C. Un peu en dehors de l'antenne latérale
L’encéphale de Sigalion squamatum DELLE CHA, celui de S. Mathildæ Aup. et H. Mrex. Enw. ne différent pas d’une façon sensible de celui de Leanira Giurdi. Les diverses Sthenelais que j'ai examinées (S. Zduncæ Rarake, S. fuliginosa CLpD., Sth. limicola Eur... Sthenelais sp.) présentent aussi la même disposition que je viens de décrire, avec des modifications sans grande importance.
La structure histologique des différentes parties est ici la même que chez les Polynoiniens.
Hermioniens. — Je n'ai étudié parmi les Hermioniens que l'Hermione hystrix Say. dont l'encéphale se laisse ramener au schéma établi plus haut pour les Polynoiniens, ainsi que le montrent les coupes transversales de la fig. 55.
Se CA Ce
Fig. 53. — Hermione hystrix SAv. Coupe transversale dans le lobe céphalique, passant dans la région antérieure du ganglion optique.
CONNECTIFS
Pruvor [85] a montré que, chez les formes qu'il a étudiées (Nepthydiens, Euniciens, Phyllodociens, Tomoptéridiens, Ophéliens, Serpuliens) chacun des connectifs prend naissance dans l’encéphale par deux racines dont l'une sort de ce qu'il appelle le centre stomalo-gastrique (cerveau antérieur RacovirZza), l’autre étant émise par le centre antennaire ; les recherches ultérieures sur la morphologie de l'encéphale ont permis de diviser le centre antennaire en deux cerveaux (cerveau moyen, cerveau postérieur), et l'on peut aujourd’hui préciser l’origine des connectifs: c'est du cerveau moyen que sortent les racines émises par le centre antennaire.
Toutes les recherches faites depuis le travail de PruvoT sur le système nerveux des Annélides tendent à prouver que le schéma élabli par cel auteur reste valable dans toutes les familles et nous
avons eu l'occasion de voir qu'il s'applique aussi dans le cas des Aphroditiens ; je n'ai rien à ajouter à ce que j'ai dit plus haut sur l'origine des connectifs œæsophagiens.
Chaque connecüf prend donc naissance dans l’encéphale par deux racines, l’une émanant du cerveau moyen, l’autre issue du cerveau postérieur. La première contourne le palpe en passant au-dessous ou, si l’on préfère, en dedans de la base de cet organe; l’autre passe au contraire en dehors en en dessus. Dès leur sortie du lobe céphalique les deux racines se réunissent pour constituer le connectif ; au point où s'opère leur jonction il existe toujours, chez les Aphroditiens, un amas de cellules constituant un ganglion plus ou moins développé qui n'est autre chose que le premier ganglion de la chaîne ventrale remonté le long du connectif ; c’est en effet de ce ganglion commissural que part le nerf destiné au parapode du premier segment.
Le connectif contourne la gaîne pharyngienne en se dirigeant vers la face ventrale de l'animal et vient, après un trajet assez court, s'unir sur la ligne médiane ventrale au connectif du côté opposé ; le point de réunion marque le début de la chaîne nerveuse ventrale ; sa position dans le corps est assez variable ; en général il se trouve placé au niveau des parapodes du quatrième segment ou dans la région antérieure du cinquième; le collier nerveux périæsophagien présente donc un diamètre assez considérable ; ceci est absolument nécessaire pour permettre le passage de la trompe pharyngienne rigide, lorsque l'animal projette cet organe; d’ailleurs plus la trompe est développée et plus l’origine de la chaine ventrale est reporlée en arrière, ce qui revient à dire que le diamêtre du collier périæsophagien varie dans le même sens que celui de la trompe.
C'est ici le lieu de signaler une erreur de CLAPAREDE [68] en ce qui concerne l’origine des nerfs; il dit que chez la :Sfhenelais clenolepis CLpp. le premier nerf quise détache de la chaîne ventrale est destiné au cinquième segment et que les quatre premiers anneaux recoivent leurs nerfs des connectifs.
Nous avons déjà vu quelle est, chez tous les Aphroditiens, l'origine des nerfs du premier segment: ils partent du ganglion commissural ; en ce qui concerne les trois autres nerfs visés par CLAPARÈDE, les apparences plaident en effet en faveur de l'opinion qu'il a émise ; je n'ai pas étudié la Séh. clenolepis ; mais Leanira Giardi présente
une disposition tout à fait analogue à celle que signale le savant génevois; les nerfs des segments 2, 3, 4 paraissent naitre des
Fig. 54. — Leanira Giardi n. sp. Partie ventrale de coupes transversales passant A,un peu en avant du point où les connectifs se séparent de la chaîne ventrale.
B. Un peu plus en avant.
Cp. Connectif Np II à Np IIIT, nerfs pédieux des segments IT à III.
connectifs ; ce n’est là qu'une apparence : en réalité l’on peut, sur les coupes, se convaincre que ces nerfs ont leur origine réelle dans la chaîne ventrale el qu'ils sont simplement accolés aux connectifs sur une partie de leur trajet (fig. 54).