TRONG UTÉRIN DE LA FEMME PARE
. On peut donc, au vu d’une artèreutérine, dire d’unefaçon générale, si le sujet a eu ou n’a pas eu d’enfants. C’est un fait connu depuis longtemps et dont on attribue la découverte à Sômmering. Toutefois, nous n’en avons pas trouvé mention dans le livre de ce dernier. La disposition sinueuse de l’utérine de la femme pare, s'explique facilement. Quand l'utérus se développe au cours de la gestation, l'artère utérine doit, de toute nécessité, subir un allongement correspondant. Or l'utérus est élastique. Dès que le fœtus est expulsé, au moment de l'accouchement, il revient brusquement sur lui-même. A peine le placenta est-il rejeté, que ses dimensions se réduisent encore. Les artères sont élastiques évidemment, mais le retrait dont elles sont capables n'est pas comparable à celui de l'utérus parfaitement élastique et contractile. Devenues subitement trop longues pour l’utérus, elles doivent se pelotonner et leur involution ultérieure ne fait disparaître qu'incomplètement la déformation acquise. On a même proposé d'expliquer par ces coudures subites, qui créent une gêne notable de la circulation du sang dans ces vaisseaux, les phénomènes d’atrophie ou pour mieux dire de regression subis par l'utérus après l'expulsion de son produit. W. B. Dorsett (1) a rapproché le fait anatomique et le fait physiologique concomitants par une relation de cause à effet. Il a été conduit ainsi à conseiller d’imiter la nature et de lier les artères utérines pour déterminer l’atrophie de l'utérus fibromateux. En effet, les tumeurs non malignes de lutérus suivent les arternatives d’accroissement et de diminution de l'utérus gravide. Elles peuvent retrocéder, s’atrophier après l'accouchement, sans doute en raison de la diminution de l’afflux sanguin qui apporte un trouble dans leur nutrition. Ces faits, sans être constants, sont d'observation commune, M. Porak en a publié un cas, M. Bouffe
de Saint-Blaise a bien voulu nous en communiquer un, qui lui appartient et qui est très démonstratif.
(1) Dorserr (W. B.) — A case of atrophy of the female genitalia following
pregnancy, with remarks. St Louis Courier of medicine, St.Louis (US$. A.) 1890, vol. III, n° 9, p. 82-90.
de MNT PO ES
Pour conclure, l'utérine semble n'être flexueuse près du bord de l'utérus que lorsque celui-ci a subi un allongement progressif et un retrait brusque. De fait, le fœtus, l'enfant, la femme impare ont une utérine sensiblement rectiligne, la femme pare a une utérine flexueuse. 11 est vraisemblable d'admettre que lutérine n'est pas encore flexueuse sur l'utérus d'une primipare, sans qu’il soit nécessaire qn'elle redevienne rectiligne au cours de grossesses ultérieures. Nous n'avons pas étudié personnellement d'utérus gravide, mais les anatomistes qui se sont occupés de la question
tels que Hyrtl (1), Nagel (2) etc., disent avoir vu des utérines
d'utérus gravides, conservant encore des flexuosités dans leur tronc comme dans leur branches. Mais elles sont moindres à coup sûr que celles qui nous ont parfois étonné sur des utérus non gravides. Hyrtl écrit d’ailleurs (p.178) : « Pendant la grossesse, le pelotonnement de toutes les artères larges se dénoue, il ne subsiste que les spirales. Celles-ci s’élargissent elles-mêmes et sont un peu moins serrées ».
L’artère donne ses branches terminales, sur lesquelles nous
reviendrons, à 2 centimètres environ du fond de l'utérus, à dis-.
tance de la terminaison utérine de la trompe et du ligament de
l'ovaire,