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II. —— Phosphatase des os et rachitisme

Avant d'étudier les modifications pathologiques de lactivité phosphatasique des os, dans le cas du rachitisme, voyons quelles en sont les variations physiologiques en abordant la question sous l’angle quantitatif.

Les recherches de RoBISON et FELL [20], MARTLAND [53], SOAMES sont intéressantes. Les épiphyses des animaux jeunes sont plus riches en phosphatase que les os des adultes. La teneur est également élevée dans les centres d’ossification des os fœtaux. C’est à la même conclusion que parviennent Ro- CHE, FiLiPpi1 et LÉANDRI [89], dans un ensemble de recherches sur la teneur en phosphatase des os chez le Rat aux diverses périodes de la vie. Toutefois, on ne sait s’il faut attribuer entièrement la diminution observée de l’activité enzymatique des os avec l’âge au ralentissement de l’activité des cellules sécrétoires. En effet l’activité de cet enzyme, que l’on rencontre dans les épiphyses et la diaphyse des os longs, dans les territoires d’ossification haversiens, membraneux endo-

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chondral, tient non seulement à la quantité d’enzymes mais aussi à la présence d’activateurs et d’inhibiteurs spécifiques. C'est ainsi que les os des animaux adultes sont en général très pauvres en activateurs et voient, de ce fait, leur pouvoir phosphatasique renforcé par les ions Mg'*, tandis que les os des animaux jeunes activés au maximum én situ, sont peu sensibles à la présence d'ions Mg" in vitro (ROCHE, Fictppi et LÉANDRI).

ROBISON et SOAMES, ROBISON et MARTLAND [53] ont signalé que les os rachitiques du Rat paraissent plus riches en enzZyme que ceux d'animaux normaux. Par ailleurs POLICARD, PÉHU, ROCHE et BOUCAUMONT [71] étudièrent la répartition histologique de lenzyme et sa teneur dans la zone juxtaépiphysaire ; ils ont constaté que seules les zones ossifiables sont riches en phosphatase et que cet enzyme loin de faire défaut au rachitique humain semblait être particulièrement abondant chez celui-ci. La teneur du sérum en phosphatase est également très forte, la principale origine de l’enzyme sérique semblant devoir être recherchée dans les os.

Toutefois les conclusions relatives à l’os méritent d’être renforcées par de nouvelles expériences car elles sont basées sur des mesures où la teneur en phosphatase a été rapportée au poids des os, or celui-ci est largement fonction du degré de minéralisation des pièces squelettiques, lequel n’est identique dans l’os normal et dans l’os rachitique, aussi nous a-til paru utile de reprendre ces recherches à l’aide de la méthode de ROCHE, Firippr et LÉANDRI [89], laquelle rapporte l’activité phosphatasique au stroma protéique des pièces osseuses et non à l’os total, dont le degré de minéralisation est essentiellement variable.

Nous allons exposer ici le plan de notre travail sur les variations de l’activité enzymatique des os au cours du rachitisme.

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