NUTRITION
Quel que soit d’ailleurs leur mode de vie, les Aphroditiens sont toujours carnassiers. DALYELL [5%], EHLERS [64], Joyeux-Larrure [90], HasweLz [83], Mac-INrosx ont vu des Polynoiniens conservés en captivité s'attaquer à d’autres Annélides placés dans le même vase.
L'examen du tube digestif d'un Aphroditien quelconque fournit d’ailleurs des renseignements assez complets sur son mode d’alimentation ; on trouve dans le contenu de l'intestin de nombreux débris animaux mélangés à un grand nombre de diatomées, ingérées sans doute en même temps que la proie. Les Crustacés (Amphipodes et Isopodes surtout), les Annélides (y compris les Aphroditiens), les Hydraires, les Spongiaires les plus divers sont les aliments ordinaires des formes dont nous parlons. On peul trouvef aussi, mais plus rarement, dans l'intestin de ces animaux, des mollusques (petits Gastéropodes, fragments de Ptéropodes ?) et des plaques ou spicules calcaires paraissant avoir appartenu à des Holothuries.
Les Acoëtiens sont particulièrement voraces : celui qui fut capturé dans le golfe de Marseille par R. Sr-Loup [s9|, s'était jeté sur une ligne dont l'hameçon était garni de l'abdomen d’un gros Pagure et une petite dorade mourut en quelques minutes après avoir été mordue par cet animal.
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PARASITES DES APHRODITIENS.
Parasites externes. — Nous avons dit que la plupart des Aphroditiens étaient remarquables par leur vie peu active ; c’est là, on le comprend facilement, une circonstance de nature à favoriser la fixation des corps étrangers les plus divers sur leur face dorsale, sur les élytres par conséquent ou, chez les Hermioniens, sur la voute feutrée ; et lorsqu'on sait qu'un courant d’eau assez vif est entretenu sur cette face dorsale soit par le jeu des élytres, alternativement soulevés et abaissés, soit par le mouvement de nombreux cils vibratiles on ne s’étonnera pas que les parasites se développent ici avec une abondance exceptionnelle.
DE ST-JosEPx [88] a signalé un certain nombre de ces parasites. Je reprends ici, en la complétant, cette partie de son travail.
Protozoaires. — Les auteurs se contentent, dans la plupart des cas d'indiquer la classe à laquelle appartiennent les Protozoaires vivant sur les Aphroditiens; sur diverses formes ont été ainsi . signalés des Foraminifêres à test calcaire ou siliceux, des Infusoires, des Acinéliens.
Parmi les Infusoires on peut citer plus particulièrement la Trichodina Auerbachi que DE Sr-Joserx [88] a observée sur les élytres de l'Halosydna gelalinosa Sars et la Cothurnia maritima qui, d’après le même savant, se trouve parfois sur la Séhenelais Idunae RATaKE. Sur de nombreux exemplaires de Lagisca, de Lepidonotus et d'Harmothoe j'ai trouvé les élytres absolument couverts de touffes de Vorticellides (Zoothamnium et Epistylis).
Il est difficile de se prononcer sur la position systématique du curieux organisme signalé par Mac-Inrosx [85] sur l'Eulagisca corrientis ; son aspect (fig. 1)
Fi. {. — Organisme parasite 1 : ; :
pu a] * 4 sur Eulagisca corrientis TAPPeHe un peu € elui d’une petite (d’après Mac-Ixrosu). Lucernaire,
Spongiaires. — Les Aphrodite aculeata L. draguées à St-Vaast la-Hougue, et celles que l’on trouve parfois rejetées en nombre
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immense à la côte, soit à Calais, soit au Blanc-Nez portent souvent de beaux exemplaires de Dysidea fragilis [GrarD, in lité]. Des Spongiaires ont été aussi trouvés par Mac-INrosx [85] sur des Lætmatonice producta provenant des îles Kerguelen.
Cœlentérés. — Les cas de parasitisme de Cœlentérés sur les Aphroditiens sont excessivement nombreux ; mais, ici encore, à raison peut-être de la vulgarité même du fait, les auteurs n’ont pas fait de déterminations exactes; des polypes hydraires ont été fréquemment signalés sur les élytres de Polynoiniens ou sur le feutrage dorsal d'Hermioniens ; j'en ai moi-même observé sur des Lepidonotus clara et sur des Lagisca emtenuala dont les élytres postérieurs en portaient des quantités vraiment prodigieuses.
Echinodermes, — Mac-Ixrosu [85] a signalé des Synapla fixées aux faisceaux de soies dune ZLælinalonice producta GR. var. benthaliana Mc-Ixr.
Nématodes. — J'ai souvent vu des Nématodes circulant entre les parapodes ou dans les faisceaux de soies des diverses formes que j'ai pu étudier. Chez l'Aphrodite aculeata j'en ai trouvé aussi sous le feutrage dorsal.
Brachiapodes. — Une jeune Terebratula était fixée aux soies d'une Lætmatonice producta var. Wywillei provenant des mers du Sud (MAc-INTosn, [85 |).
Bryozoaires. — Les Aphrodite aculealu servent souvent de support à de nombreux bryozoaires, Bugula, Cellaria, Catenularia, ete., ainsi que je l'ai vu à Cette.
Dans la Manche, ce même Hermionien porte parfois des Pedicellin@ gräcilis (GiaRb, ên litt.). :
Une forme voisine, que Mac-Ixrosx [85] rapporte à l'Aphrodite echidna DE QrGs, mais qui, d’après MaLARD, constituerait une espèce nouvelle A. magellanica, possède aussi une Pedicellina
parasite.
La Pedicellina belgica à été trouvée à Dinard par DE Sr-Josepn [ss] sur un exemplaire d'Hermadion pellucidum Eur.
Une Pedicellina a été encore vue par Mac-Ixrosx [77] sur
l’'Eupolynoe occidentalis Mc.-Ixr.
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BaRRoIS a trouvé sur des Aphrodite aculeata de la Manche un Loæosoma qu'il considère comme étant le Z. singulare Ker. Peutêtre est-ce là cependant la même forme (L. claviforme Hincxs; que l’on trouve souvent sur les Hermione hystrix Sav. provenant de Guernesey (GrARD, #n litt.
Enfin Mac-INrosn, dans divers travaux, a encore noté l’existence de Loxosoma sur les espèces suivantes d'Aphroditiens.
Lœætmatonice producla Gr. (1). Aux îles Kerguelen.
Psammolyce Herminiæ Avp. et M. Epw. Baie de Tanger.
Lagisca rarispina Sars. Mers du Nord et Golfe de Saint-Laurent. Lagisca magellanica var. Grubei Mc. Inr. Iles du prince Edouard. Lagisca antarctica Mc. INT. Mers du Sud.
Harmothoe Sarsi MGrx (— À. Badia TueeL). Mers du Nord. Eunoa (Harmothoe) capensis Mc. Ixr. Cap de Bonne-Espérance.
Annélides. — CLaparëpe [70] a signalé la présence fréquente, sur le feutrage dorsal de l’Aphrodite aculeata du Branchiomma vigilans. À Cette, où ces deux espèces d’Annélides sont très communes, j'ai souvent constaté que, comme le dit le savant génevois, les tubes du Branchiomina perforent le feutrage dorsal de l’Aphrodite, leur extrémité antérieure plongeant dans la cavité comprise entre ce feutrage et les élytres.
L’Aphrodite australis BarD peut de même porter une Sabellaria (Mac-Inrosu {85 |) el, sur une Zœætmatonice producta recueillie aux îles Kerguelen, le même auteur a trouvé de nombreux Annélides tubicoles fixés à la voûte dorsale.
H n’est pas rare non plus de (rouver des Annélides errants fixés sur celte voûte feulrée que possèdent certains Hermioniens ; ils y sont relenus par le mucus qui fait adhérer aux soies capillaires les grains de sable et les particules de vase. On peut noter, dans cet ordre d'idées, la présence sur Lætmalonice producla Gr. de l’'Evarne (Harmolhoe) Kerquelensis Mc.-Ixr.
J'ai observé aussi des Syllidiens et de petits Euniciens qui se trouvaient emprisonnés entre ce feutrage etle corps, chez l'Aphrodite aculeata L.
Enfin, c’est sous les élytres de la Lepidametria commensalis Wegsr. que WEBSTER a trouvé l’Antinoe (Harmothoe) parasitica.
(1) Cet échantillon portait aussi d’autres Bryozoaires indéterminés.
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Mollusques. — L’Acoëtien gigantesque que R. Sr-Lour [89] à trouvé dans le golfe de Marseille portait, fixés à la face ventrale, de petits bivalves dont la détermination n’a pu être faite.
Acariens. — Sur les nombreux spécimens que j'ai examinés j'ai souvent vu, courant sur le dos où cramponnés aux soies, des Acariens que je n'ai malheureusement pas pu déterminer. DE Sr- Josepx [ss] a signalé comme parasite de la Sfhenelais Idunæ Rarake l'Halacarus olivaceus GR.
Ascidiens. — Sur Lœtmatonice producta GR. et sur Ewphione Elisabethæ Mc.-Inr. Mac-Ixrosu [85] à observé des ascidiens dont il ne précise pas le genre.
Il ne me semble pas que l’on puisse vraiment parler de parasitisme dans les divers cas qui viennent d'être rappelés; car s’il est bien évident parfois que les animaux ainsi fixés sur des Aphrodiliens se trouvent placés dans des conditions particuliérement favorables pour eux, on ne voit pas, d'autre part, en quoi leur présence pourrait nuire à l'Annélide qui les porte; s'ils Sont parasites, c’est tout au plus par emprunt de la force, et l’Aphroditien ne leur sert que de support. Les crustacés dont nous allons parler maintenant vivent au contraire aux dépens de l'hôte sur lequel ils sont fixés.
Crustacés. — Giarp et Bonnier [91], dans leur revision des Sphæronellidæ, ont indiqué l'habitat d’un certain nombre de ces Copépodes, appartenant à la sous-famille des Herpyllobinæ et vivant sur des Aphroditiens. La liste que l’on trouvera ici est empruntée à ce travail, auquel je renvoie pour la bibliographie complète de la question.
Herpyllobius arcticus STEESNT. et LUTKEN (— Sülenium Polynoes KrôYER), parasiste de Harmothoe imbricala L. Groenland.
H. scabra Œrsr. Mer de Kara.
Nychia Amondseni Marx. Golfe de St-Laurent (Canada).
Herpyllobius crassirostris Sars (sub Sileniwm), parasite de Harmothoe impar Jouxsr. Norwège.