‹ Recherches sur les ForaminiferesChapitre 27 sur 69 · Q FE · texte numérisé non relu

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Une circonstance principale qui milite en faveur de la détermination que nous avons prise de multiplier nos dessins et de représenter tant de variétés, consiste dans ce fait: il se peut que, dans une autre localité que celle de Fontoy ou dans une autre province, ce terrain, que nous étudions, ne contienne que ces variétés et aucune des formes typiques; on serait porté à en faire des espèces nouvelles si l’on n'avait sous les yeux des formes analogues et si l’on n’était averti par l’inépuisable variété des coquilles.

Nous sommes convaincu d'avance que les groupes que nous avons établis sont loin d’être à l'abri de toute critique ; nous les croyons au contraire susceptibles d’être modifiés à mesure que les recherches se multiplieront et amëneront la découverte de nouvelles formes; mais ces divisions, telles qu’elles sont, nous ont donné une très-grande facilité pour ranger cette multiplicité de coquilles et y apporter un certain ordre. Nous reconnaissons que les premiers groupes sont fictifs, attendu que les figures mêmes que nous produisons démontrent qu'il y a des passages qui établissent la connexion non interrompue entre les coquilles les moins enroulées à la base et celles qui le sont le plus. |

On comprend que, devant la grande quantité de coquilles que nous avons réunies, nous avons dû rencontrer quelques difficultés dans leur spécification ; d’une part, nous étions arrêté par l’appréhension de trop multiplier les espèces et, d'autre part, nous voulions éviter une trop grande réserve en réunissant, dans un seul type, un trop grand nombre de coquilles dont l’étude serait devenue incomplète ou confuse. Nous avions enfin à nous demander s’il fallait donner une description spéciale pour chaque coquille et pour

chacune de ses variétés, pour démontrer par quels caractères elles se distinguent de leurs congénères.

Nous ne croyons pas ces questions susceptibles de recevoir toutes une solution satisfaisante et surtout applicable d’une manière générale ; nous avouons avoir dû tourner certaines difficultés, plutôt que . d’avoir à créer tant de noms nouveaux.

C’est ainsi que cette monographie, qui comprend treize planches et près de quatre cents FOUT !, ne renferme que vingt-trois espèces.

Nous ne croyons pas qu’en général les Cat eds en forme de disque soient susceptibles de constituer de bonnes espèces non discutables; nous ne les considérons que comme l’état embryonnaire de celles qui sont développées en forme de crosse. Nous avons donc cru devoir négliger un assez grand nombre de ces coquilles discoïdales dont cependant nous avons fait figurer quelques exemplaires; mais nous devons ajouter que c’est simplement comme étude complémentaire des coquilles adultes et non à titre d’espèces.

Nous pourrons faire un utile emploi du tableau que nous avons donné plus haut pour passer en revue les cristellaires qui ont été publiées et qui présentent quelques analogies avec celles du bathonien inférieur, tout en nous proposant, comme pour les marginulines, de mentionner les rapports et les différences ?,

{ Nous avons réservé environ cent cinquante figures se rapportant à des modifications de formes qui nous ont paru trop peu importantes pour être reproduites.

? Quand nous disons que telles de nos espèces se montrent analogues à telles autres vivantes ou fossiles, nous entendons n’indiquer que de simples rapports, propres à fixer les idées et non établir des identités qui, dans le fait, n'existent pas.

à mesure que nous ferons la description de nos espèces.

Pour l’oxfordien, CG. Schwager ! a publié un grand nombre de cristellaires (quarante espèces) auxquelles il faudrait ajouter les deux espèces figurées pl. V, fig. 1 et 2, sous le nom de marginulines et dont il conviendrait de retrancher celle qui est représentée pl. VI, fig. 9, qui est une véritable marginuline.

Nous n’avons mentionné cette publication que pour mémoire, attendu que nous n'avons trouvé, dans ces coquilles, aucun rapport direct avec celles de nos contrées; mais toutes ces espèces rentrent dans les groupes de notre tableau et les représentent tous, sauf deux : le premier, à forme très-simple, est celui qui renferme les coquilles à côtes carrées.

Pour le même terrain, à Streitberg, Gumpel* donne quelques espèces qui, de même que les précédentes, ne montrent aucune analogie avec les.nôtres.

Parmi les nombreuses cristellaires (trente-quatre espèces) publiées par Reuss * pour le néocomien et le gault de la Westphalie, nous en voyons figurer cinq qui présentent tous les caractères propres aux marginulines : la double courbure dorsale et le prolongement rejetant l'ouverture en sens inverse de l’enroulement. Toutes les autres se rapportent à nos

! Recherches sur la faune microscopique des couches jurassiques, par Conrad Schwager. Munich.

Beitrage zur Kenntniss der microscopischen Fauna jurassischer Schichten, von C. Schwager in Munchen. Jahersheften fur vater- Lendisché Naturkunde in Wurtemberg, 1865.

? Die Streitberger Schwammlager und ihre Foraminiferen , Einschlusse von Bergmeister Gumbel, Munchen, 1862.

$ Reuss. Die Foraminiferen des Nordeutschen Hils und Gault. Wien, 1862,

groupes, même à celui des coquilles à côtes carrées. Reuss en donne neuf figures dont il fait sept espèces et parmi lesquelles il faut en- comprendre deux classées parmi les vaginulines ; les espèces de Reuss représentent les formes les plus simples que nous avons figurées pl. XIX, fig. 1 à 3.

De toutes les publications que nous avons parcourues et qui traitent des foraminifères fossiles de différents terrains, nous n’en avons trouvé aucune qui ait donné lieu à une observation particulière.

Dans son prodrome, d’Orbigny indique, pour le bajocien, deux cristellaires que Ræmer avait classées dans deux autres genres; pour le bathonien il mentionne cinq espèces, dont quatre sont publiées dans les annales des sciences naturelles, 1895, et une par d’Archiac, pour l'Aisne.

Bronn {Index paleontoloyicus] n'indique que cette dernière espèce /C. truncata] et la place dans le lias supérieur avec la lettre n.

Parmi les espèces vivantes, le Cristellaria calcar, Lin., se rapproche le plus d’une espèce du bathomien, le C. helios (pl. XVI, fig. 19 à 21}, par ses ornements et son fort nucléus; de nombreuses variétés ont été rattachées à cette espèce et c’est en raison de ce fait que Fichtel et Moll disaient ‘ : Fauna hujus specei ila comparata est ejusque varietates tam multiplices, ut ferè impossibile videatur characterem specificum erui posse, quo hœc species à reliquis congeneribus distinqueretur et tamen nulla varietas exeluderetur.

= Testacea microscopica aliaque minuta ex generibus argonauta et nautilus ad naturam delineata et descripta à Leopolde à Fichtel et J. Paulo Carolo à Moll. Vienne, 1805.

Cette observation s'applique non au C. helios", n, mais bien en son entier au C. pol ymorpha, n, à tout notre groupe de cristellaires à côtes carrées, dont aucune d’ailleurs ne possède les caractères distinctifs du C. calcar.

Dans notre précédent mémoire sur les marginulines, nous avons eu à mentionner les publications de Williamson, Parker, Rupert-John et Brady *?, pour leurs explorations de diverses mers, poussées jusqu’à de grandes profondeurs; tout récemment encore, Carpenter s’est livré à des recherches de cette nature, mais les résultats qu’il a obtenus ne nous sont pas encore connus; quant aux premières publications, nous en ferons l’analyse lorsque nous aurons à décrire les fossiles qui se rapprochent des espèces vivantes.

L'expérience que nous ont donnée les longues années que nous avons employées à nos recherches, l'habitude du coup d’œil que nous avons acquise par la pratique du dessin, en reproduisant nous-mêmes tous nos fossiles, nous ont servi de guide dans le classement de nos coquilles et nous ont prémuni contre de graves erreurs; mais cette expérience et cette habitude, si nécessaires pour l’étude des coquilles microscopiques et qui ne s’acquièrent qu'avec

! Voyez plus loin les descriptions des espèces.

? William Crawfort Williamson. On the recent foraminifera of Great-Britain. London, 1858.

Kitchen Parker et Rupert Jones. On some foraminifera from the north Atlantic and Artic Oceans, including Davis Straits . and Baffin's Bay. London, 1864.

Henry Brady. Contributions to the Knowledge of the Foramia — On the Hg Fauna of the Shetlands. London,

le temps et le travail, ne sauraient, malgré tout notre désir, être transmises : nous voudrions rendre ce genre de recherches plus facile et pour ainsi dire abordable à tous les géologues, mais surtout en faire apprécier la haute utilité.

Nous devons faire remarquer que le champ des explorations est fécond en découvertes, immense en étendue et à peine entamé; presque tous les terrains primaires et secondaires restent encore à étudier : l'étude microscopique du lias de la Moselle n’est que commencée; celle de la Côte-d'Or et de l'Indre n’est qu'indiquée ; pour l’oolithe, le bathonien inférieur est seul exploré et déjà il fournira près de quarante planches auxquelles il faudra ajouter l'étude des fossiles qui accompagnent les foraminifères : les spicules de spongiaires et de bryozoaires, les cyproïdes, etc.

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