‹ Recherches sur les difformités congénitalesChapitre 31 sur 102 · SIMMONS — CAM — MAUCARNE — PRATO LONGO -— PROCHASKA — WALTER · texte numérisé non relu

SIMMONS — CAM — MAUCARNE — PRATO LONGO -— PROCHASKA — WALTER

Les premières années du siècle n'ont rien produit qui différât notablement des travaux de la fin du siècle précédent. Nous avons limité cette première période à l'année 1812, parce que, jusqu'à cette époque, l'observation empirique ou objective a

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pour ainsi dire été exclusivement employée, et qud c'est à partir de 1812 seulement, que la théorie des arrêts de dételoppement à fait sa première apparition.

Voici le résumé de deux observations empruntées à l'Angle* terre.

La première, du docteur Simmons (de Manchester) estrêla» tivê à un cas d'acéphdilie et de spina biflda, avec absence complète du cerveau et de la moelle, bec-de-lièvrej courbures de Fépine, soudures des vertèbres, pieds bots^ le tout sans indication d'un fait nouveau, d'une particularité nouvelle.

En présence de cette catégorie de monstres qui continuent & se développer sans cerveau et sans moelle, l'auteur s'est demandé si le cerveau, la moelle épinière et les nerfs sont indispensables à la vie fœtale, et s'ils fonctionnent pendant le cours de cette existence. Déjà Monro avait agité la même question. Le docteur Simmons la reproduit, mais il Ta circonscrit spécialement au système nerveux do la vie animale et à la faculté de sentir. La mère avait bien senti le fœtus remuer comme dans ses grossesses précédentes; mais le docteur Barlow, dont Simmons rapporte le témoignage, affirme avoir provoqué à plusieurs reprises le fœtus au passage, sans en obtenir de mouvements.

Mais les mouvements accusés par la mère, et le fait de la rétraction musculaire qui a produit les difformités, témoignent sûrement, chez ce monstre dépourvu de cerveau et de moelle, de l'existence, pendant un certain temps de la vie fœtale, d'une fonctionnalité nerveuse quelconque. On peut tout au plus conclure que cette fonctionnalité était limitée à la vie organique, mais non à l'inactivité, et encore moins à la complète inutilité du système ner\'eux chez l'embryon et le fœ^us. Pour le docteur Simmons, Taccroissement du fœtus dépendrait uniquement du système circulatoire. Suivant ce physiologiste, la sensation du fœtus ne commencerait qu'avec sa respiration (1).

Le même journal publie une seconde observalion d'anencéphalieQi de spina bifida avec éventration, déviation de l'épifiey torsion de la colonne et pied bot, par Cam (i). Cette énumération

(1) Simmons, London médical andphysical Journal, vol. IV, sept. 1800. (i) Cam, London médical and physicalJoumal, vol. VII, mai iSOi.

des éléments du fait prouve que Tobservation commençait à voir plus qu'on ne voyait précédemment ; mais le vague et l'incertitude des descriptions prouvent aussi qu'on n'observait pas encore mie%u€.

Voici comment l'auteur rend compte du fait : c Les os du

> crâne manquaient : il n'y avait pas de cerveau, ni la moindre » trace de moelle allongée ; une poche membraneuse ouverte et » toute déchirée, venant du péricrâne, pendait sur le dos les

> yeux paraissaient être situés sur le front par suite de l'absence

> du crâne. Une portion de la partie membraneuse du placenta » était attachée au péricrâne au-dessus de l'œil gauche.

» Le cordon n'avait que trois pouces.... Il n'y avait du côté » gauche ni clavicule ni épaule, ni humérus, ni autre portion du » bras. Les vertèbres dorsales étaient très tordues; il n'y avait

> pas de tunique péritonéale des régions épigastriqueetabdomi^

> nale ; les intestins grêles étaient portés en avant de la cavité

> du côté gauche, et le gros intestin distendu par le méconium. » Le pied droit était tourné en dedans. > — A cette époque on commençait donc à observer plus, mais non encore mieux.

Ce progrès, quelque minime qu'il fût, tendait à se généraliser dans les autres pays. Témoins trois observations publiées vers la même époque par Malacarne, professeur à l'Université de Padouc, concernant trois cas d'acéphalie avec difformités de Vépine eipieds bots caractérisés, etc. (1). Ces faits, intéressants au point de vue dés lumières qu'ils jettent sur l'origine pathologique de l'acéphalie, le sont encore à un autre point de vue. L'histoire en a été traduite de l'italien en latin, par Elben, pour sa dissertation sur Vacéphalie; mais le traducteur allemand n'a pas reproduit avec l'exactitude et la précision de l'auteur italien, les indications relatives aux difformités. Comme nous allons reproduire la traduction d'Elben, très claire et très précise d'ailleurs, nous indiquerons les suppressions qu'il a faites au texte italien.

Voici les deux observations de Malacarne d'après la traduction d'Elben :

(l) Malacarne, I>e' mostri humant ^ Leuione academica tma, 181 1.— ELniiN, De acephalis, sive momttris corde carentibus^ in-l*, Berlin. 1821.

OBSERVATION XI

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