EN DE : 12,9 » 14° DOS N EST
Eau distillée "1% II »
Le phénol donne des effets plus intenses que l’eau. C’est aussi ce qu’a observé J.-J. Thomson par écrasement des gouttes. Mais le signe de la charge demeure invariable lorsqu'on étend la solution. Peut-être faut-il rapprocher ce résultat des observations de Pacini (t) sur les colorants basiques.
(1) Pacni, Atti Accad. Lincei, t. XIII, p. 559 et 617.
Nous n’avons pas poussé plus loin les observations au cylindre de Faraday pour la raison suivante :
Lorsqu'on a obtenu un liquide neutre (HCIÆ normal par exemple), il est possible de montrer que ce liquide donne encore des effets très intenses au barbotage : il émet alors en quantité égale des charges positives et négatives, d’où résulte une compensation parfaite lorsqu'on recueille les deux charges à la fois.
Si l’on veut s'assurer qu'un gaz est neutre, 1] convient de l'envoyer dans un condensateur et de voir si ce dernier, chargé à une différence de potentiel convenable, ne recueille rien quel que soit le signe de la charge. Avec les gaz du barbotage cette expérience donne le résultat suivant. À part quelques liquides, comme l’huile de vaseline, la benzine, le pétrole, l’essence de térébenthine, qui ne donnent aucun effet (liquides inactifs), tous les liquides donnent par barbotage des charges des deux signes. Ces charges sont généralement inégales ; l’excès de l’une peut alors se manifester au cylindre de Faraday. Le plus souvent, surtout pour les solutions concentrées, les charges sont à peu près égales, chacune d'elles prise isolément étant beaucoup plus notable que leur différence. On arrive alors à comprendre aisément ce qui se passe au point neutre : ce point est celui où les charges libérées se compensent exactement.
Il est probable que cette compensation lient en partie aux conditions où l’on opère. Nous verrons bientôt que, dans certains cas, les charges positives et les charges négatives semblent transportées par des particules assez différentes. Des dissymétries dans la mobilité et dans la diffusion peuvent alors créer une neutralisation apparente, suivie d’une inversion. Remarquons toutelois que les points d’inversion présentent une certaine fixité. S'ils dépendent du dispositif expérimental, c'est seulement à un assez faible degré; ils sont déterminés principalement
par la nature chimique du liquide. C’est ainsi qu’une liqueur amenée au point neutre dans le barboteur Villiers demeure sensiblement neutre avec des barboteurs d’autre nature ; la forme des connexions et des appareils de mesure influe à peine sur le point d’inversion; un liquide neutre dans un certain dispositif est demeuré tel au bout de deux ans quand on l’a étudié avec un dispositif tout différent.
Quoi qu’il en soit, le point qui doit retenir l'attention est le suivant : Les actions de barbotage libèrent simultanément dans le gaz, en quantité égale ou inégale, des charges des deux signes. Il est clair dès lors que ces actions ne peuvent plus être considérées comme de simples électrisations; il reste à établir qu’elles présentent tous les caractères de l’zonisation.