‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 2)Chapitre 117 sur 141 · INFLUENCES MÉDIATES DES COUCHES OPTIQUES · texte numérisé non relu

INFLUENCES MÉDIATES DES COUCHES OPTIQUES

d'une catégorie quelconque d'impressions sensorielles exerce sur la régularité du jeu des éléments corticaux. Il semble que, pour que rbarmonie des opérations qu'ils accomplissent se maintienne, il faille quil y ait une pondération régulière dans la répartition des stimulations sensorielles qui viennent impressionner les diverses régions de la périphérie corticale, et que la prédominance exclusive de quelques-unes d'entre elles venant à absorber a leur profit Tactivité des cellules cérébrales, détruisent ainsi les conditions générales de l'équilibre, et entraînent ipso facto le trouble et la disharmonie dans l'ensemble des nianifestations de l'intellect.

Ainsi, chez les individus qui deviennent accidentellement aveugles, Dumont a noté des troubles psychiques variés, des changements d'humeur, des symptômes de mélancolie d'autant plus accusés que les malades étaient plus incapables de distinguer le jour d'avec la nuit (1).

Bouisson a communiqué à TAcadémie de médecine un Fait qui présente avec ceux que nous venons de rapporter, les plus grandes analogies ('2).

« II s'agit d'un homme de cinquante aos atteint de cataracte double, qui fut conduit sans renseignements à rhôpilal de Saint-Éloi à Montpellier ; il présentait en môme temps des symptômes de démence confirmée (incohérence des idées, défaut de spontanéité intellectuelle). L'opération fut faite sur les deux yeux par abaissement, dans la môme séance. Le dixième jour l'appareil fut enlevé et aussitôt le malade s'écria : j'y vois 1 Ce fut, ajoute Bouisson, la première parole raisonnable qu'il eût encore prononcée. A mesure que la vue se fortifiait, il devenait en môme temps plus docile, la mémoire reparaissait, le cercle des idées s'élargissait, etc. ; il put donner bientôt quelques informations sur son état, son habitation antérieure, et se souvenir qu'il avait perdu la vue depuis environ trois ans. Un mois et demi environ après, il put regagner son domicile et pourvoir à son existence. »

(1) Dumont, Influence de la cécité sur ics fonctions intellectuelles {Moniteur des hôpitauxj 1857, p. 2/i5 et 265).

« Sur 120 aveugrlcs, dit-il, en laissant de côté ceux qui sont atteints de lésions cérébrales apprériables, il y on a 27 avec dos désordres intellectuels variant depuis l'hypochondrie jusqu'à la manie, avec hallucinations et démence. »

Ce travail est appuyé du récit d'une douzaine d'observations concordantes.

(2) HulHin dt> rArmUhïiie de médecine^ séance du 8 octobre 1860, t. XX Vf, p. 6.

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