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UN MOT SUR LA THÉORIE VERTÉBRALE DU CRANE

En terminant cette étude histologique du cerveau des Téleostéens, après cet exposé des origines réelles

et apparentes des paires crâniennes, il est bon d'in-

diquer quels sont les résultats qui se dégagent de leur connaissance.

Il y à certainement une analogie frappante entre la nature de ces nerfs cérébraux et celle des nerfs ordinaires rachidiens tant au point de vue de leur mode d'émergence qu’au point de vue de leurs noyaux d’origine réelle.

Qu'il me soit permis de remettre en lumière une ancienne hypothèse qui me parait cadrer singulièrement avec la conception que l’on peut se faire de la nature rachidienne des nerfs cérébraux correspondant à une segmentation vertébrale, confuse il est vrai, mais réelle dans le crâne des Poissons osseux.

Peut-on en effet ramener au type des nerfs spinaux tous les nerfs rachidiens ?

Sans trop violenter les comparaisons, je crois qu’à part le nerf olfactif qui ne serait qu’un prolongement des hémisphères cérébraux ou des lobes antérieurs adapté au rôle physiologique de Polfaction, qu’il est admissible de ne voir dans toute la série des nerfs craniens que des nerfs spinaux modifiés.

Quant bien même on ne trouverait, comme dans certains nerfs, qu'un seul noyau d’origine, on devrait

admettre que les deux racines de motilité et de sen-

sation se sont fondues d’après la loi — énoncée par

Uarus, — qui préside au développement des nerfs. Cet anatomiste (1) s'exprime ainsi :

« De mème que le degré le plus bas du développement nerveux est constitué par un nerf homogène ne

. présentant pas de racines séparées de sensibilité et

de motilité, et sortant d’un ganglion simple; le degré le plus élevé consiste en ce que les deux racines restant isolées se comportent comme des nerfs particuliers. Il existe un troisième degré intermédiaire dans lequel les deux racines naissent séparément, mais se réunissent bientôt en un tronc commun. »

Le premier degré correspond au nerf des [Invertébrés. Le troisième degré intermédiaire répond à tous les nerfs des Vertébrés, excepté l’Optique et POlfactif, puisque dans le nerf Acoustique il existe des filets moteurs provenant d'un novau cellulaire apparent situé sur les pyramides antérieures.

Tous les autres nerfs cérébraux naissent de l'Encéphale, ou pour parler plus exactement de la moelle modifiée, par deux racines : l’une sensible et l’autre motrice. Quelques-uns comme le Glossopharyngien et l’'Hypoglosse montrent un parallélisme remarquable avec l’organisation des nerfs spinaux.

Ne doit-on pas concevoir maintenant, — et ceci

(1) Carus. — Von den Urtheilen des Knochen und Schaalen gerustes.

hâtons-nous de le dire, n'est qu’une hypothèse qui ne sera prouvée que lorsque la composition du

crâne et sa morphologie seront plus complètement connues, — une segmentation. vertébrale crânienne

correspondant à ces onze HAE sortant de l’Encéphale des Poissons.

Doit-on s’attendre à trouver onze Fret te ? Non, certes. [1 faudrait toutefois en admettre seulement cinq qui comprendraient comme toute vertèbre des arcs neuraux, un centre et une apophyse neurale.

La vertèbre occipitale est bien représentée et n’a perdu aucun de ses caractères vertébraux. Son corps est le basi-occipital ; son arc: les ex-occipitaux et les paroccipitaux; son apophyse épineuse: les sus-occipitaux.

Quel est le nerf qui correspond à ce segment ?

C'est l’Hypoglosse, nerf franchement rachidien avec ses deux racines motrice et sensitive, dépendant de la partie épencéphalique du Cerveau.

La deuxième vertèbre répond à la région du quatrième ventricule.

Le nerf de cette région s’est dédoublé en Pneu-

mogastrique et en Glossopharyngien.

Le rôle de la sensibilité étant surtout dévolu au Pneumogastrique dont le noyau d’origine est situé dans les parties postérieures du bulbe, au-dessous des lobes du vague. Le corps de cette vertèbre est constitué par le basisphénoïde, son arc est formé par les occipitaux latéraux, l’apophyse neurale étant représentée par les pariétaux.

Le troisième segment vertébral a bour base le parasphénoïde ; pour arcs, les post-frontaux et la partie postérieure des orbitosphénoïdes ; pour apophyse neurale, l'os mastoïdien de Cuvier.

L'Acoustique est le nerf de ce segment avec son gros noyau pour la racine sensitive et son noyau moteur très réduit.

La région mésencéphalique a pour nerfs correspondants le Trijumeau et le Facial. Ici les filets moteurs et sensitifs sont répartis dans ces deux nerfs. Mais la p.édominance du noyau postérieur de la racine du Facial permet d'attribuer à ce nerf la fonction sensitive.

La séparation des racines est poussée à un degré plus élevé dans ce cas, et elle atteint son maximum dans l’ensemble de la vertèbre optique dont les éléments vertébraux sont le sphénoïde antérieur, les petites ailes du sphénoïde (Cuvier) alisphénoïde antérieur et le Frontal.

Le nerf Optique s’est différencié vers une fonction de sensibilité spéciale. Ses racines motrices se sont séparées et constituent l’Oculo-moteur commun, le Pathétique et l’Oculo-moteur externe.

L’assimilation doit, je le crois, s'arrêter ici, la vertébre rhinencéphalique d'Owen étant tellement modifiée qu’elle n'est plus discernable. Les racines sensitives et motrices du nerf olfactif se sont fondues et le noyau d’origine réelle a lui-même disparu.

J'ai tenu en terminant à présenter cette conception de la formation vertébrale du crâne en m’appuyant

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