‹ Recherches sur le traitement du cancer, par la compression méthodique simple ou combinée, et sur l'histoire générale de la même maladie, suivies de notes 1.̊ sur les forces et la dynamétrie vitales; 2.̊ sur l'inflammation et l'état fébrile (volume 2)Chapitre 79 sur 105 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

CLASSIFICATION DES TUMEURS CANCÉREUSES DONT l’histoire ET CONSIGNÉE DANS LA PARTIE.

Toutes les maladies cancéreuses des glandes mammaires ne se présentent pas sous le même aspect : les unes forment des engorgemens diffus dans le parenchyme de ces organes ; les autres constituent des tumeurs isolées , qui semblent ne compromettre le tissu propre des mamelles que consécutivement y d’autres participent des caractères de l’engorgement parenchymateux et des tumeurs isolées. Il en est qui ont pour phénomène dominant des douleurs névralgiques locales qui précèdent ou accompagnent le développement des engorgemens ou des tumeurs ; enfin , on en observe qui , avec les engorgemens , les tumeurs et les douleurs , présentent des ramollissemens ou

lies ulcères plus ou moins superficiels ou profonds, mais toujours avec le caractère réfractaire des affections cancéreuses.

Gcs distinctions m’ont paru essentielles sous le rapport du pronostic et du traitement.

Engorgemens diffus.

Dans le cas d’engorgement dilfus, le paren«= chyme (i) de l’organe prend de la densité, s’altère, devient d’abord squirrheux et enfin encéphaloïde^ etc. La maladie commence indifféremment par le centre ou la circonférence de l’organe , sans qu’on puisse toujours en fixer exactement les limites par le toucher. Il s’établit souvent dans la suite des noyaux d’une densité plus ou moins grande qui simulent des tumeurs circonscrites.

11 y a, dans ce cas , une sorte de transformation du tissu normal en parenehyme squirrheux ou eérébriforme, etc. , à divers degrés, et d’un aspect homogène ou hétérogène. Lorsque l’en-

(i) Ou entend par parenehyme la substance organisée des viscère»' pulpeux ou glanduleux; j’étends cette acception à tous les organes, pour indiquer le composé organique qui résulte de la combinaisoix de leurs tissus et de leurs fluides spéciaux.

gorgement prc^ente les caractères dont je parie, les ablations partielles de l’organe malade sont ordinairement suivies de récidive , ou plutôt la même affection continue à se développer dans les portions de ce même organe qu’on avait épargnées -comme étant saines.

Lorsqu’on applique a ce genre d’engorgement une compression douce, égale et continue*, si la densité diminue en même temps dans toute l’étendue de la tumeur , et que l’organe revienne à son état normal sans atrophie et sans qu’il reste uil noyau isolé et dense , on doit espérer le même succès que chez les sujets des i , 4 7 1^7 16, 19, 54, 58, 5^ et 6o^ faits.

Si l’engorgement diminue , en laissant un noyau distinct, qui augmente de densité comme dans les i^, 3^, 47 et 56^ faits, il rentre dans la condition des tumeurs circonscrites, dont il sera question dans le paragraphe suivant. Si, au lieu de se résoudre ou de se circonscrire , l’engorgement gagne d’autres parties de l’organe affecté, l’issue du traitement ne sera point favorable, quelque moyen externe ou interne qu’on emploie, comme cela est arrivé au sujet du i2\

Si le parenchyme n’est pas dénaturé , la résolution s’opère dans ce.s, sortes d’engorgemens

en quelques semaines , et si la maladie est plus a\^ancce en trois ou quatre mois ; mais si la désorganisation est survenue , la résolution devient de plus en plus difficile : plus l’organisation est altérée, moins elle est susceptible de revenir à son état normal , et il ne reste enfin de ressource, que dans Fatrophie ou l’ablation.

§• lï-

Tumeurs cù'consc rites.

Une tumeur isolée, mobile ou adhérente ca-!^ ractérise l’affection cancéreuse dont je parle, soit qu’elle ait son siège dans une partie du sein , comme aux 3 , 1 4 , 17, 18,22,23,24,25,37, 47, 5i, 54, 55 et 57®. faits, soit qu’elle occupe toute la glande mammaire, comme chez les sujets des 10, 26 et 44^ faits, soit qu’elle ait son siège dans le tissu cellulaire hors des glandes mammaires , comme dans les 4, 5, 20, 27, 29, 4^? 46 et 5o®. faits.

Dans tous ces cas, la tumeur paraît constituer de prime-abord un engorgement squirrheux ou carcinomateux, quelle que soit la petitesse de son volume. On détermine facilement par le toucher les limites de ces sortes de tumeurs, qui,

liv rces à elles-mêmes , s’étendent, contractent des adhérences avec les parties voisines et se les assimilent.

La résolution de ces tumeurs , traitées par la compression, est d’autant plus difficile qu’elles sont plus denses et plus isolées *, elle n’est pas toujours impossible, comme on peut le voir par les 4 5 54 et 5'^®. faits*, mais il est des cas ou l’on ne peut l’obtenir, comme dans les 10, 4^^ 44 56®. faits. Lorsque l’issue doit être favorable, la tumeur cesse peii-à peu d’être limitée, et son noyau , au lieu de prendre de la densité , en perd chaque jour. On voit par-là que, dans les tumeurs circonscrites, on n’obtient un succès décisif, par la compression , qu’en les ramenant à la condition des engorgemens diifus dont j’aî parle’ d’abord.

Lorsque ces tumeurs ne sont pas enkystées et €|u’on les extirpe , elles repullulent ordinairement, comme cela est arrivé dans les i3, no, 32, 29, Si, 38, et 4^^, faits de la première partie, et le 6®. de la deuxième. Lors, au contraire , qu’on les comprime , toute la périphérie de la tumeur se résout de manière à laisser un noyau qui devient de plus en plus dense , et se change peu-à-peu en substance fibreuse plus ou moins serrée , sans que le parenchyme de l’or--

gane afïbcté reparaisse ^ on a meme vu clans le 36®. fait que toute trace de l’organe malade a disparu par sa conversion en tissu cellulaire.

Il est des cas où le volume de la tumeur et sa densité la dérobent à Faction de la compression , comme cela est arrivé dans les lo et 44*et dans d’autres que je vais citer au paragraphe suivant. La résolution, dans ce cas, lorsqu’elle s’opère, est lente, on arrive à un noyau qui résiste long-temps et ne se change en tissu fihrocelluleux c|u’après beaucoup de temps , comme dans le 26®. fait.

Les engorgemens circonscrits, dont la résolution se termine sous la compression , par la formation d’un noyau plus ou moins réfractaire, se comportent comme les tissus extraordinaires ou les nœvus j on peut les détruire ou les affaisser en les comprimant , mais on ne peut jamais les ramener à l’état normal , parce cpi’ii est un terme oii la texture des organes, en raison des changemens c[u’elle a subis , n’est plus susceptible de i^evenir à son état primitif. On peut en voir des exemples aux 14, 17, 22 et 24^ faits cle la première partie, et aux 2 et 3L de la seconde.

Engorgemens diffïis du sein et Tumeurs circons--

crites simultanés ,

Chez les personnes qui présentent un grand embonpoint é on remarque souvent la disposition suivante : une tumeur circonscrite dans une glande mammaire est associée à une affection générale de Forgane et du tissu cellulaire qui Fentoure; il s y joint consécutivement l’engorgement des ganglions lymphatiques et même celui de la glande mammaire opposée. On peut en voir des exemples aux 6 , y, 32 , 35, 38 et /^5\. faits. Si Fon comprime ces sortes de tumeurs, on dissipe une partie de l’engorgement diffus , mais le noyau principal résiste , et il survient des infiltrations opiniâtres dans le voisinage , comme dans les 6 , y et .35^ faits ; si Fon opère 5 la récidive a lieu , soit qu’on comprime après l’opération comme aui 4-^^* ^ qu’on ne

comprime pas immédiatement, comme au 38%

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