ROLE DE L*ALCOOUSME DANS LA PARALYSIE GÉNÉRALE M
duit de Talcoolisme ; ralcoolisme ne peut produire que des pseudo-paralysies générales.
Les médecins qui admettent que Talcoolisme a deux modes de terminaison, Tune par la démence et Tautre par la paralysie générale, se basent non seulement sur la physiologie expérimentale, mais aussi sur la clinique et Tanatomie pathologique.
Les expériences sur les animaux chez lesquels Tintoxicalion n'atteint pas un degré aussi avancé que chez Thomme, montrent néanmoins, en même temps qu'un processus dégénératif graisseux (stéatose) de la plupart des organes : foie, rein, cœur, une tendance à Tinflammation chronique de certains tissus : du péricarde, de la capsule des reins, de la capsule du foie, des méninges.
La plupart des auteurs, Paul Ruge, Pupier, Dujardin- Beaumetz et Audigié, mes propres recherches, montrent la dégénérescence graisseuse du foie et des reins; Paul Ruge note, en outre, la dégénérescence graisseuse du cœur, les adhérences de la capsule à la substance rénale. Neuman (de Kœnigsberg) et Kremiansky ont trouvé de la pachyméningite chez les chiens soumis à Taction continue de Talcool. J'ai moi-même noté des plaques laiteuses sur le péricarde, Fôpaissement et l'opacité de l'arachnoïde et de la pie-mère, de la sclérose des cordons postérieurs chez un chien. C'est, en un mot, l'ébauche des deux processus, stéatose et sclérose que nous trouvons à un degré si avancé chez l'homme.
Chez l'homme, en effet, l'alcoolisme chronique s'inscrit en traces indélébiles sur la plupart des tissus et sur la plupart des organes ; la trame conjonctive et le parenchyme sont à la fois compromis.
Est-il besoin de rappeler pour le système artériel, l'artériosclérose, l'athérome qui font d'un alcoolique de 40 ans, un vieillard de 70 ans ; et cette vieillesse précoce se traduit sur le tracé sphygmographique par un plateau très étendu. La stéatose du foie, la dégénérescence graisseuse des reins
atteignent des degrés très avancés; le cœur est surchargé de graisse et les fibres musculaires elles-mêmes sont envahies par ladégénérescence granule graisseuse. Le cerveau, dans les périodes avancées, offre parfois des lacunes dans les couches opto-striées et parfois également des foyers hémorragiques ou de ramollissement plus étendus au centre aussi bien que dans la couche corticale.
Tel est le principal processus dégénératif, celui qui conduit à la démence avec faiblesse musculaire et souvent paralysies partielles. Mais ce n'est pas tout; tous les observateurs constatent et signalent la stéatose, la sclérose diffuse, Tinflammation chronique des enveloppes, du tissu interstitiel, des petits vaisseaux, etc. Tantôt ils trouvent une cirrhose hépatique, d*autres fois une néphrite interstitielle; tantôt rinflammation envahit le péricarde et le tissu même du cœur, tantôt les méninges, la moelle, le cerveau et Ton trouve une myélite, une encéphalite interstitielles diffuses.
Pourquoi cette sclérose diffuse s'installe-t-elle chez les uns sur un seul organe, chez d'autres sur plusieurs organes simultanément?
Il y a, sans doute, une certaine prédisposition, il y a aussi Vorgane faible. On doit tenir compte de ces éléments, mais on est bien obligé de reconnaître que Talcool a comme propriété spéciale de produire le double processus : stéatose et sclérose. La prédominance de Tun ou de Tautre de ces processus chez les divers individus dépend surtout, on ne le conteste pas, de la prédisposition du sujet et aussi des conditions multiples d'hygiène dans lesquelles il vit.
Que nous donne la clinique?
Suivons d'abord les cas les plus communs, ceux dans lesquels Talcoolisé chronique s'achemine, de chute en chute, progressivement vers la démence.
Au bout de quelques années d'abus de boissons, quand les alcoolisés chroniques commencent, passez-moi l'expression, à devenir mûrs, c'est-à-dire suffisamment intoxiqués.
DANS LA PARALYSIE GÉNÉRALE ftS
on voit leur intelligence s'affaiblir, la mémoire diminuer, rimagination s*éteindre, le cours des idées se ralentir, le jugement devenir moins sûr, les facultés morales et affectives s'émousser ; ils se montrent apathiques, indifférents, sans volonté, sauf pour donner satisfaction à leurs appétits instinctifs. A ce moment, apparaissent aussi des étourdissements, des fourmillements et des crampes dans les membres, de petits ictus apoplectiformes ou épileptiformes s'accompagnant tantôt d'une parésie passagère d'un bras ou d'une jambe, tantôt d'empâtement et de gêne de la parole, et cette difficulté dans l'articulation des mots avec le tremblement alcoolique peut ressembler à de l'hésitation de la parole; parfois aussi, il survient de l'inégalité des pupilles ; et si dans ces conditions, le malade entre à l'asile, stimulé par un accès passager de délire alcoolique, lequel, en outre des hallucinations pénibles, mobiles, multiples, professionnelles, peut s'accompagner encore d'idées ambitieuses, de préoccupations hypocondriaques, on conçoit, surtout si les renseignements font défaut, combien le diagnostic est difficile. On se trouve, en effet, en présence d'un alcoolisé chronique qui a revêtu le costume du paralytique général. Mais au bout de peu de temps, les symptômes subaigus, dus à l'appoint alcooliqoe, disparaissent et l'on retrouve l'alcoolisé chronique vulgaire.
Un second groupe, moins nombreux d'alcoolisés chroniques, est celui qui s'achemine vers la paralysie générale. L'individu, après également de longs mois de boissons et après plusieurs accès de délire alcoolique suivi de guérison, finit par présenter, après la disparition d'accidents subaigus des modifications physiques et psychiques très notables. Les facultés intellectuelles ont baissé dans leur ensemble, la mémoire est infidèle, des oublis, des erreurs se répètent à chaque instant ; il a moins d'aptitude au travail, son caractère a changé, il s'irrite pour des futilités, il reste indifférent pour des faits ou des contradictions graves, il a