Payer, Fam. nat
M. Van Tieghem (1) considère la cupule comme formée de bractées soudées par leurs bords sur une longueur variable suivant les espèces. En étudiant l'anatomie comparée des cupules, des bractées et des écailles de bourgeons, nous verrons quels sont les rapports qu’il convient d'établir entre ces organes. Nous rechercherons ensuite laquelle des deux théories doit prévaloir. Pour cette étude, la comparaison a été établie entre les différents organes d’une même espèce, puis chez les différentes espèces.
De cette facon, 1l sera possible d'étudier les modifications subies par la bractée en vue des fonctions nouvelles de protection et de soutien qu’elle aura à remplir. L’étude particulière de la cupule de Fagus silvalica permettra de se rendre compte de la vateur des deux hypothèses émises, celle qui attribue à cette cupule une origine pédonculaire ou celle qui lui donne une origine foliaire. .
CORYLUS AVELLANA
Bractée. -- Une bractée de Noisetier présente sur ses
deux faces un épiderme dont quelques cellules donnent :
des poils simples. Ces poils sont de deux sortes (fig. 1n, PI. D), les uns allongés, les autres renflés en massue avec une zone claire au centre de ce renflement. Les
4, Van Tieghem. Traité de botanique, p. 1419.
poils se lignifient de bonne heure et leur contenu protoplasmique se porte vers l'extrémité du poil où il se rassemble en formant un amas granulé à section triangulaire. Les poils renflés sont des poils sécréteurs ; on les retrouve chez toutes les Cupulifères avec les mêmes caractères ; les autres sont les poils protecteurs.
Les cellules sous-épidermiques sont collenchymateuses, sauf celles confinant à l’épiderme supérieur qui, dans la bractée jeune sont allongées radialement ; elles constituent l’assise palissadique (fig. 1, PI. T).
L’intervalle compris entre le parenchyme et la bractée est formé de cellules épaissies à méats vers le centre, mais il n'y a pas à proprement parler de parenchyme lacuneux. Les faisceaux libéro-ligneux présentent la disposition suivante : du côté de l’épiderme externe, se trouvent les cellules libériennes disposées en lignes sinueuses, quelquefois arquées,; les éléments ligneux sont disposés en files radiales séparées par quelques rayons médullaires à parois minces. Tout autour des faisceaux ligneux se trouvent quelques cellules polyédriques, différentes du parenchyme fondamental. Il faut noter aussi une zone de répartition de l’oxalate de chaux localisée du côté externe entre la 4° et la 5° assise sousépidermique.
Ecaille des bourgeons. — L’écaille externe des bourgeons se distingue de la bractée par un commencement de différenciation autour des faisceaux libéro-ligneux d'un arc sclérenchymateux, sur l'emplacement même des
cellules polyédriques entourant les faisceaux (fig. 2, PI. 1). La zone de répartition des cristaux mâclés d'oxalate de chaux est la même, et le liber conserve sa disposition typique signalée pour la bractée.
Quant à l'épiderme, il se cutinise davantage et des assises de liège se forment parfois du côté externe. Les poils sont de deux sortes et identiques à ceux décrits plus haut.
Le parenchyme dans le voisinage de l'épiderme est constitué par des cellules cellenchymateuses.
Cupule. — La cupule montre une différenciation plus avancée encore des éléments cellulaires. L’épaisseur de la bractée s’est accrue et l'anneau sclérenchymateux entourant les faisceaux libéro-ligneux s’est étendu jusqu'au voisinage de l'épiderme. Le parenchyme qui sépare les nervures reste cellulosique. Le bois et le liber affectent la même disposition que dans l’écaille de bourgeon, et il est à remarquer que la zone principale de màcles d'oxalate de chaux occupe encore la cinquième assise sous-épidermique (fig. 3, PI. D.
Quant aux poils, ils sont nombreux, développés du côté interne et surtout du côté externe.
En résumé, on assiste à une différenciation progressive des éléments cellulaires de la bractée, quand celle-ci se développe en vue d’un rôle particulier à remplir. L'écaille de bourgeon différencie du sclérenchyme autour des faisceaux libéro-ligneux et du liège à la partie périphérique. La cupule présente une sclérification
plus prononcée encore et les poils remplacent ici le liège. Le rôle de protection et de soutien attribué à ces deux organes amène donc une modification particulière de leurs éléments, leur origine restant la même malgré tout.
CARPINUS BETULUS
Bractée. — La bractée du Charme est identique à celle du Noisetier. Ces deux genres ont des affinités communes tant au point de vue morphologique qu'au point de vue anatomique. La seule différence notée (et encore est-elle peu importante) résulte dans ce fait que chez le Carpinus, le liber ne présente pas la disposition sinueuse ou arquée du Noisetier mais un arrangement sans direction particulière.
Ecaille des bourgeons. — L'écaille des bourgeons présente sous l’épiderme externe cutinisé, deux assises de cellules allongées tangentiellement et la troisième assise est celle où se trouvent localisées les mâcles d'oxalate de chaux.
Le faisceau libéro-ligneux est entouré d’un arc sclérenchymateux, non encore complètement enveloppant. Le parenchyme extérieur aux faisceaux, présente des cellules arrondies avec méats. Il n’y a aucune trace de parenchyme lacuneux, les cellules avoisinant l’épiderme inférieur sont identiques à celles de l’épiderme supérieur,
Cupule. — Si l’on étudie maintenant la cupule, on remarque comme chez le Noisetier, une sclérification plus prononcée dans la zone de cellules entourant le faisceau libéro-ligneux.
L’anneau est développé et la sclérification s’étend de part et d'autre de ces faisceaux du côté de l’épiderme ; entre les nervures le parenchyme reste cellulosique. Bien que moins nombreux que chez le Noisetier, les poils se rencontrent sur les deux faces de la cupule.
Les modifications subies par la bractée sont donc les mêmes que celles observées pour le Noisetier.