Grandeur et nombre des particules
Ce résultat nécessite quelques remarques.
D'abord, si nos particules chargées portent une charge double ou triple de la charge électrique élémentaire, il devient impossible de les distinguer des ions à charges multiples signalés par Townsend et par Franck et Westphal. Lorsque nous admettions, au début de ce Chapitre, qu’il est toujours possible de caractériser les zons et de Îles distinguer des poussières chargées, par le fait qu'ils transportent une quantité fixe d'électricité égale à e, nous imaginions que les poussières transportent des quantités
(1) Voir J. TownsEND, Proceed. Roy. Soc., t. LXXXI, 1908, p. 464.
(2) Cf. LaTTEY, Phil. Mag., t. XNIIL, 1909, p. 26.
(5) Voir FRANcKk et WEsTPHAL, Verh, deutsch. Phys. Ges.,t. XI, 1909, p. 146.
(4) Voir aussi les déterminations récentes de F. EHRENHAFT et K. PrziBRAM (Phys. Zeitsch., juillet 1910).
variables, c’est-à-dire des multiples très élevés de la charge électrique élémentaire. Il n’en est rien. Nous venons de voir que les poussières électrisées transportent une charge qui est double ou triple seulement de la charge élémentaire ; il n’est nullement exclu par nos mesures qu'une certaine parlie d’entre elles transporte cette charge elle-même. Alors toute distinction s’efface entre elles et les ions simples ou multiples. Nos particules chargées peuvent indifféremment s'appeler des poussières électrisées ou des ions d’origine électrostatique.
Connaissant les valeurs de e! et de K/, nous trouvons immédiatement, par la formule (2), le rayon de la particule. Si nous faisons ce calcul, il vient r — 0.4, 1078. Ce résultat est absurde. Nous arrivons à un nombre bien inférieur au diamètre moyen des molécules. Il faut en conclure que la formule (2) n'est pas légitime dans le cas qui nous occupe. Les centres dont il s’agit sont trop petits pour qu'on puisse leur appliquer le raisonnement de Stokes. Comme la formule de Stokes s’est montrée valable pour des rayons de l’ordre de 3. 107€, comme d’autre part les diamètres moléculaires sont de l’ordre 1078, il nous semble qu’on ne s'éloigne pas trop de la vérité en assignant aux centres ci-dessus un rayon de l’ordre de 1077. Cette hypothèse est en parfait accord avec tout ce que nous avons présumé de l’extrême petitesse des centres. Elle explique pourquoi les particules échappent à l’examen ultramicroscopique.
Enfin, nous pouvons, à l’aide de ce qui précède, évaluer d’une manière approchée le nombre de particules neutres libérées dans les réactions chimiques.
Le courant recueilli dans les expériences statiques (voir ci-dessus, p. 172) augmente linéairement avec le voltage. On interprète très bien ce phénomène en concevant que les centres chargés sont immédiatement captés par le champ et qu'à partir d’un certain voltage nous
avons toujours la saturation (!). Alors les variations du courant avec le voltage tiennent seulement à ce que la charge e/ varie proportionnellement à celui-ci. On aurait en tous cas, pour les voltages élevés,
(5) I= Ne
Î désignant le courant recueilli (en unités électrostatiques) et N le nombre total des centres émis par seconde dans la réaction.
Nous avons vu qu’on obtient aisément, sous le champ de 4 boîtes, des courants de 250 divisions en 2 secondes.
Ceci correspond, étant donnée la sensibilité de l’électro-
mètre (?), à une variation A La capacité totale ) dt 4500 7 mesurée en place par la méthode du partage des charges,
a été trouvée égale à 125 environ. On a donc