V.— MESURE DU COURANT SECONDAIRE
L'appareil employé devait être assez sensible pour permettre la mesure des faibles courants produits dans la bobine secondaire.
J'ai d’abord étudié un électrodynamomètre de M. C. Ader, construit pour la mesure des courants téléphoniques, et dans lequel on utilise la répulsion de deux petites bobines, l’une fixe, l’autre placée à l'extrémité d'une tige mobile autour d’un axe; mais je n’ai pu obtenir de résultats bien concordants.
Après quelques autres essais, j'ai employé la disposi-
tion suivante, déjà utilisée par plusieurs physiciens, en particulier dans les appareils Bellati-Giltay, et qui m'a donné de bons résultats : les aiguilles d’un galvanomètre de Nobili étant enlevées, l'aiguille intérieure a été remplacée par un petit cylindre de fer doux, de 4°" de longueur et 1°” de diamètre. Le champ variable produit par le passage d’un courant alternatif dans la bobine fait naitre dans le fer doux une aimantation induite qui change de sens avec lui, de sorte que le couple est toujours de même sens.
Dans les appareils Bellati-Giltay, la tige de fer doux est maintenue dans un plan normal au méridien magnétique au moyen d’une suspension bifilaire, de manière à éviter toute action du champ magnétique terrestre. Cette disposition ne me parait pas nécessaire : en eflet, supposons la tige dans une position quelconque par rapport au méridien magnétique; le champ terrestre produit alors une certaine aimantation induite sur laquelle il exerce une action; s’il y a équilibre, c’est que cette action est compensée par une autre force, une torsion par exemple; le champ variable produit par le courant alternatif a une influence totale nulle sur l’aimantation induite par le champ terrestre, puisqu'il donne lieu à des actions égales alternativement dans les deux sens; de même l’action du champ terrestre sur l’aimantation induite par le champ variable a une somme nulle; la seule action est donc celle du champ variable sur l’aimantation induite qu'il produit.
En particulier, on peut placer la tige de fer dans le méridien, position d'équilibre qu’elle prend d’elle-mème quand la torsion du fil de suspension est nulle; c’est cette disposition que j'ai adoptée, en plaçant l’axe de la bobine à 45° du méridien magnétique et par suite de la tige.
On pourrait penser qu’un inconvénient résulte de ce que l’action du champ variable s'ajoute à celle du champ
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terrestre pendant une moitié de la période, et s’en retranche pendant l’autre moitié; maïs, à cause de la faiblesse de ces deux champs, il y a proportionnalité entre l'intensité d'aimantation et le champ, de sorte que les actions sont les mêmes dans les deux cas.
D'ailleurs j'ai fait sur cet appareil de nombreuses expériences de vérification, sur lesquelles j'insisterai un peu ici, parce qu'il peut rendre souvent de grands services, et que sa construction est extrêmement simple.
Essais de l’appareil. — T fallait étudier d’abord jusqu’à quel point la déviation est proportionnelle au carré de l'amplitude de l'intensité du courant. Pour cela, j'ai mesuré un même courant alternatif par la méthode électrométrique et, d’autré part, au moyen d’une faible dérivation, par l’appareil précédent.
Pour que le partage du courant se fasse proportionnellement aux résistances, c’est-à-dire toujours de la mème façon, il faut que les coeflicients de self-induction des deux branches dérivées entre lesquelles s’est partagé le courant alternatif soient négtigeables. Or, la première comprend la résistance sans self-induciion qui sert dans la méthode électrométrique, et dans la deuxième se trouve, avec la bobine de Pappareil de mesure, une résistance très forte, nécessaire pour qu’une faible partie seulement du courant passe daus cette bobine; j’employais une résistance sans self-induction sensible, prise sur une boite de résistances, et dont l'influence rendait négligeable celle de la self-induction de la bobine.
En effet, les quantités à comparer sont R? et L?w?, dont la somme constitue le carré de l’impédance du circuit. Le cadre était formé de trois couches ayant chacune quarante spires, sa longueur était de 4°",2 et sa surface moyenne environ 4°"; on avait done au plus
L=4Tn;nS —1;0000.
RECHERCHES SUR LES ÉCRANS ÉLECTROMAGNÉTIQUES. Ty
Pour une fréquence égale à roo, le terme L2w2 avail au plus la valeur
OU Environ 1,2.10!6, D'autre part, la résistance étant de z ohms, on a | R2= 72" 7r018-
7 étant un nombre considérable, de l’ordre de un millier, on voit que le terme L?w? es négligeable devant R?.
J'ai fait deux séries d'expériences, pour les valeurs de la fréquence 24 et 46,7. Les Tableaux suivants résument les résuliats obtenus, d représentant la déviation de l’appareil, lue à l’aide d’un miroir, et 1? le carré moyen de l'intensité, déduit des indications de l’électromètre.
Première Série.