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Quelques Polynoiniens font exception à la règle générale dans leur tribu. Quelques-uns sont pélagiques : ViGuiEr [s6] mentionne et décrit très brièvement une Polynoe pelagica qui n’est d’ailleurs peut-être qu'une forme jeune ; MICHAELSEN [92] a dédié à Drixscn, qui l'avait découvert à Ceylan, un Polynoinien pélagique, Drieschia pelagica ; enfin le Nectochæta Grimaldii signalé par Vox MARENZELLER [92] est bathypélagique. L'on voit que ce quatrième groupe est Jusqu'ici composé d’un nombre de formes très restreint.
Commensalisme.
La cinquième série, beaucoup plus importante est constituée par les Polynoiniens qui jouent le rôle d’épizoaires. Je reprends ici, en la complétant d’après les travaux récents el d’après mes recherches personnelles, une énumération des cas de commensalisme ou de parasitisme de Polynoiniens faite déjà par DE SAINT-JosEPx (88). Tous les groupes, ou presque, sont comme on le verra, mis à contribution par les Polynoiniens commensaux.
Spongiaires. — Une éponge hexactinellide, Euplectella aspergillum, qui contenait aussi la curieuse Syllis ramosa a fourni à Mac-I[Ntosx [85] la Lagisca hexactinellidæ qui, comme la plupart des formes commensales d’ailleurs, est d’une transparence tout à fait remarquable.
Dans le même spongiaire vit une espèce des plus fragiles, la Polynoe euplectellæ qui, d’après Mac-Inrosx [85], ne doit pouvoir s'adapter à aucun autre génre de vie que le commensalisme.
Cælentérés. — C'est sur un Alcyonniaire du genre Xeniu que SEMPER à trouvé aux Philippines l'animal décrit pars GRUBE [78] sous le nom de Polynoe rutilans ; cet Aphroditien présentait la même coloration rouge que le Cœlentéré qui lui servait de support.
D'autre part, un coralliaire, Acanella Norimani a fourni à VERRILL [85] la Polynoe Acanellæ.
La Polynoe asterolepis décrite par HasweLL [83] vit sur un Tubipora.
Il nous reste enfin à citer ici la Polynoe aurantiaca VERRILL qui vit entre les tentacules d’une actinie, la Bolocera Tuedice.
Mollusques. — Parmi les Mollusques, Cryptochiton Stelleri abrite dans son repli branchial l'Halosydna Lordi BarD que l’on rencontre aussi entre le manteau et le pied de certains Fissurellides, Glyphis aspera et Fissurella cratitia.
Lucapina crenulata porte souvent, dans la cavité comprise entre le manteau et le pied un magnifique Polynoinien que Jonnsox [97] appelle Polynoe pulchra, mais qui doit rentrer dans le genre Lepidasthenia.
Mais, parmi les Invertébrés marins, deux groupes sont particulièrement riches en formes parasitées par des Polynoiniens : nous voulons parler des Echinodermes d’une part el des Annélides de l’autre.
Astérides. — Les Astérides nous offrent tout d’abord un certain nombre d'exemples : beaucoup de ces animaux portent en effet des Polynoiniens qui, circulant dans les sillons ambulacraires doivent, en se tenant au voisinage de l’orifice buccal, accaparer au passage une partie de aliments de l’échinoderme.
J’ai souvent trouvé à Cette des As#ropecten aurantiacus et des A. bispinosus abritant ainsi un exemplaire d’Acholoe astericola DELLE CHiaïE. VON MARENZELLER [74] avait déjà confirmé ce fait de commensalisme signalé pour la première fois par DELLE CHIAJE | 41 |, puis par CLAPARÈDE | 70] (1). En même temps, le savant viennois note qu'à Trieste les Astropecten pentacanthus et À. platyacanthus peuvent aussi porter des Acholoe. PaxcERI [75] ajoute à cette liste des hôtes d'Acholoe astericola la Luidia fragilissima ; HARVEY GIBSON y joint encore l’Aséropecten irregularis, car l'animal qu'il décrit sous le nom de Malmgrenia castanea n’est autre que l’Acholoe, déjà signalée d’ailleurs comme commensale de cet Astropecten par CARRINGTON qui l'appelle Polynoe asterinæ (D. Mac-INrosux [76a]). C'est sur cet Astropecten que l'Acholoe vit à Concarneau (GraRD én litt.).
HOoRNELL |91| a rencontré Harmothoe lunulata sur le même À. irregularis. CARRINGTON avait aussi mentionné ce fait de commensalisme.
(1) Je n'ai, par contre, jamais trouvé la Stephania flemuosa, Hésionien que CLAPAREDE signale comme vivant, en compagnie de l’Acholoe, sur l’Astropecten aurantiacus.
AE
JOHNSON 197] dit que sur Asterias ochracea, A. Troschelii et probablement aussi sur d'autres espèces d’As/erias vit un beau Polynoinien qui a été décrit par BaïRp {65 | sous le nom d'Halosydna fragilis, mais qui doit rentrer dans le genre Lepidasthenia. Cet animal ne vit probablement pas confiné dans les sillons ambulacraires, car sa coloration est telle que, une fois placé sur la face dorsale de son hôte il devient très difficile à apercevoir.
J. BONNIER à draguë au large du Portel (Pas-de-Calais) un Solaster papposus portant comme commensal l'Hermadion fugax Gp (©. Grarp [90]) (1).
Enfin HoRrNeLL [91] à trouvé Hermadion pellucidum YuLers sur Asfropecten irregularis el sur Solaster papposus.
Ophiurides. — Ce même Hermadion pellucidum a été üfouvé sur Ophiothrix alopecurus par Von MARENZELLER |75] et sur Ophiocoma rosula par HorNELL | 91 |.
Les collections du laboratoire de Wimereux contiennent des Hermadion pellucidum trouvés par Grarp sur Ophiothrix fragilis à la Pointe-à-Zoie.
Echinides. — De nombreux échinides nous présentent aussi des épizoaires appartenant au groupe qui nous occupe.
Malingrenia (Harmothoe) castanea Mac-INrosx vit sur le Spalangus purpureus.
Hermadion assimile Gr. et Kroy. a été trouvé par Harvey Gasson près de la bouche de l’EÆchinus esculentus.
GRUBE | 76] a signalé la présence de Polynoe (Harmothoe) cirrala sur les zones ambulacraires du Spatangus spinosissimus.
Sars [72] a trouvé l’Hermadion hyalinus sur l'Echinus rari- Spinus. :
Notons en outre, avec GiarD [s6|, la présence sur l'£chinus esculentus TE. sphæra de l'Hermadion echini Gn qui présente un mimétisine très net.
Enfin, j'ai trouvé à Cette l’Hermadion Sabatieri n. sp. vivant sur le Sérongylocentrotus lividus.
(1) Granp (2 tt.) admet que Wermadion fugax n'est fort probablement qu'une variété d’Zermadion pellucidium Eur.
Holothurides. — Les Holothurides sont aussi mis à contribution par les Polynoiniens commensaux.
Grarp a décrit l'Ævarne (Harmothoe) pentactæ qui se dissimule fort bien, grâce à son mimétisme, à la surface du corps de la Cucumaria Planci.
Jonnson [97] cite comme très mimétique également la Po/ynoe (Lepidasthenia) pulchra, lorsqu'elle vit sur l’Holothuria californica.
J'ai vu, dans les collections du laboratoire de Wimereux un Lepidonotus d'espèce nouvelle commensal des Synaptes ; il avait été recueilli aux îles Glénans; ce même ZLepidonotus est très abondant aussi à Roscoff et à Concarneau, il paraît plus fréquent sur S. digitata que sur S. inhaerens (GraRD, in lit.)
Parmi les Annélides, ce sont surtout les sédentaires qui sont attaqués par des Polynoiniens, ainsi qu’il est d’ailleurs assez facile de le prévoir.
Serpuliens. — J'ai toujours trouvé à Cette Lepidonotus clava MoxT., Lagisca extenuata GR, Haïrinothoe impar JonNsToN et Hermadion pelluciduin ExLers dans les amas en bouquets formés par les tubes calcaires de deux Serpuliens, Vermilia infundibulum et Hydroides pectinata ; à maintes reprises j'ai rencontré les quatre formes, mais surtout la troisième dans les tubes vides de Vermilia ou d'Hydroides. Cette observation est à rapprocher de celle de DE SainT-Josepx | 88] qui a trouvé Lagisca extenuata dans un tube vide de Serpula vermicularis. En ce qui concerne les Hermadion, je suis disposé à croire que le fait est purement accidentel et que ces animaux vivent plutôt sur les Sérongylocentrotus lividus toujours très abondants dans les cavités que laissent entre eux les tubes de Serpuliens. Et, pour Lagisca extenuata et Harmothoe ‘impar j'ai pu constater bien souvent à Wimereux que ces formes vivent en grande abondance sous les pierres, à la côte ; comme la plupart des Aphroditiens elles sont lucifuges et elles ne doivent chercher dans les bouquets de tubes de Serpuliens qu’un abri contre la lumière, trop vive pour elles à la faible profondeur où je les rencontre. J'ajouterai qu'elles y trouvent en même temps une nourriture abondante, chacun de ces amas servant aussi d’abri à un nombre vraiment prodigieux de petits crustacés (Amphipodes surtout).
RTE
Térebelliens. — De Sanr-Joserx | 88] a trouvé une Harmothoe picta DE ST-Josepx dans un tube de Terebella (Lanice) conchilega vide. Dans un tube, également vide, du même animal, MaLaqQuiN | 90] a vu un exemplaire de Lepidonotus squamatus L.
Mais, alors même qu'ils sont encore habités par l'animal qui les a construits, les tubes des Terebelliens renferment souvent des Polynoïniens CoOMmMmensaux.
DE Sanr-Josspx | 8e] a découvert l'Harmothoe Mac-Leodi Mac- INTosx dans uu tube de Zanice conchilega et Ray-LANKESTER l’Antinoe (Harmothoe) nobilis dans les tubes de Terebella nebulosa (1).
Aupoux et H. Miine-Enwarps |[32| avaient déjà signalé la présence de Polynoe scoloperdrina SAv. dans les tubes de Terebella et Mac-INTosx | 85], qui confirme le fait, indique comme hôte T. nebulosa. À Wimereux, cette Polynoe n’est pas rare dans les tubes de Zanice conchilega de la zone profonde.
Mac-Inrosx [754] dit que Polynoe (Harmothoe) lunulata vit dans les tubes de Polycirrus.
HorxELL | 91] a trouvé Polynoe Johnstoni et Nychia cirrosa sur Thelepus cincinnatus.
Lepidonotus breviselosus KBG est, d’après JoHNsTON [97] commensal des Thelepus et des Armphitrite.
Amphitrite Edwardsi donne asile à Harmothoe imbricata et à Nychia cirrosa comme DE Sr-Josepx l’a constaté à Dinard [88] et au Croisic [98]. Lepidametria comvmensalis WEBsTER vit dans les tubes d’A. ornata. La Polynoe (Lepidametria) gigas Jonnsox est également commensale d’une grande Amphitrite. Enfin JOHNSON 197 | a décrit sous le nom de Polynoe reticulata un animal nouveau, également parasite des Amphilrite (2).
Arénicoliens. —On doit à De Sr-Josepn [se] la description de l'Harmothoe arenicolæ commensale de VA. marina.
(1) Pour Mac-Ixross [76a] cette Antinoe n’est autre chose que l'Harmothoe areolata GR.
(2) Ce nom faisant double emploi avec une dénomination de Czararëne [66], je donnerai à l'animal en question le nom spécifique de Johnsoni ; l'espèce en question doit ailleurs rentrer dans le genre Zepidonotus tel qu'il est défini plus loin.