RAPPORTS
ALtiNiS
•dfluif
▲ auimoi.
(I) AnnaUê d'Hygiène publique ^ ayril 18S^ , p. 101.
Ce qui doit être remarqué d'abord , c'est que l'époque du maximum pour le nombre des crimes contre les personnes coïncide à peu près avec l'époque du minimum pour le nombre des crimes contre les propriétés , et se présente en été ; tandis qu'au contraire le minimum du nombre des crimes contre les personnes et du maximum du nombre des crimes contre les propriétés se présente en hiver. En comparant les deux espèces de crimes , on trouve qu'au mois de janvier il se commet à peu près quatre crimes contre les propriétés pour un contre les personnes , et au mois de juin deux seulement. Ces différences s'expliquent assez bien en considérant que c'est pendant l'hiver que la misère et le besoin se font surtout ressentir et multiplient les crimes contre les propriétés, tandis que pendant l'été prédomine la violence des passions qu'excitent encore les contacts plus fréquens qui existent alors entre les hommes. Il est bien remarquable que le penchant aux crimes contre les personnes présente , dans tout le cours de l'année , à peu près les mêmes degrés d'intensité que la disposition aux aliénations mentales ; ce qui confirmerait assez bien l'observation déjà faite que la plupart des homicides et des grands crimes ont lieu dans des instans voisins de Talliénation mentale.
Les époques des maxima et minima coïncident encore avec celles des maxima et minime des naissances et des décès , comme on peut le voir dans mes Recherches statistiques.
Les comptes généraux de France contiennent aussi des données sur les heures des crimes , mais seulement pour les vols commis à Paris et dans les environs ; ces données sont encore trop peu nombreuses pour qu'on puisse en conclure des résul-
Vn. DE l'iNFLUEUGE DU SEXE SUR LE PENCHANT AV CBDIE.
Dans ce qui précède , nous avons eu égard à Tinfluence qu'exercent sur le penchant au crime le climat, le degré d'instruction, la différence des races d'hommes , les saisons , etc. ; nous allons nous occuper maintenant de rechercher l'influence des sexes.
Remarquons d'abord que sur les 28,686 accusés qui ont paru deyant les tribunaux de France pendant les quatre années qui ont précédé 1830,. il se trouvait 5,416 femmes et 23,270 hommes, c'est-à-dire, 23 femmes pour 100 hommes. Ainsi le penchant au crime en général présente le rapport de 23 à 100 pour les deux sexes. Cette estimation suppose que l'activité de la justice atteint aussi-bien les hommes que les femmes , ce qui parait probable , si l'on observe d'une autre part que la répression varie dans des Umites assez étroites pour les deux sexes , c'est-à-dire, que la sévérité développée à l'égard des femmes est aussi grlnde que pour les hommes.
Nous venons de voir qu'en général le penchant au crime est chez les hommes environ quatre fois aussi fort que chez tes femmes , du moins en France ; mais il serait important d'examiner de plus si les hommes sont quatre fois aussi criminels , ce qui supposerait que les crimes commis par les deux sexes sont également graves. Nous commencerons par faire une distinction entre les crimes contre les propriétés et les crimes contre les persomies ; nous prendrons en même temps les nombres obtenus pour chaque année , afin de voir Pétendae des hmites dans lesquelles ils se trouvent compris.