‹ Recherches sur les conditions de la douleurChapitre 31 sur 40 · Beaunis, Les Señsations internes, p · texte numérisé non relu

Beaunis, Les Señsations internes, p

3. P. Tissté, Ÿ a-t-il des nerfs spéciaux pour la douleur ? Rec. scient., 4 série, VIII, 402-404. |

4. LemmanN, Die Hauptgesetse des menschlichen Gefühislebens, 189%

p. 46 sqq.

-. Sans juger de ‘la valeur de ces diverses hypothèses, nous croyons qu’il en est une autre plus plausible, Comme nous l’avons indiqué dans le premier chapitre de ce tra-

.vail, la douleur est concomitante à une série'de réflexes qui intéressent tous les organes. Ces réflexes sont géné-

ralement considérés comme les effets et les signes de la douleur. Ceperidant la doctrine établie par W. James’,

Lange et Sergi’ parait présenter des garanties scientifiques plus sérieuses. C'est’ la théorie périphérique des

émotions (Sergi), d'après laquelle les phénomènes émo-

:tionnels seraient la résultante et non la cause dés modifi-

‘cations organiques. Ainsi, on éprouve de la douleur parce

qu'on pleure, et non pas réciproquement ; de même, on ne

‘tremble pas parce qu’on a peur, mais on a peur parce qu’on

tremble. .

Si donc nous admettons que les réflexes qui accompagnent la douleur sont la raison d’être physiologique de cette dernière, nous nous expliquerons facilement, semblet-il, le retard de la sensation douloureuse. L'écart entre le moment où agit l’excitant extérieur et celui où la douleur

-est perçue mesure, en effet, la durée nécessaire à la mani-

festation des divers réflexes qui sont les conditions de la douleur. En d’autres termes, les phénomènes se déroulent

1. W. James, Mind, avril 1884 et Psychol. Review, septembre 1894.

— Pour les critiques auxquelles a donné lieu cette théorie, cf. GAR- DINER, Philosoph. Review, janvier 1896.

2. LANGE, Ueber Gemüthsbewegungen, 1885 (Trad. fr. sous le titre : Les Émotions, 1895).

3. SERGI, Dolore e Piacere, 1894; Dov'è la sede delle emozioni, Con-

. grès de: Psychologie de Munich, 1896.

— On trouvera un fexcellent exposé critique de la théorie défendue par MM. W. James, Lange et Sergi dans G. Dumas, La Tristesse et la Joie, 1900, p. 368 sqq.

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de la façon suivante ‘une excitation forte se produit; elle : provoque une série de réflexes; les sensations variées:

qu entraînent. ceux-Ci sont transmises : au cerveau et la conscience que le sujet jet en éprouve constitue. précisément

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“On conçoit alors.que la douleur, terme ultime de la

série, soit perçue quelques centièmes de' seconde après

l'excitation périphérique qui lui donne naissance: Ce:

rétard ne doit être attribué ni aux nerfs périphériques :

ni aux centres nerveux : il exprime le temps ii Haut

les réflexes pour sé manifester.

HT. + Les nombreux auteurs qui considèrent la dou-

leur comme une sensation spécialé invoquent surtout à l'appui de leur théorie les phénomènes d’analgésie sans anesthésie, tels qu’on lés constaté par exemple, sous

l'influence du chloroforme ou dans divers états patholo- :

giques.

IS sont ainsi poussés à admettre l’existence d’ appareils

nerveux, périphériques où centraux, particuliers à la douleur.

Toutefois, cette. doctrine n'est pas Sans présenter

quelques difficultés.

D'abord on n'est jamais parvenu à démontrer là présence, dans les téguments cutanés, d'organes périphé-

riques spécialement appropriés à la doulèur. Les expé-

riences effectuées en cé sens par Frey ont été reconnues inexactes, et pour la science actuelle au moins, les prétendues terminaisons nerveuses dolorifères se raménent à celles de l’ appareil tactile. He

«Il-n’en est pas autrement des nerfs spéciaux Le Ji dour

Ge

leur. Un grand nombre d'auteurs se refusent à en recon-

naitre l’existence!.

Quant au principe de l'énergie nerveuse spécifique invoqué à cet égard par M. Frédéric, on sait qu’il est loin d’avoir la valeur d’une loi et que la plupart des physio-

logistes actuels le tiennent seulement pour hypothétique. Enfin, comme le remarque à juste titre M. Ch. Richet,

si l’on distingue des nerfs spéciaux pour le chaud, le froid, |

la pression et la douleur, il est légitime d’en admettre également pour l'électricité, les sensations de chatouillement, de prurit, de démangeaison, ete.?.

Il est donc impossible d'apporter une preuve rigoureuse en faveur de l'existence des nerfs dolorifères. L’impression qui provoque la douleur est transmise, comme toute autre

excitation, par les nerfs de Ja sensibilité générale ou,

spéciale,

La douleur du moins ne suit-elle pas dans la bee des voies de conduction particulières? On le croirait volontiers, vu les conclusions formulées en un sens affirmatif par différents auteurs.

Cependant, d’après M. Ch. Richet, « le fait qu'une douleur est liée à toute excitation sensitive forte paraît incompatible avec l'hypothèse qu'il y à dans la moelle épinière des conducteurs spéciaux pour les incitations douloureuses”

D'ailleurs, les recherches entreprises à ce sujet n'ont

1. Cf. Wunor, Éléments de psychologie physiologique; trad. fr., 1, 431.

2, CH. RicHer, Ÿ a-t-il des nerfs spéciaux pour la douleur? Rec. scient., 4 série, VI, 715-717.

3. CH. RICHET, Étude biologique sur la douleur, Rev, scient., 4° série, VI, 225 sqq,

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