :
BB' — iio° environ.
Bd B 'd'
= i 18 à i iq0.
Je remarquerai que ces dernières mesures ne sont point assez précises pour que l’on puisse placer cette dernière forme dans le système du prisme oblique à base rhombe , plutôt que dans celui du prisme oblique à base de parallélogramme obliquangle, si toutefois ces deux prismes étaient très-voisins comme nous en avons eu un exemple dans le chlorure de naphtaline.
M. Laurent place la première forme du chlorure de naphtaline chlorée dans le prisme droit à base rhombe. Mais, en réalité, cette forme peut tout aussi bien appartenir à un prisme oblique à base rhombe dont la face C, placée en avant, fig. 10, serait la base} et même, en adoptant
cette manière de voir, le chlorure de naphtaline monoelilorée se trouve isomorphe avec le chlorure de naphtaline qui cristallise en prisme oblique à base rhombe. En effet, la face G de derrière, fig. io, fait avec la face C placée en avant un angle égal à 128° io'. C’est précisément, comme je l’ai observé plus haut, l’angle que la face o2 ferait avec la base C dans le chlorure de naphtaline, fig. 9. Ceci montre bien que l’un des systèmes du chlorure de naphtaline est le prisme oblique à base rhombe*, car, s’il est isomorphe avec le chlorure de naphtaline monochlorée, fig. 10, il est du même système que ce dernier, et la symétrie des faces, fig. 10 et n, ne permet pas de placer ces formes dans le système du prisme à base de parallélogramme obliquangle.
Quant à la forme, fig. 12, il est bien probable maintenant qu elle est isomorphe avec celle du chlorure de naphtaline qui cristallise en prisme oblique à base de parallélogramme obliquangle.
En résumé, les deux chlorures précédents sont isodimorphes , ce qui nous explique l’observation curieuse de M. Laurent , à savoir, que ces chlorures^peuvent cristalliser ensemble en toutes proportions sans que la forme cristalline change d’une manière sensible. Je reviendrai sur ce fait dans la Note que je publie à la suite de ce travail.
Pyrite . — Acide arsénieux . — Acide titanique.
Parmi les substances dimorphes j’ai cité la pyrite de fer, les acides arsénieux et antimonieux, l’acide titanique. Ni l’une ni l’autre de ces substances ne se prête aux considérations que je développe. Mais il est à remarquer que très -probablement ces substances nous offrent des exemples d’isomérie et non de dimorphisme. Je reviendrai dans un travail spécial déjà commencé, sur l’isomérieMes acides arsénieux et antimonieux. La pyrite nous offre à coup sur un exemple frappant d’isomérie. Chacun sait, en
être prévu à l'avance, et qu il devra être recherché en général là où il y a forme limite. Beaucoup de substances minérales ont des formes limites sans avoir été encore trouvées dimorphes. Il en de même de plusieurs substances des laboratoires*, on peut prédire que c’est parmi elles que l’on rencontrera de nouveaux exemples de dimorphisme, et on peut en outre prédire d’une manière approchée quelle sera l’autre forme, encore inconnue , que ces substances pourront présenter. Je citerai comme substances artificielles dont la cristallisation peut être variée , et où celte recherche sera plus facile, l’hyposulfate de baryte, et surtout le prussiate de potasse. Cette dernière substance, par ses angles et l’allure générale de sa forme ordinaire, est très-voisine du prisme carré droit. Cette substance peut être dimorphe , et elle cristallisera dans ce dernier système, si en effet elle est trouvée dimorphe. Quant aux substances minérales, un grand nombre sont des formes limites.
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sur un travail de M. Laurent intitulé : Sur l’isomorphisme et sur les
types cristallins ;
Par M. L. PASTEUR,
Agrégé préparateur à l’Ecole Normale,
M. Laurent, dans un travail publié en 1 84 5 aux Comptes rendus de V Académie des Sciences, a émis L opinion que des substances pouvaient être isomorphes, quoique appartenant à des systèmes différents. Il suffisait que l’une des formes fût limite par rapport à fautre. Il citait pour exemple les chlorures de naphtaline et de naphtaline monochlorée qui pouvaient s’unir en toutes proportions sans que la forme cristalline cessât d’être voisine de celle de l’un ou de l’autre des deux corps composants. À priori, on pourrait affirmer qu’une telle proposition est impossible si elle devait impli"
quer cette autre, que des molécules appartenant à deux systèmes différents, quoique très-voisines , peuvent s’associer, se juxtaposer les unes aux autres. Des molécules qui auraient la forme d’un prisme rectangulaire oblique ne pourraient pas, quelque faible que soit l’obliquité, ne futelle que d’une fraction de minute, se juxtaposer à des molécules en prisme rectangulaire droit ; car une condition essentielle de la cristallisation, c’est que l’espace soit rempli, c’est qu’il n’y ait pas entre les molécules un vide de dimensions finies. Mais, en admettant l’opinion que j’ai développée précédemment , à savoir, que là où il y a forme limite, le dimorphisme est possible, non-seulement le fait énoncé par M. Laurent est réalisable , mais il est nécessaire. Le chlorure de naphtaline et le chlorure de naphtaline monochlorée, par cela même qu’ils ont des formes limites, sont tous deux dimorphes, ils sont de plus isodimorphes. Lorsqu’on les mêle et qu’on les fait cristalliser ensemble, des molécules de même forme et exactement de même angle sont ou peuvent être en présence : le type chimique est d’ailleurs le même. Nous sommes dans le cas ordinaire de l’isomorphisme, et voilà pourquoi j’ai dit que la proposition de M. Laurent était nécessaire.
J’aurai l’occasion ultérieurement de citer d’autres exemples d’isomorphisme dans des substances dont le système est différent, et j’apporterai des faits de divers ordres à l’appui des considérations que j’ai développées dans ce Mémoire. Les détails de ces faits trouveront mieux leur place dans un travail qui sera publié prochainement.
IMPRIMERIE DE BACHELIER, rue du Jardinet , 12.
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