‹ Recherches sur le mécanisme du rachitisme expérimentalChapitre 41 sur 68 · TABLEAU XIII · texte numérisé non relu

TABLEAU XIII

Nombre Aspect du Activités

de jours de régime cartilage de conjugaison phosphatasiques

Du 6° au 12° jour en- en IRON error larges et mous Grande activité phos-

phatlasique

Du 12e au 17° jour en- Le NAT Oeserieee na très larges et mous | Grande activité phos

phatasique

Du 17e au 22° jour en-

MILONE ee Per peu nets, en voie de | Diminution del’activité calciticatisn phosphatasique Au 22° jour environ, ossiliés Activité phosphata-

sique normale

D’après ce tableau nous voyons très nettement que l’activité phosphatasique varie en raison inverse du durcissement du cartilage de conjugaison dans les os rachitiques, c’est-à-

ee

dire que l’activité du mécanisme d’enrichissement local en ions PO; est très augmentée alors qu'aucun dépôt calcaire ne se produit, constatation qui peut être rapprochée de celles faites par J. ROCHE et A. Fizippi [88], dans le cas de fracture osseuse. Les os fracturés sont riches en phosphatase surtout avant que les processus de calcification du cal n’aient pris une grande intensité.

Ce sont là des faits observés dans des cas pathologiques, mais il est à remarquer aussi, dans le même ordre d’idée, que dans un organisme normal en croissance, c’est seulement au stade du développement où l’augmentation de la teneur des os en sels est la plus rapide que la teneur en phosphatase est la plus élevée. Toutes ces données concordent pour prouver que, comme l’avait déjà pressenti RoBisoN [75], il existe sans doute des processus d’ossification autres que ceux auxquels participe cet enzyme.

Tout le système osseux est affecté dans le rachitisme, l’augimentation, puis la diminution de la teneur en phosphatase se manifestent parallèlement dans tous les os, os longs pourvus de cartilage de conjugaison, o$S plats d’origine membraneuse ou cartilagineuse. L'activité phosphatasique des uns et des autres redevient normale lors de la « guérison spontanée ». ù

ACTIVITÉ PHOSPHATASIQUE EN PRÉSENCE D’'IONS M£g‘* DANS LES OS DES RACHITIQUES.

Il se peut que l'intensité de l’activité de la phosphatase dans les os soit due aux variations de la proportion d’activateurs et d’inhibiteurs spécifiques parmi lesquels les sels de magnésium et divers acides aminés jouent un rôle physiologique important (ERDTMANN [19] et Bopaxskyx [1]). A la suite des recherches de ROCHE, LÉANDRI et FiLiPpr [89], de ROCHE et BULLINGER [87] on peut dire que l’enzyme des os est à un degré d'activation presque maximum du début de la croissance ; puis cette activité décroît, surtout en raison de l’appauvrissement du milieu en coenzyme. La diminution de l’activité phosphatasique est soumise à un moindre degré, aux variations

de production de l’enzyme par le tissu osseux (Scoz et MARAN-

GONI [100 |).

(e) CA = o o + o à à o 2 A

TÉMOINS " A Éprph. sup.

Actwite phosphatasique relative

(SANS M re e 9 e pipi inf.

B Épiph. sup + M9 D Diaph ie o Éniph: Fe LE Q 3 ,

Poids cgr) FIGURE 9. — Activité phosphatasique relative des FÉMURS de Rats

normaux de poids divers en la présence ou en l’absence de Mg‘ (d’après J. ROCHE, A. Ficrppr et À. LÉANDRI).

Abscisses : Poids corporel (grammes). Ordonnées : Activité phosphatasique relative.

La figure IX obtenue d’après les résultats de ROCHE, Firrppi et LÉANDRI, montre clairement ce que nous venons de signaler : l’action activatrice de l’ion Mg” sur l’hydrolyse du B-glycérophosphate de sodium est faible au début de la croissance, mais très marquée dans les os d'animaux adultes qui ne sont donc pas dépourvus de phosphatase, mais pauvres en activateurs. Elle permet d'interpréter les figures VI et VIT que nous avons établies à l’aide de données obtenues sur le Rat rachitique. Après le même nombre de jours de régime, nous avons sacrifié trois Rats rachitiques de poids analogue, et nous avons dosé l’activité enzymatique des os de l’un d’eux en la présence d’ion Mg’. Nos expériences portant sur les os longs, les os plats et les dents ont donné des résultats exposés dans les tableaux VIILet XII.

En examinant les figures VI et VII nous pouvons conclure que lion Mg‘ augmente relativement peu le pouvoir phospha-

Gore

tasique des os des jeunes Rats rachitiques. Les points obtenus sont dans l’ensemble, du même ordre de grandeur. Et la figure IX montre bien quelle peut-être dans certains cas la puissance activatrice des sels de magnésium. La figure VIII relative aux os plats et aux dents est encore plus suggestive que les précédentes.

Donc aussi bien dans les os longs que dans les os plats-et les dents, l'activité du système phosphatasique est voisine du maximum chez les rachiliques ; les os sont alors très riches en activateurs.

NITTSE= Conclusions.

L'étude des variations de l’activité phosphatasique au cours du rachitisme expérimental, poursuivie dès les premiers jours de la maladie jusqu’au stade de guérison spontanée, nous permet de conclure ainsi

1° La teneur en phosphatase est plus élevée dans les os de l’ensemble du squelette (os longs, os plats, dents) chez les animaux rachitiques que chez les animaux normaux de méme poids. Donc les dystrophies osseuses observées chez les rachitiques n’ont pas pour origine une déficience du système phosphatasique. La cause du défaut de calcification de la matrice protéique existant dans le rachitisme doit être recherchée dans un autre des facteurs participant à l’ossification.

2° L'activité enzymatique des os d'animaux rachitiques de 30 à 40 grammes, n’est pas susceptible d’être beaucoup augmentée par l’ion Mg‘, ce qui nous permet de dire que dans les organes osseux de ces Rats l’enzyme présente son activité maxima, probablement en raison de la richesse en coenzyme du squelette, comme tel est aussi le cas dans les os des Rats normaux en croissance.

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