FAISCEAUX SPINAUX POSTÉRIEURS. 6S
qui portent le nom de faisceaux postérieurs, mais encore les amas homologues en rapport avec les points d'implantation des fibres acoustiques, des fibres de la cinquième paire, des fibres optiques sont pourvus d*un système de fibres identiques : partout les cellules de même nature appellent des mômes conducteurs eSerents de même nature, avec lesquels elles sont combinées. Tant il est vrai que pour avoir une idée complète de l'harmonie générale qui préside au groupement des éléments nerveux dans les régions centrales, il ne faut pas se borner à l'examen toujours incomplet d'une région isolée de l'axe; qu'il faut rapprocher les systèmes de fibres les uns des autres, pour arriver à reconnaître les caractères communs qu'ils possèdent, sous quelque apparence dissemblable qu'ils se cachent.
Ce système spécial de fibres fasciculées postérieures présente dans toutes les régions de Taxe spinal où on l'examine, les caractères communs suivants :
Chacun des éléments Qbrillaires qui le constituent, naît toujours, suivant une direction qui est la continuité médiate, des fibres des racines afférentes correspondantes.
Ils suivent en général une direction verticale ascendante, et obéissent tous à la loi d'entrecroisement, qui est commune, ainsi que nous l'avons déjà indiqué, a toutes les fibres faisant partie du système convergent inférieur. Ils doivent ôtre successivement étudiée dans les régions soùs-bulbaires et dans les régions susbulbaires de l'axe spinal.
!• Nées, au niveau de la région lombaire, des bords internes des plexus gélatineux, sous forme d'un réseau dont les mailles seraient longitudinalement disposées (pi. XII, fig. 7 et 8), les fibrilles iniliales qui vont constituer ultérieurement les éléments propres des faisceaux postérieurs, se présentent par conséquent tout d'abord sous Taspectde fibrilles grises, en continuité intime avec les réseaux gélatineux eux-mêmes (1) (pi. lil, fig. 1 f(5]). Elles sont tout d'abord plus ou moins obliques, suivent une direction
(1) 11 arrÎTe soaTcnt que ces fibres paraissent éifc la continuation directe des iibrilles de» racines postérieures^ tant il est fréquent de les rencontrer sur le prolongement de ces mêmes fibrilles; mais en y regardant avec attention^ on ne tarde pas à reconnaître que la continuité, entre la fibre de la racine postérieure et celle du
ascendante interne (pi. XII, fig. 8 [2]),j)uis elles se relèvent toutes successivement en dedans, pour constituer une séria de Bbres verticales juxtaposées, occupant, sous le nom Aq faisceaux posté' rieurs, les régions internes et postérieures de la moelle épinière. Ces conducteurs nerveux, émergeant ainsi d*une manière graduée de la substance gélatineuse sous des incidences variées, ne prennent que peu à peu leur aspect franchement (ibrillaire, et il est curieux de constater, que dans les premiers moments <le leur constitution anatomique, ils ne sont représentés que par des plexus de fibres grises entremêlées de cellules gélatineuses (pi. XII, fig. 7, et fig. S [1]), à mailles longitudinales, dont les éléments se rapprochent insensiblement les uns des autres, pour arriver a former de véritables fascicules longitudinaux.
Les faisceaux postérieurs, constitués ainsi par l'apport successif et graduel des fibrilles efférentes de la substance gélatineuse qui s'accolent les unes à côté des autres, en suivant en commun une direction ascendante, arrivent, après un trajet plus ou moins prolongé, sous forme de deux colonnettos blanchâtres et parallèles, au niveau de la région bulbaire. La, ils subissent dans leur direction, des modificntLons du plus haut intérêt : leurs fibres s'entrecroisent toutes de droite à gauche et réciproquement, pour funncr, en remontant du côté opposé, le raphc médian du bulbe et de I isthme de l'encéphale (pi. III, fig. 1 [(5, 7, 7'] ;
pi. l^fig. 0-
Cet entrecroisement au niveau de la région bulbaire des fibres
ascendantes des faisceaux postérieurs peut être facilement reconnu à Taide de coupes verticales et horizontales comparées. On voit, en effet (pi. VI, fig. h et 5, et pi. XIV, fig. 2), que les fibrilles des faisceaux postérieurs s'élèvent successivement d'arrière en avant et de bas en haut, puis, qu'elles se dirigent, légèrement incurvées sur elles-mêmes, en dehors, en avant et en baul, en décrivajit autour de la substance grise de la région centrale une série de lignes concentriques de plus en plus serrées les unes contre les autres; elles passent ainsi, dans leur trajet
faisceau postérieur correspondant^ est toujours interrompue par une ccUuIc fasi- Torme^ jaunâtre^ interposée entre ces deux esi>èces de conducteurs nerveux, qui semble^ par chacune de ses extrémités ofUlées, donner naissance à chacun d'eux (pi. XtV, fig. 4 et 5, et pi. XU, fig. 8).
PAI8CSAUX SPINACX POSTÉRIEUAS. 9S
Sfnrolde, en ayant de la région grise centrale, elles s'entrecroisent avec celles du côté opposé qui ont suivi une série dMnflexions identiques, et vont, en définitive, constituer une portion de ces fascicules triangulaires k sommet inférieur (pi. XIV, fig. 2 [h] ) que Ton voit étalés i la surface du quatrième ventricule (!)•
Quelle est maintenant la destination ultérieure de ces éléments fiiirillaires, qui se trouvent ainsi être remontés dans les régions supérieures de l'axe, et occupent le côté opposé à celui d*o(i ils tirent leurs origines inférieures ? Jusqu'ici, je n*ai pu arriver à déterminer d^une manière satisfaisante leur point d'immersion dans les centres ; je n'ai que des présomptions qui me portent à supposer que c'est dans les portions les plus inférieures et les plus internes de la substance grise spéciale, tapissant les parois du troisième ventricule, qu'ils vont s'amortir (pi. UI, fig. 1 [26]; pi. Xll, fig. 2 [IS, IS], et fig, 8 [10, 10']).
2* Les fibres efférentesqui émergent des différents dépôts de la substance gélatineuse des régions sus-bulbaires de l'axe spinal (quoique leur étude soit encore bien incomplète), offrent cependant les principales particularités suivantes a noter : elles doivent être passées successivement en revue, à propos des amas
(i) Notons qa*il résulte de ce mode de groupement tout nouveau des cléments nerrem^ <|iie :
i* Les fibres des faisceaux postérieurs du côté gauche, par exemple, qui étaient situées dans toute la hauteur de la moelle épinière, en arrière du canal central et de la substance grise médiane^ se trouvent maintenant au niveau de la région du bttlbe^ en fertu de leur changement de position, situées on avant de ce môme canal central et de la région grise, et cela du côté droit. Ces fibre» décrivent par conséquent un trajet spiroîde ascendant autour de Taxe spinal (pi. III, fig. 4 [7, 7'; ).
2* Toutes les fibres des faisceaux postérieurs subissent séparément ce modo spécial d'entrecroisement, si bien qu il arrive un moment où, i»ur des coupes transversales de la région bulbaire, on voit que la section des faisceaux postérieurs va en s'atténuant progressivement fpl. VII, fig. 1, 2, 3), et il arrive un moment où, tous les éléments verticaux de moelle épinière ayant successivement opéré leur par^ cours scmi-spiroïde autour de la substance grise centrale, celle-ci se prouve en quelque sorte à découvert au niveau du bec du calamus (fig. 8, pi. Vil), par la èispariUon graduelle des fibres postérieures.
3^ Les fibres qui passent d'un côté à l'autre contribuent à former, avec leurs congénères sur la ligne médiane, à leur point d'entrecroisement, un raphé médian dont le diamètre antéro-postérieur s'allonge successivement à mesure qu'un plus grand nombre de fibres [spinales .subissent l'entrecroisement (pi. VI, fig. 5 pi. VII, fig. i, 2, S, 4; pi. 111, fig. 1 [22, 22', 23'.).
IXTf. *
M SYSTÈME DBS FIBRES COMTBRGEMTBS INFiBIEURES.
gélatineux des fibres acoustiques, des fibres de la cinquième paire et des fibres optiques.
1*" Du sein des amas de substance gélatineuse, dans laqudlê les fibres afiérenles acoustiques sont venues s'épanouir, les fibrea efférenles émergent sous forme de rayons courbes emboîtés, qui continuent la direction des précédentes, Étalées^ i letir origine, en éventail, elles se redressent successivement d'une manière très^élégante, se contournent sur elles-mêmes, suivant une direo* lion spirolde, et constituent un fascicule central qui les résume toutes (pi. Vin, flg. 2 [7], et fig. S [8]). Ce fascicule central va, sous forme de filaments ascendants obliques en dedanSi difficiles à suivre au milieu de Tintrication générale des fibres de cette région, gagner, au niveau de la paroi postérieure du qua-» trième ventricule, le raphé médian, pour y passer vraisemblable* ment, et se comporter ultérieurement comme ses homologues (pi. II [5] ). Je n^ai, jusqu'à préçent, pas pu retrouver cette série de fibres, au-delà du raphé.
2* Les fibres efférentes de la substance gélatineuse propre aux points d'implantation dé la grosse racine dé la cinquième pairtf^ sont encore plus difficiles à déterminer. L'analogie seule noua porte à considérer, dans cette série de filaments grisâtres qui émergent des portions internes des deux amas gélatineux propres à la cinquième paire, et qui paraissent se diriger obliquement en h^ut et en dedans vers le raphé médian (pi. IX, fig. 1 [6] ), dii fibres homologues aux précédentes ; ces fibrilles paraissent en efTet, dans certains cas, se redresser et affecter une direction oblique en dedans et en haut.
Comme le raphé médian des régions supérieures de Taxe est constitué par la série des fibres efférentes de la substance gélatH neuse des divers dépôts ambiants; et comme, d'une autre part, cette ligne d'entrecroisement n'est pas interrompue au-dessus des amas gélatineux propres a la cinquième paire, il est très-probable que ces fibres, arrivant comme contingent, doivent être visibles, au moins dans une portion de leur parcours, au mo« ment où elles passent au raphé, c'est-à-dire au niveau de la région 12 prolongée (fig. 1, pi. XIV; comparez avec les fibres IS de la figure 1, synthétique, pL lU).
3"^ Les fibres efférentes propres à la substance grise des lu«
FIBRES SPINALES POSTER ÎEURiBS; 67
hercules quadrijameai^x se voient quelquefois Irès-neltement, celles qui appartiexuienl aux tubercules quadrijumeaux supérieurs en particulier, sous l'aspect dé fibres divergentes (pi. XXX, lA)^ irradiées, sans entrecroisement, vers les dépôts de substance grise centrale de la couche optique correspondante.
Cette catégorie de fibres efférentes, qui représentent dans ces régions élevées de Taxe spinal les fibres des faisceaux postérieurs de la moelle épinière, ont l'aspect d'un plexus réticulé de fibrilles grisâtres, dont tous les éléments se concentrent par leur rapprochement réciproque, pour se redresser insensiblement (pi. XI, fig. 1 [9, O'] ;^pl. III, fig. 2 [15, Ib*] ) et constituer ainsi un système spécial de fibres efférentes, dont la direction générale parait être la continuité même des fibres afférentes optiques.
A raide de coupes verticales (pi. XXXVII, fig. 1, 8), il est encore possible de constater qiie cette catégorie de [fibres si spé< ciale constitue, pour chacun des dépôts de substance gélatineuse des tubercules quadrijumeaux, deux fascicules superposés de fibres blanchâtres, dirigées parallèlement en haut et en avant (pi. II, 10 et l(y).
Quel est le trajet ultérieur de cette série d'éléments nerveux? VontHJls se perdre, en totalité ou en partie, au milieu des ré* seaux de cellules des centres moyens de la couché optique, qui sont plus particulièrement en rapport avec la réception des impressions visuelles? G^est un point d'anatomie qu'il ne nous a pas encore été jusqu'ici permis d'élucider.
Tout ce que l'on peut dire actuellement â leur sujet, c'est ^'ils né paraissent pas s'entrecroiser comme leurs homologues des régions inférieures (fait, du reste, qui s'explique par l'entreeroisemont préalable des fibres convergentes optiques); qu'a partir de leur point d'émergence, ils se dirigent en avant, [dans le sens antéro-postérieur, et qu'ils côtoient les régions latérales de la substance grise centrale, en dehors desquelles ils sont juxtaposés.
Chez les grands animaux , cette catégorie de fibres efférentes m^a paru beaucoup plus accentuée que chez l'homme : leur abondance est, du reste, proportionnelle à la masse des tubercules quadrijumeaux, qui sont aussi beaucoup plus accusés que dans ^espèce humaine*
68 StdTÈUE DES FIBRES CONVERGENTES INFÉRIEURES.
2^ Régions médianes 6e la substance gri^ àe Taxe spinal.
La substance grise spéciale, interinédîaire aux régions antérieures proprement dites et aux régions gélatineuses, doit être envisagée successivement, dans les portions sous-bulbaires et les portions sus-bulbaires de Taxe spinal.
Au point de vue des caractères généraux qui lui sont propres, et qui la font aisément reconnaître à quelque hauteur de l'axe spinal qu^on la considère, elle oiïre ceci de spécial :
l"* Qu'elle affecte une coloration d'un gris cendré tout à fait spécial, qui se décèle d^une façon significative sous l'action de l'acide chromique étendu ;
2*' Qu'elle est constituée par des éléments anatomiques d'une configuration particulière (éléments anatomiques souvent difficiles i reconnaître isolément) ; mais qui, comparés à ceux des cornes postérieures ou antérieures> présentent quelques caractères distinctifs appréciables (pi. XI, fig. ô). Ce sont des cellules volumi* neuses, i coloration jaunâtre, dont le principal caractère est de n'affecter jamais des contours anguleux qui sont le cachet habituel des cellules antérieures. Ainsi, elles sont plus ou moins globuleuses, ovoïdes parfois; leurs prolongements^ ne sont pas de véritables élongations ramescentes de leur substance, comme pour les précédentes. Ils sont plutôt représentés par une série de filaments, plus ou moins déliés à leurs points d'émergence, qui donnent à ces cellules nerveuses spéciales la plus grande ressemblance avec les cellules ganglionnaires. Il nous est arrivé, en effetf quelquefois de rencontrer certaines agglomérations de ces mêmes cellules, au niveau du renflement lombaire, particulièrement, entourées extérieurement de fibres concentriques à noyaux, qui présentaient ainsi, à l'état rudimcntaire, l'aspect de ces bourrelets au milieu desquels les cellules des ganglions nous ont paru si fréquemment encadrées. Elles sont d*une consistance molle, et en général plus facilement altérables que les cellules antérieures (pi. XI, fig. 5 [3]). Elles mesurent en général de 0-,0A à Û",05. Leur noyau est ovoïde et relativement volumineux ; il est pourvu de nucléoles quelquefois très-apparents, pouvant aussi être masqués par l'abondance de granulations pigmentaires. Ces cellules, si spéciales {cellules sympathiques de Jacubowitsb), sont plongées