SERA
Il ressort de l’ensemble de ces chiffres que les quantités de calcium libérées dans les deux solutions sont analogues. Nous avons dès lors appliqué à nos résultats le calcul dont voici un exemple : soit un fragment de cartilage pesant 90 mg. mis à macérer pendant 16 heures dans 15 em? d’une solution titrant : 0,053 mg. de phosphore par cm? (4°) et 0,115 mg. de calcium par ecm* (A).
Nous avons dosé le phosphore restant dans la solution après macération de l’os, soit 0,034 mg. (R’). La différence entre le taux de phosphore par cm de la solution avant et après macération de l’os (Q’ — A’ —— R’) correspond à la quantité fixée par le poids d’os mis en expérience, les pertes du fragment témoins étant nulles (FT? — O). La fixation de phosphore dans le cas envisagé est donc de 0,053-0,034 — 0,019 mg. P par cm.
Nous avons dosé le calcium restant après macération (R), soit O0 mg.,87 Ca par cm$. Mais nos témoins ont prouvé que 100 mg. d’os dans 15 cm° d’une solution de chlorure de sodium à 9 p. 100 avaient libéré en moyenne 0,037 mg. de calcium par cm ; l’os mis en expérience (pesant 90 mg.) a donc libéré dans la solution : 0,033 mg. de calcium par cm? (T). La quantité de calcium devant rester en réalité dans la solution après macération est B — R:-I, soit 0,087-0,033 — 0,054 mg. par cm ; donc, la fixation de calcium par cm, par le poids d’os mis en expérience (90 mg.), est de : Q = A-B — 0,115-0,054 — 0,061 mg. On peut donc établir le rapport suivant :
Fixation de phosphore par cm 0,019
= — — 0,31 Fixation de calcium par cm? 0,061
Ce calcul ne saurait être tenu pour rigoureux et cela pour plusieurs raisons. D’une part, deux fragments osseux identiques placés dans les mêmes conditions ne libèrent pas exactement la même quantités d'ions POS et Ca’. D’autre part la mise en liberté des ions dépend du produit de solubilité [PO*,]?. [Ca“]$ et il est certain que la composition du milieu où l’on fait macérer les fragments osseux intervient pour déterminer la valeur de celui-ci. Aussi ne peut-on considérer que les pertes en milieu dépourvu de ces ions, sont identiques à celles ayant lieu dans un milieu contenant ceux-ci ; il en résulte que nos témoins ont certainement une valeur trop élevée.
Nous avons néanmoins, faute de mieux, pris comme témoins les pertes en Ca et en PO, dans une solution isotonique de chlorure de sodium pensant qu’elles indiqueraient l'ordre de grandeur de celles ayant lieu aux faibles concentrations en calcium et en phosphate des milieux nutritifs. Cette imprécision est de nature à gêner nos recherches sur la composition du produit fixé au cours des expériences, mais elle ne doit pas à priori empêcher une mesure approchée de l’affinité de l’os pour le calcium et les phosphates. Ce qui rend difficile l'appréciation de celle-ci est qu’elle s’opère uniquement par la surface des coupes ; elle n’est donc pas proportionnelle au poids d’os mis en œuvre, mais à la surface de celui-ci. Nous avons néanmoins pensé qu’un premier essai pouvaitêtre tenté en opérant suivant le mode indiqué, en emplyant des fragments osseux d'épaisseur aussi comparable que possible et dont la surface était peu variable d’une expérience à l’autre.
Les résultats de nos expériences sur les fémurs (cartilage de conjugaison et métaphyse) d'animaux différents ont été groupés en quatre tableaux, dans lesquels nous avons indiqué pour chaque essai la fixation de phosphate (Q°) et de calcium (Q) par em* (déterminée dans deux essais) et le rapport
phosphore fixe Q?
calcium fixé Q