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Coquille courte, subdiscoïdale, arrondie sur le pourtour, lisse, formée de loges espacées, planes, régulières, trianguisires, base enroulée, munie au centre d’une étroite dépression, comme étoilée par des cloisons très-minces.
Dixième Division.
Coquilles ornées de côtes carrées, la dernière loge tronquée sur le côté ventral, base plus ou moins enroulée.
Cette section comprend une série de plusieurs centaines de fossiles, parmi lesquels nous avons dû faire un choix afin de réunir les types principaux, quant à la forme et aux ornements, ét en même temps représenter toutes les variétés essentielles qui en dérivent.
Bien que nous ayons voulu nous imposer des limites convenables dans létablissement de nos planches, nous nous sommes vu dans l'obligation de multiplier considérablement les figures, afin de démontrer combien sont grandes linstabilité de la forme et la variabilité des ornements ; il est évident que les descriptions, quelque longues qu’elles soient, seront bien insuffisantes et qu’il faut, de toute nécessité, parler aux yeux par la représentation des objets eux-mêmes.
Comme nous avons eu à le faire observer pour les Marginulines, il est impossible d'attribuer à l’imagination, même la mieux douée, la faculté d'inventer ces inépuisables variétés ; il faut nécessairement suivre les modèles que nous fournit la nature. Puis ne devons-nous pas admirer cette nature qui, dans son exubérante fécondité, crée constamment sans
jamais se répéter? Qui déverse tant de richesses d’ornementation sur des êtres que nous considérons comme infimes et que nous avons placés presque aux dernières limites de l’échelle zoologique ?
Ces faits ne viennent-ils pas démontrer combien nos connaissances sont encore incomplètes et nos instruments imparfaits? combien la science est loin d’être assez éclairée sur l’organisation de ces animaux, dans lesquels elle n’a su distinguer encore aucun organe essentiellement producteur et qui, cependant, sécrètent des coquilles si élégantes.
Dans les coquilles qui sont comprises dans cette série, nous avons à examiner plusieurs caractères, qu’il faut d’abord étudier et discuter, pour pouvoir ensuite tracer les caractères généraux de la section, puis découvrir les caractères spécifiques; nous y trouverons, en même temps, la solution d’une question importante, à savoir : si tous ces fossiles doivent être réunis en une seule espèce ou en constituer plusieurs.
Nous aurons à examiner :
19 La forme générale des coquilles;
2° La forme et la direction des loges;
3° La disposition des grosses côtes carrées;
4 Les ornements dépendant des petites côtes arrondies; |
9° La carène et ses caractères.
4° Pour une série de fossiles, la base est assez régulièrement enroulée et avec le développement des coquilles, plusieurs loges deviennent plus ou moins verticales et la dernière est toujours projetée sur la base, qu’elle résorbe en partie, circonstance qui détermine une forme semi-lunaire plus ow moins régulière; pour une autre série, la coquille se pro-
longe en crosse et présente toutes les modifications de formes qui résultent du passage de l'état embryonnaire à l'adulte; sur la planche XX les figures 28, 29 et 30 représentent une coquille sous trois états de croissance.
La base étant presque toujours atrophiée ou incomplétement enroulée, elle ne saurait, par conséquent, être munie d’un nucléus ou d’une loge embryonnaire centrale; si exceptionnellement elle présente quelque régularité (pl. XVIII, fig. 21 et 22), la disposition intérieure ne répond pas aux indications extérieures, c’est-à-dire que les loges ne suivent pas les divisions que semblent indiquer les côtes et la forme même de la coquille.
2% Pour un très-grand nombre de coquilles, la forme et le nombre des loges ne sauraient être préjugés ; la variabilité se produit dans toutes les loges ainsi qu’à tous les âges.
Il existe cependant un caractère essentiel et propre à toutes les coquilles de cette section : quelle que soit leur forme, semi-lunaire ou en crosse, on remarque que {toujours la face ventrale est tronquée; truncature qui occupe parfois toute la hauteur de la coquille, en y comprenant même la base (pl. XIX, fig. 22); parfois elle la laisse en dehors (pl. XX, fig. 4, 12 et 20). .
La dernière loge est bordée, n’est jamais convexe transversalement, et sa surface est plate ou légèrement concave. Ne pouvant figurer la coupe de toutes ces coquilles, nous avons donné celles qui paraissaient présenter quelques dispositions particulières.
3° Les grosses côtes sont foutes coupées carrément à angle droit; leur direction, comme leur nombre et leur disposition, sont très-variables; elles passent
du simple au composé, de la disposition transversale et arquée à l’oblique et sans courbure.
A. Lorsque la base est régulièrement arrondie et que les côtes sont simples, celles - ci forment des arcs réguliers, d’inégales grandeurs ; bientôt des embranchements partent de l'angle supérieur et de la côte antérieure pour se rendre, en ligne droite, à la seconde côte et s’y souder ou l’entourer en forme de crochet ; puis les côtes arquées, au lieu de se souder à la côte qui règne le long du dos, forment un nouvel arc dont l’extrémité postérieure se projette entre les côtes postérieures ; enfin ces côtes, devenant plus nombreuses, se replient, se contournent, s’enlacent les unes dans les autres, passent indifféremment les unes dessus, les autres dessous, en avant comme en arrière, et de telle sorte que toute description devient impossible.
Une propriété particulière, très-digne de remarque, que cette section possède à un haut degré et qui ne s’est présentée dans aucune autre coquille des autres sections : {outes les coquilles à ornements composés n'ont pas les deux faces semblables quant au nombre et à la disposition des côtes.
Nous nous sommes contenté de produire deux exemples que nous aurions pu beaucoup multiplier : sur la planche XX les figures À et 2, et sur la planche XXI les figures 7 et 9 montrent les faces droite et gauche d’une même coquille.
B. Lorsque la base est conique et atrophiée, les côtes simples sont le plus souvent obliques et sans courbure, puis, avec l’accroissement de la coquille, elles deviennent arquées et se comportent comme dans la précédente division; du reste les figures
présentent les passages insensibles des côtes droites aux côtes arquées.
Dans les coquilles à ornements compliqués, les côtes sont fort rarement disposées suivant la direction des cloisons et ne peuvent qu'exceptionnellement indiquer la forme des loges et leur nombre. Nous avons représenté (pl. XXI, fig. 8) une coquille vue par transparence, qui ne se rapporte ni aux indications de la face droite ni à celles de là gauche (fig. 7 et 9) et dont la disposition intérieure se montre tout autre que celle que pourrait laisser supposer la forme extérieure et ses ornements.
4% Les côtes fines sont rondes; comme les grosses côtes elles passent du simple au composé et sont d'autant plus nombreuses que la coquille est plus développée: ce luxe d’ornementation, parfois inextricable, échappe à toute description.
Uné dernière cause de variabilité, que nous ne devons pas omettre, se produit quand une coquille présente des ornements presque identiques à ceux d’une autre coquille, mais se montre douée d’une autre forme.
Il est parfois très-difficile de pouvoir suivre les méandres et les enlacements que forment ces côtes; mais on y parvient par plusieurs moyens : en humectant la coquille, puis en la laissant sécher, en renversant la coquille la tête en bas ou en la regardant par le côté, on obtient ainsi des ombres projetées qui rendent la reproduction, si ce n’est très-facile, du moins mieux dirigée par des reliefs bien accusés.
On ne saurait voir dans ces ornements un simple effet dû au hasard ou à une détérioration du test, résultant de l’action corrosive d’un courant acidule; la disposition, parfois si régulière de ces côtes, leur
enroulement toujours gracieux, leur enchevétrement si compliqué et la manière dont elles enlacent les grosses côtes en passant irrégulièrement dessus ou dessous, tout concourt à donner à ces dispositions un caractère spécifique et d'autant plus étrange qu'aucune autre coquille n’a encore rien présenté de semblable ou qui puisse lui être comparé.
Du reste ce réseau d’ornements se comporte comme les grosses têtes et se montre dissemblable sur les deux faces d’une même coquille (pl. XX, fig. 4 et 2).
Plusieurs de nos coquilles, recouvertes d’ornements simples, montrent bien des indications d’érosion qui n’ont laissé subsister que quelques traces des fines côtes, les grosses ayant été moins attaquées; nous pouvons conclure de cette observation qu’il est possible que telles de ces coquilles que, pour leur extrême simplicité, nous avons mises à la tête des séries, ont pu, dans le principe, être couvertes d’ornements comme les autres coquilles ;
9° La carène donne lieu à deux observations : dans un cas elle est normale, c’est-à-dire qu’elle est une partie adjonctive et accidentelle de la coquille et formée par une expansion ordinairement très-fragile du test; elle entoure soit la base, soit le côté dorsal, soit le côté ventral ou encore deux des côtés ou tous les trois; dans le second cas la carène est anormale, constitue une partie intégrante de la coquille et supporte des ornements. Dans la planche XXI, figures 9, 10, 23 et 24, la carène reçoit Le contour des grosses côtes; planche XX, figure 14, elle en a de fines.
De cet exposé il ressort que la forme des coquilles, depuis la première jusqu’à la dernière, se modifie par des passages insensibles; que la disposition non