‹ Recherches sur le Discours aux Grecs de TatienChapitre 82 sur 90 · XVII. — Le discours de Talien · texte numérisé non relu

XVII. — Le discours de Talien

Liens y^i acquiert la possession dune richesse plus précieuse ^ Que cela

I . ToOtiov ojv TTjV xaTaXr.tj/iv r£::o'.r,tjL£vo: (uLctjLvr,u.£voç y.7.\-î~0'.r,aé'joç, leMarcianus^ 3ojXo;jLai y.xbir.îp -'x vrj:::a tûv ^oîçiov (à~p£-(ï)v, Kukula ; lacune selon Schwartz, qui supplée y £V3aOa'.)cal-:ôv /oïzôv àvOpaj~(ov) otrroôjcrajOa'.. Tr,v yàp Tf,c~ovrjp''a;TJ3Taoiv èoixOiav -T^ Twv ^zx/j-r'-ui'^ i-csaiTcuv (toj jîpayjtâTOj a-cpaaTOç, Kukula) VjulïV Ôcte ô'.à uL'.xsac àrOO'jLr; tojtoj xsaTUvOî'vTO:, raX-.v o'a-j AuOr,70'j.£vO'j, f/jLÔjv TZsiOoaî'viov Xôyto OîOJ xal txT) axopTT'.^dvriov lajTOj:. A'.a t'.voç vàp à-oxpûçoj ôrjjajpoî» Tôiv 7){x£-

Tî'ptOV £~£XpaTr,7£V. OV OpÛTTOVTîÇ XOV.OpTO'J 7;[Jî!^; [J.£V cV£r:Xr|aOr,fi.£V, TO'JTlO Ô£ TOU

TjvîTTavar tt;v àçopu.f,v ::ap£/o;jLSv. (nap£7yo;jL£v, Maran, Sclnvartz). Tô yàp autou (aùto'j, Kukula) -îv (~aç 6, Schwartz) à~oÔ£/d|jL£vo; XTfjua toj r:oXuTiu.OTc'po'j rXojTOu tfjV £;oj-{av £/£'.cw:7aT0. Harnack a dit non sans raison que ce texte était le plus difficile de tout le discours de Tatien. Kukula, p. 32-36, n"a guère réussi, je crois, à le débrouiller; il a raison sur plusieurs points cependant : i» contre Harnack : il est impossible de traduire xaOan£p... âroojsasOa'. : dépouiller (mes vieilles croyances) comme les sottises de lenfance; Ta vrj-ia Ttov jîpc^ojv ne peut signifier rien autre chose que Ta vr|n'.a ^pc'or,, les jeunes enfants, et à^oôjcjaaOa', pris intransitivement, veut dire ici régulièrement: se dévêtir, se mettre nu. L'expression est concise, mais intelligible. 2"^ Contre Schwartz : il ne semble pas nécessaire de supposer une lacune pour justifier ToJTOj xpaT'jvOivTOç ; le neutre tojtoj peut représenter tt,; Tzovr^pîaç. Les difficultés commencent avec la phrase sur le trésor caché. Maran l'interprétait en la rapportant au mal, au démon, comme ce qui précède; et si Tatien était un écrivain plus régulier, on aurait en effet peine à croire que les mots toûtw 6s tou Tjv£7Tâva'., etc.. s'appliquent à un autre objet que les mots tt^v aj'JTaj'.v et tojtou xpaTjvOîvTo: plus haut. Mais d'autre part, le trésor caché ne semble pouvoir venir que de l'Evangile (Mathieu, i3, 44), et dès lors on ne saurait voir le sujet de £-cxp3cTr,a£v dans ô ~ovr,po'ç, le méchant, le diable (à tirer de tt;; T:ov7)pia; et de tojto'j xpaTuvôc'vTo;, supra), comme le faisait Maran; le sujet ne peut plus être que 6 Xoyo;0£O"j. Ce qui conduit encore à cette explication, c'est que tojv f,|j.£T£pcijv, f,;j.£Tç, dans cette phrase, ne peuvent pas, semble-t-il, désigner : les hommes en général, mais seulement signifier : les chrétiens (cf. 7;'jl(I)v -£iOo;jl£voj'/, supra), ou nos biens, à nous chrétiens. En cherchant le trésor caché delÉvangile, nous donnons au trésor caché (le royaume de Dieu; — ou plutôt au y,6yo:, a l'esprit saint) le moyen de prendre consistance (ajv£7T2va*.) dans notre âme (par opposition au mal, qui avait pu prendre consistance (Tj-TTajiç) par l'effet du péché). La poussière dont nous nous couvrons doit être, comme l'entend Harnack, le mépris dont le monde poursuit les fidèles. La conjecture de Maran ~7.ziT/0'j.v/ était nécessaire si l'on entendait tout le morceau du mal; ~as£/oa£/, leçon des manuscrits, peut-être conservé, malgré £V£-Ar^aOr,!jL£v, si on pense qu'à partir du trésor caché il est question de tout autre chose. Ceci admis, je commence, pour interpréter la dernière phrase, par la partie qui en est la plus claire: toj -o/.jT'.aoTspoj -aojtoj T7;v içouaiav â/c'.ptôaaTO ; si le passage est bien inspiré de Mathieu, i3, 44> on ne verra guère qu'une idée qui puisse en donner la conclusion : le fidèle s'est dépouillé de ses biens (ce qu indiquaient déjà, je crois, les mots TôJv f,;x£T£pajv £-îxpâTT,7£v (6 Àdyoç), mais il a acquis la possession d un bien plus précieux, ce qui est exactement le sens de la proposition principale : toj -oX'jTiuOTî'poj, etc. En partant de là, on sera obligé d'admettre que le sujet de i/v.poi-jz-o ne peut être que : celui qui cherche le trésor caché; et on donnera raison à Schwartz qui a conjecturé qu'il fallait lire l'article 6 devant le participe. Mais ce participe, à-oo£/o'a£/o:. ne répond eu rien au sens que nous réclamons;

TRADUCTION FRANÇAISE ET NOTES (xX\-XXXl) l/jy

donc soit dit pour ceux qui connaissent nos doctrines. Pour vous, Grecs, que peut-on vous dire d'autre, sinon vous conseiller, et de ne pas insulter ceux qui valent mieux que vous, et, si on les appelle Barbares, de ne pas voir là un motif de les railler? Vous pourrez, en ell'et, si vous le voulez, trouver le motif pour lequel tous les hommes ne peuvent entendre la langue les uns des autres^ ; car il me sera facile et aisé de l'expliquer à ceux qui voudraient se rendre compte de nos croyances.

XXXI. — Maintenant il convient, je crois, de montrer que notre philosophie est plus ancienne que la civilisation des Grecs ^; nous prendrons pour points de repère Moïse et Homère. Puisque chacun deux est le plus ancien de son côté, l'un étant le premier des poètes et historiens, l'autre l'initiateur de toute la sag-esse barbare, choisissons-les maintenant pour termes de comparaison. Nous verrons que nos traditions remontent plus haut, non pas seulement que la science grecque, mais même que l'invention de l'écriture. Je ne ferai point appel au témoignage des nôtres; je préfère me servir de l'aide des Grecs. La première méthode en effet serait absurde^, puisque vous n'accepteriez même pas notre témoignage ; la seconde, si je mène à bonne fin ma démonstration, sera admirable, puisque vous combattant avec vos propres armes je vais vous emprunter des arguments dont vous ne pourrez vous défier. Sur la poésie d'Homère, sa famille et le temps où il a fleuri, les premières recherches sont dues à Théagène de Rhégion, contemporain de Cambyse; à Stésimbrote de Thasos; Antimaque de Golophon ; Heraclite d'Halicarnasse ; Denys d'Olynthe ; après ceux-là, à Ephore de Cymé ; Philochore d'Athènes ; Mégaclide et Chaméléon, les péripatéticiens ; ensuite sont venus les grammairiens Zénodote, Aristophane, Callistrate*, Cratès, Eratosthène, Aristarque, Apollodore. Parmi eux, les disciples de Cratès disent qu'il a fleuri avant le retour des Héraclides, 80 ans après la guerre de Troie au plus tard; les disciples d'Eratosthène, 100 ans après la prise de Troie ; ceux d'Aristarque, à l'époque de la colonisation ionienne, qui

est-il altéré? On attendrait quelque chose comme à-oSoij.£voç, ayant vendu (Mathieu : rtoXcT rravTa orscn J'/ct). Talien avait-il écrit à-o6aXû|jL£vo; ? ou â-oX'.no[j.cVo; ? Je sens trop combien tout ceci souffre encore de difficultés, et que le point d'interrogation dont j'ai fait suivre ma traduction n'est que trop justifié.

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