CHAPITRE III
ANATOMIE NORMALE MICROSCOPIQUE {suite). — TECHNIQUE
I. « Découverte » du grand splanchnique et des ganglions semi-lunaires. — II. Technique pour les fibres nerveuses. -^ III. Technique pour les ganglions solaires. — IV. Résumé.
I. — Pour prélever, à l'autopsie, le plexus solaire, il est commode , d'employer le procédé suivant.
Après que chacun des poumons et le cœur ont été enlevés séparément, « on découvre » le grand splanchnique sur la face antérolatérale de la colonne vertébrale, on le dissèque jusqu'à l'orifice diaphragmatique, on agrandit cet orifice à la sonde cannelée, on coupe sur la sonde le diaphragme d'arrière en avant, et, en refoulant en bas et en avant les viscères abdoniinaus^on met ainsi à jour la région cœliaque de Luchka,^p-g:7?e)il deùx£o1jp§>4e sonde cannelée, on isole le plexus solaire et sè^^îlïfféreTîts-^'aiigiions.
Quand des adhé:^e^es pleiirales,emp^êch^nV de prendre le splanchnique comme conducteur] Tiff rech-eTehis des ganglions semi-lunaires est beaucoup plus .difficile. JQj^jUt alors n^océder méthodiquement par dissection, la contin4i$é ^veg Iç "grajm splanchnique étant le seul caractère qui, au milieu^S^itt-vftrralîmté des masses ganglionnaires, permette de reconnaître le ganglion semi-lunaire.
Splanchnique et plexus une fois enlevés, il convient d'étudier à part les nerfs et les ganglions.
II. — Les nerfs, immédiatement après l'autopsie, sont fixés en extension physiologique sur de petites planchettes, selon la méthode de Ranvier.
Il faut un aide pour serrer les fils pendant qu'on tend le nerf. Cette manœuvre ne peut être réussie quand on la fait'seul. Le grand splanchnique est le nerf le plus souvent examiné. Gomme
l'a fait remarquer J,-G. Roux, pour avoir des résultats comparables, il faut toujours l'examiner au même point. Nous avons choisi, comme lui, pour lieu d'élection, la partie immédiatement située au-dessus du ganglion de Lobstein, point facile à repérer qui répond à la haiiteur de laXP vertèbre dorsale.
Le nerf tendu est mis dans le liquide de Millier ou dans l'acide osmique. Le plus souvent nous mettions le droit dans le Millier, pour être traité après durcissement par la méthode de Marchi. Pour abréger la durée du séjour dans le liquide de Mûller, parfois nous mettions, d'abordpendantvingtquatreheures, le nerf dans une solution aqueuse de formol à 4 p. 100. Les résultats dans les deux cas sont comparables.
L'autre nerf, le gauche, était mis, à l'abri de la lumière, dans un tube rempli de solution aqueuse d'acide osmique à 1/100 âgée de une à trois semaines. Le séjour dans l'acide osmique était de trois heures ou de vingt-quatre, selon que nous employions la méthode de Weiss', ou la méthode ordinaire.
Dans le premier cas, le nerf lavé à l'eau pendant vingt-quatre heures, était déshydraté par la série des alcools, inclus à la paraffine, débité en coupes transversales et longitudinales de 1/400 de millimètre, colorées au bleu polychrome de Unna et montées au baume de Canada.
Dans le second cas, après lavage à l'eau courante, une partie était dissociée à l'aiguille, colorée au picro Carmin et montée dans la glycérine; une autre, après déshydratation, incluse à la paraffine, coupée, et colorée au picro-carmin, à la thionine, à l'hématoxylineéosine, etc..
IIL — Les ganglion'^, débarrassés de leur atmosphère cellulo-graisseuse sont les uns mis dans le liquide de Mûller en vue des méthodes de Marchi et de Weigert-Pal, et les autres dans le mélange suivant :
Alcool à 96° 90 centimèti'es cubes.
Formol pur 10 —
pendant vingt-quatre heures (ou même plus longtemps sans incon-
* Weiss. Soc. de biologie, 1900.
^ D'ailleurs il était très facile de traiter par les deux méthodes le même nei'f en prélevant un premier fragment au bout de trois heures d"acide osmique et en remettant le reste dans l'acide.
vénient) puis dans l'alcool absolu pendant quarante-huit heures pour être inclus à la celloi'dine.
Inclus, les ganglions sont coupés, les uns perpendiculairement à leur axe, les autres parallèlement, les plus nombreux enfin selon leurs faces, de façon à avoir sur la coupe le maximum de la surface.
Ces coupes sont traitées, les unes parles méthodes courantes, hématoxyline-éosine, bleu polychrome de Unna, méthodes de Van Gieson, picro-carmin S les autres par la méthode de Nissl.
Les coupes, recueillies dans l'alcool à 96°, sont mises dans le bleu polychrome de Unna ou dans la thionine à 1/1000 pendant cinq minutes à chaud ou douze à vingt heures à froid et lavées à l'alcool à 96°.
La différenciation suivie avec grand soin est faite soit par l'alcool absolu, soit par un mélange de 90 grammes d'alcool à 96° et de 10 grammes d'huile d'aniline incolore, soit par le mélange suivant, employé à la Salpêtrière :
Créosote ; . . . bO centimètres cubes.
Huile de Gajeput 40 —
Xylol , 50 —
Alcool absolu 160 —
IV. Résumé. — I. Le grand splanchnique, reconnu dans le thorax, est suivi à travers le diaphragme, conduit sur les ganglions semilunaires, et permet d'enlever le plexus solaire.
II. — Les fibres nerveuses fixées à l'acide osmique ou au Millier sont dissociées ou débitées en coupes.
III. — Des ganglions, les uns fixés au Muller sont traités par les méthodes conrantes (Marchi, Weigert, picro-carmin), les autres fixés à l'alcool fort sont colorés p'ar la méthode de Nissl.
' Néanmoins il est de beaucoup préféi'able de se munir pour cette dernière coloration de coupes mordancées par les chromâtes (fixés par le liquide de Muller par exemple).