‹ Recherches sur les abcès multiplesChapitre 7 sur 18 · TROISIÈME EXPÉRIENCE · texte numérisé non relu

TROISIÈME EXPÉRIENCE

Injections fractionnées et à intervalles variables de 26 grammes de pus, puis de 36o grammes d’eau commune, puis de i5 centimètres cubes d’air: après les injections de pus, frissons, vomissements , déjections alvines, émissions d'urine; après chaque injection d’eau, seulement frisson de courte durée ; après l’injection d’air, soulèvement subit de la tête, respiration ample , et au bout de trois minutes retour à l’état ordinaire. Apparition de trois abcès ouverts pendant la vie; exténuation de plus en plus marquée ; mort le quatorzième jour. A l’autopsie, i5 abcès, dont 9 en dehors des viscères, 3 dans un poumon, et 3 dans le rein gauche, contenant tous du pus liquide , excepté 2,011 il est concret. En outre, pus dans trois cavités séreuses (arachnoïde , plèvre gauche et synoviale du coude droit) ; infiltration de sérosité dans le tissu cellulaire du membre thoracique droit ; ecchymose dans V épaisseur du triceps brachial droit ; aspect normal des gros troncs vasculaires artériels et veineux.'

Le 23 août i843, à 1 1 heures 45 minutes, on injecte dans lai veine saphène d’un chien âgé de quatre mois, et de 35 centimètres de haut, un gramme de pus phlegmoneux; on laisse à demeure le tube à robinet dont on se sert pour la première fois; tout le pus entre très bien et ne ressort pas; on a eu soin de faire refluer le sang par le tube pour ne pas injecter d’air.

Jusqu’à midi 20 minutes, rien de notable : le chien, naturellement gai, n’a pas perdu de sa gaieté; son attitude est normale; les mouches qui se posent sur lui ou qui seulement bourdonnent suffisent pour le distraire. A l’heure indiquée, il pousse plusieurs miaulements qui paraissent plutôt exprimer l'impatience et l’inquiétude que la douleur ou le malaise : cependant, après cinq minutes, il vomit les matières qu’il a mangées trois heures auparavant, et qui sont presque entièrement T. XII. 7

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converties en chyme; le vomissement se fait sans effort. Les mêmes gémissements persistent, et, au bout de cinq minutes, l’animal, qui est dans une loge, se lève pour aller vomir de nouveau une petite quantité de matières de même nature que les premières, mais plus altérées et tout-à-fait méconnaissables. Sa démarche est assurée.

A partir du deuxième vomissement, tout gémissement cesse; le faciès est un peu triste et abattu : quelques minutes après qu’il s’est recouché, des tremblements légers parcourent toute la surface du corps, puis il en vient un prononcé qui dure une demi-minute; après ce frisson, l’animal se pelotonne et reste calme, sans frisson, peu sensible aux caresses.

A i heure 5 minutes, il se lève et va vomir, après trois ou quatre efforts, des matières grisâtres, muqueuses, plus visqueuses que du blanc d’œuf; puis il rentre se coucher. On lui présente de l’eau , et il boit assez abondamment.

A i heure i5 minutes, il se lève de nouveau, va vomir sans effort une nouvelle quantité des mêmes matières mélangées d’eau, et revient se coucher : pendant cinq minutes, des frissons tantôt forts, tantôt faibles, parcourent tout le corps. Il boit quelques gorgées, puis il se lève et va vomir, après huit ou neuf efforts, une très petite quantité des matières indiquées, mais cette fois teintes en jaune citrin. Il se couche quelques instants dehors malgré la pluie, et rentre ensuite se coucher dans sa loge. Il est presque insensible au bruit extérieur et aux caresses; depuis les premiers vomissements, il ne lèche plus le linge dont on a enveloppé sa plaie. Des frissons forts ou faibles parcourent toujours le corps.

A i heure 45 minutes, il se lève de nouveau, et vomit comme la dernière fois. Il semble vouloir s’en aller; on le rentre et il se couche; il répond mieux aux caresses et s’occupe davantage du monde extérieur. Les frissons continuent.

A 2, heures 5 minutes , le frisson n’a pas cessé; l’animal se lève, va boire dans un vase placé près de lui et se recouche. Une mi-

DANS LESQUELS ON OBSERVE LES ABCÈS MULTIPLES. 5l

nute après, le frisson devient plus intense ; les membres et tout le corps de l’animal tremblent. Il se lève, boit, et se recouche aussitôt; au bout d’une demi-minute, il se lève encore et va vomir des matières liquides, aqueuses; puis il a une selle peu copieuse de matières assez bien liées, après quoi il rentre se coucher : la démarche est lente, la queue baissée, l’œil morne; il n’est plus attentif aux caresses ; le frisson continue. A.u bout d’une minute, il boit de nouveau, change souvent de situation, et à peine est-il resté cinq minutes dans sa loge qu’il sort encore, vomit abondamment un liquide coloré en vert, fait des efforts impuissants pour aller à la selle et rentre se coucher. Sa démarche est chancelante.

A 2 heures 58 minutes, il se lève encore pour aller vomir un liquide presque incolore, un peu écumeux ; il urine et fait ensuite des efforts impuissants de défécation : il fait quelques tours dans la cour avant de revenir se coucher. Il est moins indifférent; sa démarche est un peu plus assurée. Le frisson cesse.

A 3 heures 3 minutes, il boit de nouveau et sort immédiatement pour vomir : les vomissements sont précédés d’efforts ; il n’urine pas, et ne fait aucune tentative de défécation. Sa démarche est encore plus assurée; il rentre, s’assied une demiminute, boit encore et se couche.

A 3 heures 35 minutes, il se lève pour boire, se recouche une demi-minute, va ensuite vomir un liquide aqueux ; urine et rentre sans essayer de lâcher des excréments. Le tremblement ou frisson avait reparu avec des intervalles d’intermission. La respiration est à 36 par minute.

A 3 heures 4o minutes, il boit encore et se recouche.

A 3 heures 55 minutes, il sort pour uriner, fait des efforts impuissants de défécation, mais il ne vomit pas. Il revient boire et se couche.

A 4 heures, il sort pour vomir, et rentre aussitôt se coucher,. Il n’a plus de frisson.

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A 4 heures i5 minutes, il boit abondamment.

A 4 heures 25 minutes, il se lève encore pour boire et se recouche.

A 6 heures 45 minutes, l’animal paraît remis complètement; il marche, joue, caresse.

A 7 heures, on injecte dans la même veine, par le tube à robinet laissé à demeure, un quart de gramme de pus étendu de 2 grammes d’eau.

Quelques minutes après l’injection, l’animal devient un peu abattu; il éprouve quelques très légers frissons, et ne caresse plus : le même état persiste jusqu’à 7 heures 3o minutes, où on l’abandonne.

Le 2.4, à 6 heures du matin, on le trouve gai, caressant; il joue même: seulement, il est faible sur ses jambes.

A 3 heures i5 minutes du soir, l’animal paraissant complètement remis, on injecte par la même veine un gramme de pus phlegmoneux recueilli le matin, et étendu d’urie petite quantité d’eau.

A 3 heures 27 minutes, il urine, et presque aussitôt il est pris d’un frisson prononcé; il boit à plusieurs reprises, et va se blottir dans un coin, ce qu’il n’avait pas encore fait.

À 3 heures 5o minutes, le frisson a cessé; l’animal vient boire, il ne prend qu’une petite quantité d’eau.

A 4 heures 20 minutes, nouvelle injection d’un gramme du même pus étendu d’un peu d’eau , et toujours par la même veine.

A 4 heures 4° minutes, frisson. On quitte l’animal.

Le 25, l’animal est caressant, mais il est faible, peut à peine se tenir sur ses pattes, a le nez chaud , cherche le soleil , et refuse de manger les morceaux de viande cuite qu’on lui donne. On le laisse sans faire de nouvelle injection.

Le 26, même état que la veille; sa langue est nette; mais il reste tapi dans un coin, remue la queue pour répondre aux caresses, sans se déplacer cependant quand on l’appelle. Lorsqu’on

l’apporte au milieu de la chambre, il retourne lentement à sou coin ; pendant sa marche, celle des deux jambes postérieures qui n’a pas été injectée est maintenue soulevée, et ne touche pas au sol, comme si l’animal y éprouvait de la douleur. Le nez est froid. On ne trouve dans la chambre que des traces d’urine.

A i heure 2.5 minutes du soir, injection d’un tiers de gramme de pus étendu de 2 grammes d’eau : ce pus est très épais, et provient d’un furoncle phlegmoneux dont il est tiré depuis cinquante-deux heures; l’injection est faite par la saphène droite, les autres avaient été pratiquées dans la saphène gauche. Après cette injection, l’animal retourne se blottir dans son coin.

A 1 heure 3o minutes, il est pris d’un frisson.

A 1 heure 37 minutes, il se lève pour aller vomir dans un autre coin de la chambre, et après plusieurs efforts, des matières de consistance de bouillie claire, de couleur brun chocolat, mêlées d’un peu de sang (il avait léché sa plaie); après ces vomissements, il va uriner dehors et revient se coucher dans son coin.

A 1 heure 55 minutes, le frisson a cessé.

A 2 heures 5 minutes, il vomit encore, et a deux selles, la première composée de matières en partie dures et en partie liquides, la seconde entièrement liquide, jaune et en petite quantité. Il revient se coucher à la même place , ne donnant plus aucune marque d’attention aux caresses.

A 3 heures, il se lève, fait lentement le tour de la chambre, boitant toujours de la jambe postérieure droite , sort pour uriner et va ensuite vomir contre un mur, après plusieurs efforts, des matières liquides, incolores, un peu mousseuses. Le frisson n’a pas reparu.

A 3 heures 25 minutes, il tremble de nouveau ; sa respiration est plus haute; il va se coucher au soleil ; le tremblement s’arrête.

A 4 heures, il rentre, et va se coucher à la même place après avoir bu un peu d’eau.

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Ou le quitte à 4 heures 3o minutes; il n’avait rien éprouvé de nouveau.

Le 27 au matin , on voit que l’animal a uriné deux fois la nuit; il est très faible, mais assez gai; il répond bien avec la queue aux caresses; la jambe postérieure droite sert toujours très peu dans la marche.

Jusqu’à midi, le même état persiste, mais en s’améliorant un peu. On injecte alors le reste du pus d’hier, qui se compose d’un quart de gramme qu’on étend d’un gramme et demi d’eau. — Cinq minutes après l’injection, il est pris d’un frisson assez fort, et deux minutes plus tard il se lève et va vomir, après trois ou quatre efforts , une petite quantité de matières grisâtres un peu brunes; il urine aussi assez abondamment sans avoir bu. Après douze minutes, nouveau vomissement de mêmes matières, mais plus blanches,

A midi 4o minutes, il va à la selle avec des épreintes, et rend quelques matières demi-liquides jaunâtres; il vomit aussi des matières demi -transparentes jaunâtres, après plusieurs efforts. Il tombe ensuite comme exténué, et, au bout d’un instant, rentre se coucher dans son coin.

A 1 heure, nouveau vomissement jaune avec efforts multipliés, nouvelle chute d’exténuation dans laquelle il reste trois minutes et demie ; il se relève ensuite, demeure un instant debout comme dans l’attente du vomissement, rentre, va vers le vase d’eau qu’il flaire, puis il l’abandonne pour se coucher.

A 1 heure io minutes, il se lève, reste pendant trois minutes debout, se promenant comme dans l’attente du vomissement, va flairer plusieurs fois l’eau et se recouche sans boire ni vomir. Le frisson, qui a cessé après le premier vomissement, ne s’est pas reproduit.

Le 28, l’animal est rétabli; il est caressant et peut marcher, quoique d’une manière peu assurée, sur ses quatre membres.

A midi 3o minutes, injection de 3 grammes de pus phlegmomeux récemment extrait et étendu d’un gramme d’eau; cette

in jection est pratiquée dans la veine saphène externe droite, qu’on dénude dans une nouvelle étendue.

A midi 33 minutes, l’animal se lève, et a une selle de matières jaunes en consistance de bouillie, évacuation suivie encore de plusieurs efforts qui n’amènent presque rien.

A midi 4o minutes, frisson marqué surtout dans le train de devant, et qui ne dure que cinq minutes. L’animal a encore une selle jaune très liquide, urine une fois, vomit à trois reprises différentes, et se laisse tomber une fois à côté du vomissement. Il change souvent de place, va plusieurs fois flairer l’eau, et n’en prend qu’une petite quantité ; enfin, il s’étend sur le flanc, et garde cette position jusqu’à i heure 45 minutes, époque où il commence à remuer sa queue en signe de caresse, et cherche à attraper les mouches qui se posent sur lui.

Le 29, de 1 1 heures à 1 heure, on injecte, en trois fois différentes, 6 grammes de pus fluide, mêlé d’un peu de sang, retiré à 9 heures d’un abcès du sein ouvert depuis plusieurs jours. Après chaque injection, un frisson a lieu; l’animal urine, vomit, a une évacuation alvine très peu copieuse, puis semble se rétablir et répond aux caresses.

Le 3o, on injecte, en trois fois, i3 grammes et demi de pus provenant d’un bubon syphilitique , et extrait depuis quarantehuit heures. On observe, après chaque injection , les mêmes phénomènes que la veille. — 180 grammes d’eau commune sont ensuite injectés, dans l’espace d’une heure et demie, par doses de i5 grammes: à chaque injection, on voit le ventre de l’animal se gonfler d’une manière évidente; un frisson de courte durée survient chaque fois, mais on n’observe ni vomissements, ni selles, ni émissions d’urine.

Le3i, l’animal est très faible; il demeure continuellement couché, et répond, sans se lever, aux caresses qu’on lui fait. — On fait, de quart d’heure en quart d’heure, des injections de i5 grammes d’eau commune ; douze injections sont ainsi successivement pratiquées toujours dans la même veine, et après

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chacune la base de la poitrine et le ventre se tuméfient d’une manière manifeste, mais pour peu de temps; il y a chaque fois un frisson de courte durée. — On fait une treizième injection de i5 centimètres cubes d’air : immédiatement l’animal soulève la tête, respire amplement, s’agite pendant trois minutes, et retombe dans son état ordinaire.

Le Ier septembre, on aperçoit, sur le côté gauche de la base de la poitrine, une tumeur proéminente.

Le 2 , une tumeur semblable, mais un peu moins élevée, se montre au côté opposé de la base de la poitrine.

Le 3, on en découvre une troisième sur la face externe et supérieure de la cuisse droite; on ouvre d’abord celle de la cuisse, qui fournit près de 16 grammes de pus blanc épais, bien lié, louable; puis on ouvre celle du côté gauche de la poitrine, qui fournit un pus de même qualité; celle du côté droit donne une moindre quantité de pus, qui est beaucoup plus liquide.

Le 4? ce chien est très faible; il marche encore, mais péniblement et un peu pelotonné; quand il se couche, il s’appuie d’abord sur son museau, puis il fléchit les quatre membres. Il cherche le soleil, et dans les intervalles où celui-ci ne luit pas, il revient se coucher «à côté d’autres chiens, de manière à les toucher par une grande surface, et appuyant toujours sa tête sur eux. Il ne boit pas et ne prend aucun aliment.

Le 5, il boite de la patte antérieure droite; quand il marche, il pose sur le sol la face dorsale de cette patte au lieu de sa face plantaire; il change à chaque instant de place, fait entendre des cris de douleur assez forts et de plus en plus multipliés. Tl va boire deux fois; mais chaque fois il tombe en approchant son museau de l’eau, et plonge la tête dans la terrine.

A i heure 5 minutes du soir, ses cris sont aigus et presque continuels; il est couché dans un coin, où il demeure à peine deux minutes dans la même position.

A 2 heures i5 minutes, il vient se coucher sur un autre chien

également soumis aux injections de pus, et cesse momentanément de crier.

A 2 heures 35 minutes, les mêmes cris recommencent.

Le 6 au matin, ou le trouve mort à trois pas du lieu où il était couché la veille.

Ouverture , faite le 6, à 8 heures du matin.

Examen des membres et du tronc. Il existe une infiltration de sérosité vers la partie supérieure et interne du membre thoracicjue droit, dans le tissu cellulaire sous-cutané; du pus jaune très liquide dans l’articulation du coude, dont les cartilages sont sains et très blancs; des ecchymoses dans le triceps brachial, au-dessus de l’olécrane.

Le foyer de la paroi thoracique droite, ouvert pendant la vie, égale la largeur d’une pièce de trois francs, s’étend sur les deux, avant-dernières côtes, et renferme un peu de pus; celui du côté gauche est placé sur l’avant-dernière côte ; celui de la cuisse est également cicatrisé. Il n’existe qu’une ecchymose ou tache rouge autour de ces foyers.

Entre les deuxième, troisième et quatrième côtes gauches, en comptant d’avant en arrière, et sur les cartilages de ces côtes, existent cinq autres foyers dont le plus gros'est d’un centimètre de large et d’un centimètre et demi de long, et le plus petit de cinq millimètres. Le pus est épais et très légèrement rougeâtre. Les parois des foyers sont taillées à pic, sans engorgement, mais avec une ecchymose.

Un dépôt de matière jaune, concrète et de consistance de mie de pain rassis, se rencontre sur la première côte gauche, près la colonne vertébrale.

Examen des cavités splanchniques et des viscères. Epanchement de sérosité lactescente jaunâtre, avec des espèces de grains concrets blancs-jaunâtres dans l’arachnoïde. Cerveau dérouleur et de consistance normales.

Les deux plèvres sont fortement injectées, principalement la gauche, qui contient, tout le long du sternum, du pus jaune,

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