CHAPITRE II
Des préparations relatives à la composition chimique des os.
L'anatomiste doit emprunter à la chimie ses divers réactifs pour montrer la composition intime des os.
Ces organes contiennent des matières organiques et des matières inorganiques; les premières sont la gélatine et la graisse; les autres
(1) Pour obtenir un parenchyme gélatineux bien transparent , il faut prendre des o» qui ont long temps macéré , et qu'on a soumis à une déalbation complète : les Ofs frais et ceux qui sont incomplètement macérés , ne donnent qu'un parenchyme d'une couleur jaune ou brune. On les plonge dans une cuve pleine d'eau , contenant une vingtième partie d'acide muriatique; ils y restent jusqu'à ce qu'ils soient flexit'es dans toutes leurs parties. Si l'acide se trouve saturé avant la fin de l'opération, ce dont on s'assure eti y projetant quelques iiragments de carbonate de chaux , il faut en ajouter de nouveau , mais en très-petite quantité à-la-fois.
(a) J'avais mis macérer ce squelète , articulé avec ses ligaments , dans un bain d'eau et d'acide muriatique : le lendemain, je fus très-étonué de le trouver dessiné avec la plus parfaite correction à la surface du liquide. Des stries blanches, très-fines, formées par des bulles d'acide carbonique qui s'étaient dégagées des os . indiquaient d'une manière remarquable les contours de ces orgqnes, ceux des articulations ; les doigts eux-mêrae» étaient distincts et séparés. Oo conçoit facilement la cause de ce phénomène.
( i6 ) sont du phosphate et du carbonate de chaux , du phosphate de magnésie et du phosphate d'ammoniaque, des oxydes de fer et de manganèse; unis probablement à l'acide phosphorique, des traces d'alumine et de silice , enfin de l'eau.
Analyse des os.
Lorsqu'on fait chauffer les os dans le digesteur de Papin , à une pression beaucoup plus considérable que celle de l'atmosphère, on dissout toute la gélatine, on fond la graisse, et il ne reste plus que la partie terreuse friable. Il suffit de laisser refroidir la liqueur pour séjjarer la gélatine de la graisse; eu effet celle-ci se fige par le refroidissement et peut être enlevée par le filtre; le liquide contenant la gélatine fournit celle-ci à l'état solide par une évaporation ménagée.
Analyse de la partie terreuse des os.
1° On détermine le poids du carbonate de chaux qui entre dans la composition de la partie terreuse des os, en traitant celle-ci par l'acide acétique pur qui décompose le carbonate de chaux, pour former de l'acétate, et qui en même temps dissout une petite quantité du phosphate de chaux : on filtre la dissolution; on la traite par l'ammoniaque qui dissout le carbonate de chaux et qui n'agit point sur l'acétate : on décante, on lave le précipité et on le met sur un filtre. La liqueur filtrée contenant l'acétate de chaux est mêlée avec un excès de sons-carbonate de potasse qui y fait naître un précipité de souscarbonate de chaux, dont la quantité est égale à celle qui fait partie des os.
2° Pour séparer le phosphate de chaux, on traite par l'acide nitrique faible les os calcinés, et déjà épuisés par l'acide acétique; on filtre la dissolution, et on verse un excès d'ammoniaque qui fait naître un précipité de phosphate de chaux , de phosphate ammoniaco-magnésien, et d'alumine. Après avoir lavé ce précipité , on le fait bouillir avec de la potasse pure qui dissout l'alumine et transforme le phosphate ammoniaco-magnésien en phosphate de potasse soluble et en magnésie insoluble, en sorte que celle-ci reste dans le précipité avec le phosphate de chaux, sur lequel la potasse n'a exercé aucune action. Ce
( '7 ) précipite est dissout dans un excès d'acide nitriffue et traité par l'ammoniaque qui oe précipite que le phosphate de chanx, vu qne le nitrate aintnoniacomagnésien lormé reste en dissoiiition. Le phosphate de chanx obtenu, réuni à la portion qui avait été dissoute préalablement par l'acide acétique représente exactement celui -.[ui fait partie des os(i).
La calcination qui détruit la partie animale des os, certains acides minéraux qui la conservent seule et l'isolent des sels terrexix, peuvent être employés pour démontrer, de prime-abord , la présence des deux substances principales qui les composent.