A. NATURE ET ÉQUILIBRE DES SELS INGÉRÉS
Diverses expérimentations ont permis de préciser le rôle dans lPétiologie du rachitisme du calcium, du phosphore et du rapport : Ca/P du régime. L'importance du calcium et du phosphore avait été pressentie déjà par CHossaT [15] et Ko- RENCHEWSKY [43] ; mais ce sont les travaux de MAC COLLUM qui éclaircirent la question.
L'organisme a besoin quotidiennement :
lion de 0,025 g. par kilog chez le nourrisson Le s Ü
0,008 g. par kilog chez l’adulte ; 0,050 g. par kilog chez le nourrisson
en phosphore, de | 0,013 g. par kilog chez l’adulte (Hess [385])
Donc la quantité de phosphore et la quantité de calcium indispensables ne sont pas négligeables ; mais ce qui importe plus encore c’est le rapport qu’elles présentent, soit : Ca/P. Pour que le développement du squelette soit optimum chez l'animal jeune et pour que le maintien de son intégrité soit assuré chez l’animal adulte, il faut réaliser un rapport : Ca/P voisin de 1,5. Des troubles de l’ossification apparaissent pour des régimes déséquilibrés quand : Ca/P<1 ; ou Ca/P> à 3 ; c’est ainsi que l’on provoque les lésions rachitiques. C’est sur ces données qu'est basé l’établissement du régime avec lequel PAPPENHEIMER [103] obtint le rachitisme expérimental du Rat.
Plus tard, d’autres régimes rachitigènes mieux équilibrés pour couvrir les besoins autres que ceux en calcium et en phosphore, ont été substitués à celui de PAPPENHEIMER. On emploie en général en France celui de RANDoIN et LEcoQ [74]. Nous verrons par la suite la composition de ces différents régimes. On renforce notablement l’action rachitigène du régime RANDOIN et LECOQ en désiquilibrant ses sels par addition d’un excès de calcium et de phosphore. C’est ainsi que J. ROCHE et Y. MARCELET [92] ont préparé des régimes dont Ca/P — 10. Une telle alimentation provoque chez le jeune Rat un arrêt de croissance qu'il reçoive ou non de la vitamine D ; l'adulte subit alors un amaigrissement. Chez les animaux jeunes, les os cessent de croître mais ils se surminéralisent surtout en présence de vitamine D ; chez l’adulte on observe une tendance à la déminéralisation, qui peut être diminuée par l’adjonction de vitamine D. J. ROCHE et Y. MARCELET [92] ont également poursuivi des expériences sur les Rats en employant des régimes dont Ca/P — 0,7. Sans vitamine D celte alimentation est mal supportée ; les animaux adultes maigrissent et ceux en croissance perdent également du poids. Si on adjoint la vitamine D à ce régime on obtient une croissance peu rapide. L'action dystrophique des régimes rachitigènes est très rapide puisqu'elle se manifeste déjà histologiquement en deux à trois jours chez les Rats en période de croissance intense (25-30 g.). |
Il est à envisager également un autre facteur d'équilibre, le rapport : acide/base. BROOKE [11], SMITH et SMITH [11}, Ma- REK, WELLMANN et URBANYI [48] ont montré le lien qui existe entre ce rapport : acide/base, et Ca/P. Ainsi dans un régime où Ca/P>1 on trouve un excès d’ions alcalins Ca‘* ; ce métal peut être indifféremment remplacé par Sr” ou Mg‘ qui sont des alcalino-terreux (SCHABAD, À. ROCHE [80]). Dans un régime où Ca/P est <1, on a un excès de radicaux acides pouvant être dû soit aux glycérophosphates de sodium ou au phosphate monosodique, dont les valences acides libres provoquent un état d’acidose et il s’en suit une déminéralisation. Ce dont on est certain, c’est que les pH alcalins facilitent la calcificaton.
Certains auteurs ont étudié l’action des lipides sur le métabolisme du calcium dans l’organisme. Contrairement à ce que l’on croyait autrefois, l'expérience de KELLER prouve qu’un excès de lipides est nuisible à l’organisme. Des animaux re-
CRC à TR
çoivent un régime déterminé au point de vue phosphore et ‘alcium. Ces deux facteurs sont dosés dans les urines et dans les fèces. Puis on ajoute au régime un excès de lipides. L’analyse montre alors l'augmentation du phosphore urinaire, la diminution du phosphore et l’augmentation du calcium dans les fèces ; ce dernier est ainsi éliminé par le tube digestif à l’état de savon parce que les acides gras se combinent au calcium et donnent notamment de l’oléate de calcium. Le phosphore qui devait se combiner au calcium est alors éliminé par les urines.
En plus de ces facteurs alimentaires dont nous venons d’exposer l’action sur le système osseux, il convient d’envisager l'influence de la vitamine D et le rôle de sa carence dans l’étiologie du rachitisme.
B. — VITAMINE D.
En suivant l’évolution des recherches sur le rachitisme nous avons vu que MELLANBY [66] en 1919 s’intéressa particulièrement au rôle des vitamines. En 1921 il écrivait : « L'action des graisses dans le rachitisme est due à une vitamine, probablement identique à la vitamine liposoluble ». Hess [35], Mac- CANN [49] et PAPPENHEIMER [103] firent des expériences prouvant que la vitamine À n’était pas antirachitique, la carence de celle-ci provoquant seulement la xérophtalmie et, au point de vue du système osseux, de l’ostéoporose. Ce fut en 1922 que Mac CoOLLUM [105] et ses collaborateurs découvrirent que la vitamine liposoluble contenait deux facteurs diététiques : une vitamire facilement oxydable et une autre plus stable. La première, la vitamine A, se rencontre dans certains corps gras animaux et exceptionnellement chez les végétaux. La seconde est également rare ; elle est le plus abondante dans le foie de certains poissons : Morue, Flétan, Thon, dans le jaune d’œuf et dans un petit nombre de végétaux (champignons). A la suite des travaux de WINDAUS, ASKEW, BOURDILLON, la chimie de cette vitamine s’est approfondie. On connaît plusieurs vitamines D dont : la vitamine D, qui est une combinaison moléculaire de lumistérol inactif physiologiquement et de vitamine D,. La vitamine D, est naturelle, la vitamine D, et la vitamine D, artificielles. Les formules suivantes montrent l’origine de ces corps.
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