MODE DE PRÉPARATION DES PIÈCES ANATOMIQUES
système nerveux que l’on veut successivement étudier (moelle bulbe, etc.).
h° On laisse les tranches du tissu nerveux macérer ainsi pendant environ deux ou trois jours. Au bout de ce temps, on les visite et l’on enlève à l’aide d’un couteau tranchant les portions les plus superficielles de chaque tranche, sous forme de copeaux; on se débarrasse ainsi des portions qui ont été le plus saisies par l’action de l’acide, et qui sont défectueuses; on met de la sorte à vif les portions sous-jacentes qui ont été imprégnées plus lentement. Cette petite opération ayant été pratiquée sur les faces supérieure et inférieure de chaque tranche, on plonge alors chacune d’elles de nouveau dans le meme bain, et l’on attend encore deux ou trois jours. Le temps varie suivant leur épaisseur et le degré de solidification auquel elles sont isolément arrivées. À ce moment elles sont en général dans un état de solidification convenable; on les met dégorger dans un bain d’eau simple, et l’on peut s’en servir alors, soit pour décalquer leurs principaux détails à l’aide d’un papier transparent, soit pour disséquer les fibres nerveuses, ainsi que nous l’avons indiqué pour la planche XXVIII, fig. 2, soit pour les découper en tranches minces et en examiner les détails à l’aide de verres grossissants.
5° Les coupes doivent être pratiquées avec un grand couteau à cerveau, dont les deux faces doivent être continuellement mouillées.
6° Les coupes ainsi préparées peuvent se conserver longtemps dans un mélange d’eau et d’alcool par parties égales.
7° Pour l’examen microscopique, les tranches minces de substance nerveuse, durcies, et préalablement dégorgées de leur acide chromique, peuvent être rendues transparentes, soit à l’aide d’une dissolution faible de soude (ces préparations ne peuvent être conservées), soit à l’aide de la glycérine : les portions droites des figures des planches V à X ont été dessinées sur des pièces ainsi préparées.
8° Quand on veut colorer la substance nerveuse à l’aide du carmin, on peut employer le procédé suivant. Il faut d’abord se servir de tranches excessivement minces, enlevées sur des pièces Solidifiées préalablement dans la solution chromique, et convenablement dégorgées. La matière colorante employée en cette
«ODE DE DftÉPAlUÏIOK DÈS PIÈCES ÀNATOMIQÜES* %
circonstance n’est autre que du carmin en dissolution dans l’ammoniaque ; la liqueur doit être préalablement filtrée.
La théorie de l’opération à effectuer consiste à faire passer la tranche de substance nerveuse dans une série de liquides qui lui enlèvent successivement son excès d’acide chromique et ses matières grasses, et laissent en place tous les autres éléments anatomiques 5 on les colore alors à l’aide de carminate d’ammoniaque et l’on fixe la teinture à l’aide d’un mordant (l’acide acétique).
La tranche étant donc préparée aussi mince que possible, on la trempe successivement dans de l’ammoniaque pour neutraliser ee qui reste encore d’acide chromique (le temps varie pour chacune de ces opérations successives suivant l’épaisseur de la tranche), puis dans de l’alcool ordinaire et dans de l’alcool absolu ; après l’avoir essuyée, on la met dans de l’essence de térébenthine jusqu’à ce qu’elle devienne complètement diaphane, on recommence alors à la faire passer dans l’alcool absolu, puis dans l’alcool ordinaire, puis dans de Feau alcoolisée ; à ce moment, on la plonge dans la solution de carmin, et quelques minutes après on verse dessus quelques gouttes d’acide acétique pour fixer la couleur. On recommence alors la série des opérations antérieures, on la plonge successivement dans l’alcool, puis l’alcool absolu, puis l’essence de térébenthine, et à ce moment on peut la fixer entre deux verres et la conserver indéfiniment dans un vernis quelconque, ou dans du baume du Canada. Les figures i et 2 de la planche XIX ont été dessinées sur des pièces ainsi préparées ; il en est de même des figures 7 et 8 de la planche XVH, etc.
La solution de carmin peut également s’employer sur des pièces fraîches pour colorer des cellules nerveuses 5 l’acide acétique employé alors fixe la couleur, et l’on peut conserver ainsi entre deux verres des cellules colorées pendant quelque temps, pourvu qu’elles baignent dans dé la glycérine.
IMPLICATION DES PLANCHES