RECHERCHES SUR LES CENTRES ÉLECTRISÉS. J
comme une agglomération matérielle relativement considérable portant une charge égale à celle des petits ions ou de l’atomed’hydrogène dans l’électrolyse, soit 3,4.1071° unité électrostatique (1). On pourrait alors essayer de reproduire de tels ions par l'union d’un centre matériel neutre de l’ordre de grandeur voulu et d’un petit ion.
C’est l’idée qui a servi de guide à la première partie des recherches qui suivront.
De pareilles conditions peuvent en effet être considérées comme réalisées dans les cas où la mesure des mobilités classe les centres électrisés parmi les gros ions.
Ainsi, l’air qui a passé sur du phosphore renferme des poussières visibles avec certaines précautions d'éclairage. Dans la plupart des flammes, il se forme des composés liquides ou solides qui se condensent dans le gaz refroidi. Enfin les phénomènes de barbotage et d’écrasement de gouttes que nous étudierons plus loin ne vont jamais sans une sorte de pulvérisation qui peut fournir des centres matériels.
Quant à la charge élémentaire, elle est produite par l’action chimique dans le premier de ces cas et probablement aux dépens des ions électrolytiques ou des couches doubles dans le dernier. Quoi qu'il en soit, les produits matériels, s'ils sont solides ou liquides, peuventse condenser autour des pelits ions qui leur serviraient de noyau, ou les attirer après coup à cause de leur charge électrique. Il est clair que dans ces conditions le noyau matériel n’aura guère de chances d'attirer plus d’un ion, puisque déjà chargé une fois il repousse les charges de même signe.
Nous donnons plus loin (p. 7) une théorie appropriée de ce mécanisme; mais il faut remarquer ici que des expé-
(:) De récentes mesures tendent à faire adopter un nombre légèrement supérieur et voisin de 4.10-1° (Rutherford, Perrin, 1908).
riences très nettes, dont on trouvera Le détail dans la suite de ce Mémoire, ont permis de mettre directement en évidence l'existence de centres neutres susceptibles de se transformer en gros ions sous l'influence des petits ions du radium ou des rayons X, et fournissent ainsi une base solide à la conception qui vient d’être exposée.