DOSES - MORTELLES PH DU MÉLANGE RÉSULTATS DU VENIN
| 6,8 ÿ Mort.
5 doses 7,4 Survie, 7,6 2 8 rss
Quant au précipité employé pur, il s’est montré atoxique, même correspondant à 20 doses minima mortelles.
Avec le thiolactate de sodium, nous avons obtenu des résultats identiques, mais avec cette différence toutefois que l’action de ce composé se manifeste à un PH plus bas que dans le cas de glutathion. En effet, le mélange complet de deux doses de venin d’abeilles avec 20 mmgrs de thiolactate de sodium neutralisé au PH 7,6 à 8, 4, provoque la mort, mais les mêmes solutions neutralisées au PH 6,8 à 7,2, permettent la survie des animaux. Après séparation du précipité formé, le liquide correspondant à 5 doses mortelles, manifeste une notable toxicité, puisqu'on ne parvient qu’exceptionnellement à sauver les animaux à un PH d'environ 7,6.
En conclusion, on voit que : 1° — le précipité peut être considéré comme atoxique ;
2° —— la toxicité du mélange varie avec son PH ;
3° — la toxicité du liquide, après séparation du
Hope
vrécipité, est beaucoup plus faible que celle du méiange. ;
A ces expériences poursuivies sur la souris, ajoutons celles réalisées sur le cobaye. Elles aussi permettent de vérifier nettement le pouvoir réducteur de glutathion. En effet, alors que le venin pur détermine, comme nous l’avons vu, une broncho-constriction puissante, après action du glutathion il n’agit que faiblement et même il n’agit plus. Les graphiques 4
et 5 sont bien démonstratifs à ce point de vue.
Fig. 4 et 5. — Cobayes de 400 g. Le cobaye de là fig. 4 a reçu du | venin pur. Bronchospasme intente. Le cobaye de la fig. 5 a reçu la même dose de venin neutralisé par le glutathion. Aucune réaction bronchique.
Enfin, j'ai également vérifié le pouvoir neutralisant | du glutathion sur le venin d’abeilles, en me basant sur la réaction locale que détermine ce venin sur l’oreille du lapin, par voie intra-dermique. On sait que
le venin pur provoque normalement une chute évi- : dente de la température locale. Avec le mélange glu- {athion-venin, nous n’avons plus constaté aucune modification thermique. Autre expérience qui appuie les conclusions précédentes.
En ce qui concerne le mécanisme de l’action du glu-
tathion et de l'acide thiolactique, nous pensons qu’il est analogue à celui envisagé pour le cas du venin de cobra. Dans cette éventualité, il faut admettre la présence de groupement disulfure, nécéssaire pour son action toxique. Et cette hypothèse est en effet appuyée sur le fait que le venin d’abeilles montre, après action du cyanure de potassium, une réaction nette au nitro-prussiate de sodium, réaction qui est négative avant l’action du cyanure. ARS,
Ainsi, des composés sulfhydrilés, glutathion et thiolactate de sodium, à des PH déterminés, diminuent la toxicité du venin d’abeilles, vraisemblablement par une action réductrice sur les groupements disulfures
de ce venin.