‹ Recherches sur le plexus solaireChapitre 4 sur 50 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Une observation de sj^ndrorae d'Addison sans lésions surrénales. — Position de la question : dans tous les syndromes d'Addison analogues, le grand sympathique est-il altéré? — Nécessité d'une étude méthodique du sympathique abdominal, particulièrement du plexus solaire, pour distinguer le normal du pathologique.

Division du mémoire en trois parties : Anatomique, physiologique, pathologique.

I. — La pathogénie du syndrome d'Addison n'est pas élucide'e. Les uns incriminent une lésion des glandes surrénales, les autres une lésion du système nerveux sympathique. Tous s'appuient sur les résultats variables d'autopsies souvent incomplètes. Nous avons eu, en 1899, occasion d'observer à l'hôpital Tenon un homme de cinquante-cinq ans qui présenta au complet les signes du syndrome d'Addison (Observation I).

Il en avait l'asthénie, les douleurs lombaires, les vomissements, la pigmentation de la peau, l'hypotension artérielle et le caractère maussade. Il mourut cachectique six mois après le début des accidents.

A l'autopsie, on ne trouva aucune lésion macroscopique capable d'expliquer le syndrome. L'examen microscopique des glandes surrénales n'y montra aucune altération.

Un point, d'ailleurs connu, ressortait de ce fait : dans quelques

' Pour alléger le volume et faciliter les recherches, nous employons deux textes : Un petit texte pour l'exposé historique, un texte plus gros pour l'exposé de nos recherches personnelles.

cas de syndrome d'Addison, on ne liotivc pas d'altération histolo gique des glandes surrénales.

La question qui se posait était de savoir si, dans tous les syndromes d'Addison, oii l'on ne constate pas de lésions surrénales, le grand sympathique est liistologiquement altéré.

Pour résoudre ce problème, il fallait d'abord connaître l'aspect normal du sympathique. Car presque toujours le sympathique n'est examiné que dans les cas où l'on y soupçonne des lésions, et connaissant mal son aspect ordinaire, on a tendance à prendre pour des altérations importantes des modifications banales. Aussi, avons-nous systématiquement examiné un grand nombre de sympathiques d'individus morts dans les conditions les plus diverses.

A ces documents anatomo-cliniques. nous avons ajouté les résultats de recherches poursuivies parallèlement en anatomie normale, anatomie comparée, embryologie et physiologie, pour ainsi pouvoir présenter une étude d'ensemble sur le plexus solaire.

II. — Les faits que nous rapportons, spontanés ou provoqués, relèvent de deux méthodes d'exploration, l'anatomique et la physiologique.

11 est donc logique de les diviser en quatre groupes.

1° Observations cliniques ;

2° Expériences physiologiques ;

3° Observations anatomiques ;

4° Expériences d'anatomie pathologique.

Mais si cette division méthodique est la plus scientifique, elle oblige à séparer dans des chapitres différents des faits connexes ; ainsi, l'observation anatomo-clinique d'un malade devrait être étudiée dans la première et la troisième partie ; une expérience sur le chien, dans la deuxième et la quatrième.

De plus, cette division, basée sur le mode de connaissance, ne s'inquiète pas de l'objet de cette connaissance et n'admet pas de différence dans le domaine des formes, comme dans le domaine des fonctions, entre le normal et le pathologique.

Cette notion du normal et du pathologique, de nulle valeur pour le biologiste, est capitale pour le médecin, car elle est pratique.

La détermination du pathologique est nécessairement connexe de la détermination du normal.

Ces deux termes font un couple. Leur délimitation est notre but principal.

m. — Ainsi compris, ce travail se divise en trois parties.

Dans uno, première partie, anatomique, sontétiidie'es : Vembryologie, organogenèse et histogenèse ; — Vanatomie comparée, macroscopique et microscopique ; — Vanatomie normale de riiomme, macroscopique et microscopique.

Dans une deuxième partie, physiologique, sont étudiés le rôle du plexus solaire dans le fonctionnement de chaque viscère abdominal, la valeur de ce plexus comme voie de conduction et comme centre réflexe, et la topographie de ses neurones.

Dans une troisième partie, pathologique, sont étudiées Vanatomie et la physiologie pathologiques du plexus solaire, et la question de leurs rapports.

Suit la conclusion.

Au mémoire sont annexés, un index bibliographique, et nos documents anatomiques, expérimentaux et cliniques, accompagnés de dessins et de tracés \

' La partie embryologique de ce travail a été faite dans le laboratoire de M. le professeur agrégé Gunéo;

La partie d'anatomie comparée, dans le laboratoire du professeur Petit, de l'Ecole vétérinaii'e d'Alfort, et avec l'aide du D"- V. Thebault, docteur es sciences naturelles;

La partie anatomique, à l'Ecole pratique, avec l'aide de M. Veau;

La partie expérimentale dans le laboratoire de M. le D' François Franck au Collège de France aous la direction et avec l'aide de M. le D'' Hallion.

La partie histologique dans le laboratoire de M. le professeur agrégé Gilbert Ballet de 1900 à 1902 et dans le laboratoire de M. le professeur Raymond, sous la direction de M. le Dr Philippe.

Les documents anatomo-cliniques ont été recueillis non seulement dans les services de nos maîtres d'internat, mais dans ceux de M. le professeur agrégé H. Roger qui nous a ouvert son service de la Porte d'Aubervilliers, de M. le Dr Vigoureux, qui, avec son interne M. Juquelier, nous a facilité l'étude des aliénés de l'Asile de Vaucluse, et de MM. Hirtz et Salomon. Dalché et Maurice Bloch, Darier et Frouin, Morel-Lavallée et Gauthier, Walther et Pouliot.

Nous avons été aidé dans quelques recherches bibliographiques par M. Josué. dans quelques dissections et autopsies par M. Lemerle, et dans la plupart de nos expériences par M. René Charpentier. Que tous veuillent bien agréer l'expression de notre gnande reconnaissance.

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