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TRES

2 Le nombre des loges ne reste pas limité à 5, et ce nombre est fréquémment dépassé, tant par les fossiles du lias que par ceux de l’oolithe.

3° Les Guttulines présentent plus de rapports avec les Polymorphines qu'avec les Globulines, où les loges sont tellement embrassantes qu’elles ne produisent qu’une très-faible saillie.

4 Les Guttulines possèdent, dans le jeune âge, la même disposition dans les loges que les Polymorphines ; la manière dont se détermine l’adjonction des nouvelles loges en constitue seule la différence; il résulte de là que les deux faces ne sont pas égales, l’une montrant un plus grand nombre de loges que l'autre.

Ainsi, les coquilles à 2 loges sont d’un classement incertain ; mais le doute cesse déjà pour celles qui sont munies de 3 loges ; la dernière étant placée obliquement par rapport aux deux précédentes, une face montre les 3 loges, quand l’autre n’en produit que 2; il en est de même pour les coquilles à 4 et à 9 loges.

On comprend, dès lors, que les différences de formes qui doivent exister entre les deux genres sont assez superficielles et on voit combien il est difficile de les reconnaître dans des coquilles ou des moules, dont la taille atteint rarement un demimillimètre.

Dans nos recherches sur les Foraminifères du lias, nous avons eu fort rarement à remarquer des fossiles possédant une inégale quantité de loges sur l’une ou sur l’autre face ; en tout cas, nous les avons rangés dans le genre Polymorphina et compris les uns dans l’espèce P. polygona, si riche en nombreuses variétés (4° Mémoire, pl. XIV, fig. 16 à

1); les autres ont été rapportés au P. cruciala (ibidem, pl. XIIT, fig. 13).

Les coquilles douées de cette disposition, beaucoup plus nombreuses dans l’oolithe que dans le lias et présentant par conséquent ce caractère d’une manière plus distincte, ont dû être classées dans le genre Guttulina; nous y ävons été d'autant plus porté que divers auteurs ont maintenu la division des genres etisoléles Guttulines des Polymorphines.

Tout en nous rangeant à cette opinion, nous reconnaissons cependant que la division est artificielle ; nous voyons, en effet, des coquilles qui, par leurs caractères, semblent appartenir aux Guttulines, avoir dans la disposition de leurs loges les caractères que nous avons reconnus dans les Polymorphines ; ainsi les fig. 24 et 25, 29 et 30, se rapprochent de certaines variétés du P. cruciata et n’en diffèrent que par sa loge adjonctive et en saillie, comme nous le voyons ‘dans la fig. 13, pl. XIIT, pour l’espèce du lias.

Pour ne pas trop multiplier les figures, nous avons dû nous restreindre et ne pas produire tous les fossiles sous les deux faces, la description pouvant facilement y suppléer.

GUTTULINA OVIGERA. Terq., pl. XXXIIE, fig. 15 à 22.

Polymorphina ovigera, Terq. (Terquem, 4 Mémoire sur les Foraminifères du lias, pl. XIV, fig. 1 à 15.)

G. testa variabili, ovata, subrotundata vel compressa, loculis 3-6 prominentibus, irregularibus rotundatis vel

elongatis, diversim tenues, una vel altera facie inæqualibus.

Coquille variable, arrondie ou allongée, formée de 3 à

EN He

6 loges saillantes, irrégulières, arrondies ou allongées, diversement soudées, parfois en nombre inégal sur l’une ou l’autre face.

Nous avons choisi l’épithète ovigera pour quelques analogies qui existent entre cette série et celle du Polymorphina ovigera du lias.

Fig. 15. Coquille à 3 loges très-saillantes et soudées par un seul point, la dernière loge très-développée.

Fig. 16. Coquille ovale-allongée, arrondie, formée de 4 loges fortement soudées, la dernière supérieure et trèspetite.

Fig. 17 et 18. Coquilles subquadrangulaires, formées de 4 loges très-saillantes, dont 3 seulement visibles sur l’autre face.

Fig. 19. Coquille formée de 4 loges à sutures sinueuses, très-saillantes en arrière, presque planes en avant.

Fig. 20. Coquille formée de 4 loges très-saillantes ; cette variété est analogue au Polymorphina ovigera, Terq., pl. XIV, fig. 2 et 3 du lias.

Fig. 21 et 22. Coquilles formées, sur une face, de 5 loges saillantes sensiblement égales, et sur l’autre face de 6 loges, les premières très-petites ; cette variété est analogue au Polymorphina ovigera, Terq., pl. XIV, fig. 9 du lias.

Localités: Conflans et Fontoy. Couches 7 et 9. En général assez rare.

GUTTULINA DISPARILIS. Terq., pl. XXXIIT, fig. 23.

G. testa ovata, compressa, loculis quinis, irregularibus, primo ovali , prominente , secundo parvulo, semilunari, tribus aliis subplanis, uno elongato, irregulariter triangulari, septo sinuato, alio quinquangulari, ultimo oblique triangulari.

Coquille ovale, cordiforme, comprimée, formée de 5 loges irrégulières, la première ovale, très-saillante ; la seconde très-petite, semi-lunaire; les autres subplanes, l’une irrégulièrement triangulaire, à cloison sinueuse,

l’autre à 5 angles inégaux, la dernière obliquement triangulaire, l’autre face ne montrant que les 3 loges antérieures.

Localité: Fontoy. Couche 2. Fortrare.

GUTTULINA CRUCIATA. Terq., pl. XXXIIL, fig. 25 à 27.

Polymorphina cruciata, Terq. (Terquem, 4 Mémoire sur les Foraminifères du lias, p. 299, pl. XIII, fig. 13.)

G.testa ovata, plus minusve compressa, aliquando porosa, loculis 5-6, planis vel prominentibus, quatuor in cruce dispositis, quinto irregulari, hemisphærico vel elongato, prominente, una solummodo parte perspicuo.

Coquille ovale, plus ou moins comprimée, parfois couverte de pores, formée de 5 ou 6 loges saillantes ou planes, dont 4 disposées en forme de croix, la-cinquième irrégulière, hémisphérique ou allongée, saillante, visible sur une face seulement.

Fig. 25. Coquille légèrement poreuse, comprimée, loges non saillantes; postérieurement et au milieu de la loge basale, une loge hémisphérique, saillante.

Fig. 26. Coquille peu comprimée, loges peu saillantes, la première bifide, au centre une petite loge ovale, trèssaillante.

Fig. 27. Coquille couverte de pores nombreux , sur une face, comprimée, formée de 5 loges saïllantes, dans le milieu une loge oblique, très-saillante; sur l’autre face, coquille renflée, à 4 loges, les trois premières très-saillantes, l’antérieure plane.

Cette espèce, par la disposition cruciforme de ses grandes loges, établit le passage entre les Guttulines et les Polymorphines; peut-être conviendrait-il de rapporter aux Guttulines le Polymorphina cruciata, pl. XIII, fig. 143, du lias, qui montre des caractères identiques aux figures qui précèdent.

Localité : Fontoy. Couches 7 et 9. Fort rare.

GUTTULINA G18B0SA. Terq., pl. XXXU, fig. 28 et 29.

G. testa ovata, subrotundata, caudata, loculis quinis, prominentibus, primo producto, una parte tribus medianis ovatis, ultimo brevitriangulari, altera parte, loculis quatuor solummodo perspicuis, postice prominentibus, antice planis.

Coquille ovale, obronde, formée de 5 loges saillantes, la première allongée, obtuse et isolée ; sur une face, les trois médianes ovales, la dernière triangulaire très-petite ; sur l’autre face’, 4 loges dont 2 médianes, saillantes en arrière et planes en avant. ;

Localité: Fontoy. Couche 9. Fort rare.

GUTTULINA INTRICATA. Terq., pl. XXXIIL, fig. 30.

G. testa elongata, irregulariter rotundata, loculis septem, intricatis, prominentibus, irregularibus, primis parvis rotundatis, ultimis productis.

Coquille allongée, irrégulièrement arrondie , formée de 7 loges, imbriquées, saillantes, arrondies en arrière, allongées en avant, disposées en anneau renfermant une loge, non visible sur l’autre face.

Localité: Fontoy. Couche 7. Fort rare.

LES AGATHISTÈGUES.

De même que, dans nos autres études de genres, nous ne saurions, pour les Agathistègues, suivre la voie tracée par nos devanciers pour la classification des fossiles qui appartiennent à cet ordre: les auteurs ont, en général, créé autant d'espèces que les fossiles présentaient de modifications, quelque superticielles qu’elles fussent : les loges un peu plus arron-

dies ou aplaties, allongées ou arquées, le centre plus ou moins saillant ou élargi, suffisaient pour l’établissement d’une espêce‘; si nous agissions de la sorte, nousarriverions facilement à démontrer la présence de plusieurs centaines d’espèces dansl'oolithe inférieure.

Nous préférons, conformément à nos études antérieures, établir des séries montrant les relations qui existent d’individu à individu et les passages, pour ainsi dire réguliers et insensibles, qui relient une forme à une autre ; nous comprendrons donc dans un seul groupe toutes ces variétés de formes, quels que soient l’étendue que nous devrons donner à la série et le nombre d’individus qu’elle pourra comprendre.

Comme dans les genres précédemment étudiés et en vue de simplifier la classification, nous croyons devoir répéter que nous nous imposons le devoir de multiplier les figures, et nous prenons à tâche de restreindre, autant que possible, le nombre des espèces.

D'Orbigny donne cette diagnose pour les coquilles comprises dans l’ordre des Agathistègues * : « Loges pelotonnées sur deux, sur trois, sur quatre ou cinq faces, autour d’un axe commun, faisant chacune dans leur enroulement la longueur totale de la coquille, ou la moitié de la circonférence ; par ce

‘ Pour ne citer qu’un auteur, nous voyons dans d'Orbigny (F'oraminifères du bassin tertiaire de Vienne (Autriche), pl. XVIT) les Triloculina scapha et T. occulina ne présenter qu'une légère modification de renflement ; les Triloculina consobrina, T. inflata et T. inornata, établis sur un semblable caractère, peuvent tous être réunis en une seule espèce ; il en est de même (pl. XVIII) pour les Quinqueloculina Mayeriana, Q. angularis et Q. Akneriana, etc.

? D'ORBIGNY. Foraminifères du bassin tertiaire de Vienne (Autriche), p. 260.

moyen, l'ouverture, presque toujours munie d’un appendice, se trouve alternativement à une extrémité ou à l’autre. » -

Cette définition, prise dans son ensemble, nous a paru juste et parfaitement applicable à tous les genres compris dans cet ordre ; la diagnose particulière des genres y apporte quelques modifications ; ainsi, pour les Biloculines, l’appendice manque toujours et les loges s'appliquent presque toujours les unes contre les autres par une large surface ; il en résulte alors que le bord de la première loge ne détermine -aucune saillie, se trouvant résorbé ou recouvert par la seconde loge ; l'ouverture est toujours sessile et transversale.

Dans les autres genres, les loges sont plus ou moins saillantes et se montrent soudées par leur côté étroit ; en tout cas, elles sont parfaitement distinctes, bien que les premières soient en partie recouvertes par les dernières. L'ouverture est ronde et lappendice ou rostre, qui la porte, parfois très-long.

D'Orbigny ajoute! : « Outre le pelotonnement des loges qui distingue les Agathisthègues des autres ordres, leur contexture est aussi très-différente ; et leur densité absolue, dans toutes les espèces des genres que nous y plaçons, est un motif de plus pour les réunir dans un même groupe. Cette contexture est opaque, serrée, généralement blanche, comme laiteuse et sans aucun indice de porosité, toutes les coquilles ressemblant à de la porcelaine ou à de l'ivoire ? ; aussi y a-t-il loin de là au test poreux de presque tous les Hélicostègues. »

* D'OnsiGny. Loc. cit., p. 256.

>? Du sable de l'île de la Réumion contient des Triloculines d’une couleur

ru

Cette texture porcelanée, qui parait si dense, est cependant douée de la propriété particulière d’être très-facilement attaquée par les eaux acidules et de disparaître très-promptement '.

D'Orbigny établit (loc. cit., p. 256) « qu'iln’ya pas d’Agathistègues dans les terrains crétacés, ni dans les autres formations qui leur sont inférieures ; ils ont apparu avéc les terrains tertiaires et se sont montrés, dès cet instant, en nombre considérable, tant comme espèce que comme individus. »

Bronn ({ndex palæont.) indique, d’après Munster (in Lilleris), deux Spiroloculines et une Triloculine pour le Kimmérigdien ou le Portlandien.

D'Orbigny et Reuss, malgré ses nombreuses publications sur la craie de Bohême, n’ont, chacun, indiqué qu’une seule espèce pour tous les terrains secondaires.

Nous avons publié une Biloculine et une Triloculine pour le lias moyen de la Moselle? et, malgré toutes nos recherches, nous n’avons pu trouver qu’un exemplaire unique pour chaque espèce.

noire, et les loges sont bordées d’une ligne blanche ; dans l’Adriatique, les coquilles sont généralement d’un blanc laiteux ; à Stora (Algérie), elles sont rouges ou jaunes ou flambées de rose. :

… Parmi nos fossiles, il s’en présente qui ont les loges entièrement translucides, modification très-probablement survenue par la fossilisation, ou encore après que les coquilles furent fossilisées.

* Cet ordre partage cette propriété avec certains genres appartenant à d’autres ordres ; dans celui des Stichostègues, les Glandulines ; dans celui des Hélicostègues, les Frondiculaires, les Nonionines, les Rotalines, etc.

? TERQUEM. Premier Mémoire sur les Foraminifères du lias de la Moselle, p. 76 et 77, pl. IV, fig. 14 et 15.

Par de consciencieuses recherches exercées près d'Essey, dans les environs de Nancy, M. Berthelin vient de découvrir une grande quantité d’Agathisiègues, dans le lias moyen (zone à À. margaritatus) ; ces Fossiles pré-

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L’oolithe inférieure contient un très-grand nombre d’Agathistègues, que nous avons classés dans les genres Spiroculina, Triloculina et Quinqueloculina. Ces fossiles, dans leur ensemble, donnent lieu à plusieurs observations :

4° L'action dissolvante des eaux acidules a tellement réagi sur les coquilles que certaines couches de Fontoy (en particulier la 9% et la 11°) ne renferment que des moules en sulfure de fer ; dans d’autres couches, le test s’est conservé intact, mais, pour la plupart des fossiles, les loges sont également remplies de sulfure ‘ ; parfois l’intérieur des loges et en calcaire spathique blanc ou translucide.

2 Les moules en sulfure de fer présentent ce

caractère particulier, qu’ils mettent en évidence des loges qui seraient restées cachées si le test avait été conservé ; ils donnent des figures tout autres que celles qu’on obtient avec des fossiles munis de leur test.

3 La fossilisation est venue parfois profondément modifier le test ordinairement dense et porcelané, et l’a converti en calcaire grenu, sorte d’encroûtement rugueux, d’une couleur grisâtre, d’un aspect terne, et dont les points de brisure montrent le remplissage de la loge en sulfure ou en calcaire translucide.

sentent un caractère particulier et fort remarquable : ils sont tous munis d’un rostre très-long et très - étroit, disposition qui se montre identique dans les Agathistègues de la grande oolithe de la Bohême. Le test de ces fossiles liasiens est vitreux et d’une translucidité parfaite, toutes les coquilles montrant leurs loges entièrement vides.

1 L'intérieur des loges est presque toujours à l’état géodique ; et avec un très-fort grossissement , on distingue, à travers le test, la forme cubique des cristaux de sulfure de fer.

% Cette modification de la texture du test l’a rendu d'autant plus soluble et plus facilement attaquable par les eaux acidules.

5° Les eaux acidules n'agissent pas d’une manière égale sur tous les genres ; ainsi, les Spiroloculines y sont plus sensibles que les Triloculines et les Quinqueloculines ; et, dans ces derniers genres, il est à remarquer que les loges externes sont plus facilement attaquées que les internes.

L'inverse a lieu pour les Spiroloculines : les loges externes enveloppantes se montrent bien conservées quand les internes ont été profondément attaquées, au point d’être fondues en une surface unie, plane ou même concave.

Nous avons fait des expériences comparatives sur des Agathistègues vivants et tertiaires et nous sommes arrivés à des résultats identiques.

Avant d'entrer dans l’étude particulière des genres, rappelons d’abord que d’Orbigny a, suivant les diagnoses, classé les genres d’après le mode d’accolement des loges : premièrement sur deux rangs, Biloculina et Spiroloculina, puis surtrois rangs, Triloculina, sur quatre rangs, Sphæroidina, et enfin ‘sur cinq rangs, Quinqueloculina.

Ces modes de superposition dans les loges sont loin d’être toujours bien évidents, et le plus souvent les fossiles sont classés suivant le nombre des loges visibles ; ainsi des Triloculines, au lieu de présenter trois faces distinctes, n’en possèdent.que deux et montrent sur une face 2 loges juxtaposées et sur l’autre face 3 loges, dont la médiane est très-petite et souvent plus saillante que les autres. Lorsqu'une coquille possède 3 loges sur une face et 4 sur l’autre, elle est classée parmi les Quinqueloculines, bien

qu’elle puisse n'être que l'adulte d’une Triloculine! ; il en est de même quand un fossile montre 4 loges sur une face et 5 sur l’autre. En tout cas, les loges médianes sont plus saillantes que les externes et montrent un autre mode de pelotonnement; par conséquent, les deux faces sont constamment dissemblables ; de là un caractère essentiel pour distinguer les coquilles de deux genres de leurs congénères : les Biloculines et les Spiroloculines ont leurs deux faces sensiblement égales.

Comme nous l'avons dit plus haut, dans les Biloculines, les loges sont soudées par une large surface, c'est-à-dire que les loges sont élargies et la suture

est à peine visible. D'Orbigny* a rapporté à ce genre des coquilles qui présentent une compression inverse, dont les loges sont soudées par leur côté étroit et dont la suture est profonde.

Nous avions, dans le principe, admis cette opinion et nous avions classé quelques fossiles dans les Biloculines ; mais ayant à notre disposition? un grand nombre de ‘coquilles formées de deux loges, nous avons pu nous convaincre qu'il ne suffit pas de ce caractère unique pour le classement exact des fossiles, il faut de plus que l'ouverture soit sessile et transversale, et dès lors nous avons dû rapporter nos

* Les loges se soudant suivant le sens de leur longueur, il en résulte que les coquilles, dans leur développement, n’augmentent pas sensiblement leurs dimensions, l'addition d'une loge n’ajoute que quelques centièmes de millimètres en hauteur et en largeur.

2 D'ORBiIGNY. Foraminifères du bassin tertiaire de Vienne (Autriche), p. 266, pl. XVI, fig. 4-6.

5 Nous possédons de la grande oolithe de la Bohème une nombreuse collection de Foraminifères, parmi lesquelles les Agathistègues se comptent par milliers.

fossiles aux Triloculines. Nos fossiles oolithiques ont la seconde loge parfois très-enveloppante et sont munis d’un appendice qui indique que l’ouverture est ronde.

L'étude de l’ensemble de nos fossiles biloculaires nous conduit à établir des séries qui donnent une solution satisfaisante du problème : |

La première série renferme des coquilles dont la deuxième loge est très-enveloppante et la première loge très-petite ;

La deuxième série montre les deux loges sensiblement égales et la suture devient très-marquée ; déjà l’une des faces est plate et l’autre bombée ;

Dans la troisième série, la suture est profonde sur une face et laisse soupçonner une troisième loge interne entièrement recouverte;

Enfin, dans la quatrième série, la suture s’élargit insensiblement et bientôt elle laisse apparaître une loge médiane; alors une face présente deux loges quand l’autre face en a trois, et l’on arrive ainsi à avoir une véritable Triloculine.

Les séries ne s’arrêtent pas àce point et r'atéoiérént des loges suit sa marche progressive et normale :

Une cinquième série est formée de coquilles munies de trois loges sur chaque face; une autre série montre trois loges sur une face et quatre sur l’autre; enfin, il y a des coquilles à quatre loges sur chaque face, ou encore à quatre sur une face et à cinq ou six sur l’autre.

De cet exposé, nous pouvons conclure : 4° que l'oolithe inférieure ne renferme pas de véritables Biloculines' ; 20 que les coquilles biloculaires de-

* Les Biloculines sont en général fort rares, en espèces et en individus, soit vivantes, soit fossiles.

viennent d’une manière insensible des Triloculines ; 3 que celles-ci passent de même aux Quinqueloculines ; 4 que pour être conséquent avec la nomenclature, il faudrait établir des Quadriloculines et même des Sexloculines.

Ebrenberg a repris le nom de Miliolithes de Lamarck et l’a transformé en Miliolina, puis en Miliola, pour y comprendre les genres Triloculina et Quinqueloculina de d’'Orbigny ; genres que Reuss et son école ont maintenus. Nous croyons en effet, d’après les considérations que nous venons de développer, que cette partie de la nomenclature demande à recevoir quelques modifications.

En résumé, pour simplifier notre travail et arriver à un classement facile, sinon méthodique, nous avons rangé dans les Triloculines les coquilles biloculaires' munies d’un rostre, plus celles qui montraient deux loges sur une face et trois sur l’autre; puis nous avons compris dans le genre Quinqueloculina, tous les autres fossiles dont les faces montraient un plus grand nombre de loges.

Les Spiroloculines sont formées par une succession normale de loges qui s’appliquent régulière- -ment à droite et à gauche ; il en résulte une coquille régulière dont les deux faces sont égales, quel que soit d’ailleurs le nombre des loges.

Les fossiles compris dans ce genre se montrent, plus que ceux d’aucun autre genre, sensibles à l’action dissolvante des eaux acidules.

* Pour connaître la constitution intérieure de ces coquilles, nous avons vainement cherché à obtenir des coupes; d’une part, la petitesse des coquilles, et, d’une autre part, la dureté du test nous faisaient plutôt écraser les coquilles que les diviser.

Une série de fossiles est formée de deux loges allongées ou contournées qui ne sont soudées l’une à l’autre que par une partie plus ou moins petite de leurs extrémités ; elles forment ainsi un simple anneau ; les loges centrales ont été entièrement confondues et présentent une surface plane et même concave qui prend tout l’aspect et le caractère d’un nucléus, c’est-à-dire une texture uniforme et translucide.

Nous sommes convaincu que ce centre était dans le principe occupé par une ou plusieurs loges, attendu que, dans les séries qui suivent, on voit ce centre devenir successivement plus étroit et le nombre des loges s’agrandir : le classement de ces coquilles biloculaires ne présente donc aucune difficulté et d'autant moins que les deux faces sont semblables.

La série qui suit possède ces caractères principaux : les coquilles sont également comprimées sur les deux faces et formées de 4 à 10 loges se succédant normalement à droite et à gauche, ensemble de caractères propres aux Spiroloculines.

Nous ferons remarquer : 4° que la forme des coquilles à 4 loges se reproduisant dans celles à 5 ou 6 loges, les premières peuvent être considérées comme constituant le jeune àge des sécondes ; 2° que la loge centrale est parfois profondément attaquée et représentée par une surface concave et rugueuse ; parfois le centre a complétement disparu, bien que le fossile soit encore muni de 8 loges ; 3° que l’addition des nouvelles loges ajoute fort peu aux dimensions des coquilles, les loges externes, à mesure de leur production, résorbant ou recouvrant les internes ; 4 que le recouvrement plus ou moins grand ne

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saurait être pris en considération pour le classement des coquilles, dès l'instant que les deux faces sont égales :.

Une petite série de coquilles se rapproche de la première série des Spiroloculines par deux caractères : comme celle-ci, elle se montre formée de deux loges externes en forme d’anneau et les deux faces sont sensiblement égales ; mais elle en différe par le centre également bombé sur les deux côtés ; quelques échantillons sont munis dans le milieu de deux sutures obsolètes ; parfois une brisure dans l’encroûtement du test laisse voir les loges médianés, saillantes et obliques ; caractères qui démontrent que ces coquilles doivent être rangées parmi les Quinqueloculines.

Nous avons enfin à mentionner, mais uniquement pour mémoire, des corps sphériques en sulfure de fer, d'environ deux millimètres de diamètre, sur lesquels nous avons réconnu des traces de sillons concentriques ; ces petites sphères sont peut-être des moules de Sphæroidina.

Genre SPIROLOCULINA, d'Orbigny :.

« Coquille libre, régulière, équilatérale, compriméé, formée d’un pelotonnement sur deux faces 6p-

* Aiosi, le Quinguelueulina Bronniana d'Orb. (d'Orbigny. Foram. du bass. tert. de Vienne (Autriche), pl. XVIIL, fig. 4 à 6) dont l'accroissement est régulier et dont les deux faces sont égales, doit, suivant notre opinion, être rangé parmi les Spiroloculines ; il en est de mème pour plusieurs autres espèces.

? D'ORBIGNY. Fôfaminiféres du bassin tertiaire de Vienne (Autriche), p. 268$. .

posées, composée de loges non embrassantes, appliquées les unes sur les autres sans se recouvrir, et dès lors toutes apparentes ; leur cavité est simple. Ouverture unique, située alternativement aux deux extrémités de l’axe longitudinal ; elle est simple ou pourvue de dents, presque toujours prolongée en tube.

» Enroulé sur le même plan, sur deux faces opposées, comme les Fabularia et les Biloculina, ce genre se distingue par ses loges quine se recouvrent point et sont à découvert au lieu d’être embrassantes. Ces jolies coquilles sont comprimées dans le sens opposé au pelotonnement, tandis que la compression des Biloculina a lieu en général dans le même sens du pelotonnement. Elles présentent une spire dont chaque tour est formé de deux loges opposées depuis son principe jusqu’à son plus grand développement ; aussi sont-elles toujours oblongues, ovales ou allongées.

» Nous en connaissons 26 espèces dont 12 vivantes dans la Méditerranée, l'Océan et les Antilles ; Les espèces fossiles proviennent des terrains tertiaires de France, d'Angleterre, d'Italie et d'Allemagne. »

Les fossiles appartenant à ce genre foisonnent dans l’oolithe inférieure et beaucoup sont à l’état de moule en sulfure de fer, montrant d’une manière fort nette la succession des loges. Nous avons pu rassembler un grand nombre d'échantillons et nous avons pu dessiner tous ceux qui présentaient une forme particulière ; la réunion de ces dessins nous a montré qu'il y avait des passages insensibles d’une forme à une autre, sans qu'il fût possible d’y reconnaître des caractères suffisants pour établir plusieurs espèces et nous les avons, en conséquence, compris en une seule. ‘

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Pour apporter un peu de clarté dans le classement des variétés réunies dans cette seule espèce, nous les avons divisées en autant de séries que les coquilles comportent de loges.

Quelques formes particulières qui n’ont pu rentrer dans le cadre de cette série, ont donné deux espèces nouvelles.

D'Orbigny, dans les rapports et les différences ‘entre les genres Spiroloculina et Quinqueloculina, n’a pas tenu compte de deux caractères qui nous ont paru essentiels : dans le premier genre la coquille étant toujours équilatérale, les loges restent constamment dans le même plan, qu’elles soient saillantes ou planes ; dans le second genre, la coquille est toujours inéquilatérale, comporte un plus grand nombre de loges sur une face que sur l’autre et toujours quelques-unes sont saillantes.

D'un autre côté, d’Orbigny a apprécié à une trop grande valeur le caractère inhérent au recouvrement plus ou moins grand des loges ; il en est résulté qu’il a rangé parmi les Quinqueloculines deux coquilles ' qui appartiennent aux Spiroloculines et se rapportent à nos fig. 15 et 16, pl. XXXIV, dont nous donnons de nombreuses variétés et qui doivent évidemment être classées parmi les Spiroloculines.

Nous possédons des types analogues à l’état vivant et provenant de Stora (Algérie).

SPIROLOCULINA INFRAOOLITHICA, Terq., pl. XXXIV, fig. 1 à 30, pl. XXXV, fig. 1 à 12.

S. testa elongata vel ovata, circiter rotundata, utrinque

? Quinqueloculina Bronniana et Q. Haidengerii d'Orb. (d'OrBIGNY. Foraminifères du bassin lertiaire de Vienne (Autriche), p. 289, pl. XVI, fig. 4à 6 et 13 à 15).

æquali aut subæquali, lævigata, loculis 3-10 rotundatis aut compressis , plus minusve conjunctis, inflatis vel angustis, arcuatis , primo convexo vel plano vel concavo , ultimo late vel angusto, plus minusve expanso et acuminato.

Coquille allongée ou ovale, arrondie sur le pourtour, égale ou subégale sur les deux faces, formée de 3 à 10 loges arrondies ou comprimées, renflées et courtes ou très-allongées et étroites, celles du centre plus ou moins distinctes; les premières plus ou moins étroites, convexes ou planes ou même concaves ; la dernière élargie ou étroite, plus ou moins projetée et acuminée.

A. — Coquilles triloculaires, fig. 4 à 10.

Nous avons placé à la tête de cette série deux coquilles dont les deux faces sont un peu dissemblables; les deux loges externes sont disposées en forme d’anneau.

Fig. 1 et2. Coquilles subquadrangulaires, irrégulières, à centre déprimé.

Fig. 3. Coquille ovale, à centre très-déprimé.

Fig. 4 à 40. Coquilles à loges étroites, allongées et arquées, devenant successivement plus larges, plus courtes et semi-lunaires.

B. — Coquilles quadriloculaires, fig. 11 à 19.

Cette série, disposée à l'inverse de la précédente , commence par les coquilles à loges larges pour finir par celles à loges étroites : ainsi, les fig. 11 et 12 se rapprochent des fig. 9 et 10, comme la figure 19 se rapporte à la figure 7 de la première série.

C. — Coquilles quinqueloculaires, fig. 20 à 26. Cette série continue la précédente et la figure 20 fait

suite à la fig. 49, de même que la fig. 24 se rapporte aux fig. 2 et 8.

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L] D. — Coquilles multiloculaires: pL XXXIV, fig. 27 à 28; pl. XXXV, fig. 1 à 7.

Cette série comprend les coquilles formées de 6 à 10 loges et plus.

Les fig. 27 et 28 et fig. 1 de la planche suivante, qui comportent 6 loges, sont analogues aux fig. 21 et 22.

Fig. 2, à 6 loges fortement rugueuses, analogue à la fig. 22 de la pl. XXXIV.

Fig. 3, a, b, Coquille un peu inéquilatérale, formée de 6 loges sur une face et de 7 sur l’autre, analogue à la fig. 24, pl. XXXIV ; fig. 3, b, loges de centre peu distinctes.

Fig. 4 à 6. Coquilles formées de 6 à 8 loges.

Fig. 7. Moule en sulfure de fer, formée de 8 loges trèsétroites. à centre vide.

Localités : Conflans et Fontoy. Couches 2, 3,9, 10, 11, 43 et 14. Très-commun.

SPIROLOCULINA VERMIFORMIS, Terq., pl. XXXWV, fig. 8.

S. testa elongata , ovata, compressa, lϾvigata, circiter rotundata, loculis 6, primis parvis, obscuris, duobus, ultimis interne costatis, ultimo producto, undulato, irregulari, vermiformi, antice geniculato, inflexo.

Coquille allongée, ovale, comprimée, lisse, arrondie extérieurement, formée de 6 loges, les premières petites, peu distinctes, les deux dernières bordées d’une étroite côte à l’intérieur , la dernière très-allongée, onduleuse, irrégulière , vermiforme , genouillée et recourbée dans le haut.

Localité: Fontoy. Couche 10. Fort rare.

SPIROLOCULINA INTORTA, Terq., pl. XXXV, fig. 9 et 10.

S. testa ovata, compressa, lævigata , loculis tribus aut, quaternis , elongatis, inflatis vel compressis, plus minusve acuminatis, duobus ultimis intortis.

Coquille ovale, comprimée, lisse, formée de 3 ou 4

loges allongées, renflées ou comprimées., plus ou moins acuminées , les loges du centre peu distinctes ou parfois rugueuses, les deux externes obliques, déterminant une torsion plus ou moins grande.

Localité: Fontoy. Couches 7 et 10. Assez rare.

Genre TRILOCULINA, d’Orbigny.

« Coquille libre, inéquilatérale, globuleuse ou comprimée, ayant la même forme à tous les âges, formée d’un pelotonnement sur trois faces opposées, composée de loges se recouvrant; dès lors, il n’y en a jamais que trois apparentes ; leur cavité est simple. Ouverture unique, ronde ou ovale, placée alternativement à l’une ou à l’autre extrémité de l’axe longitudinal et munie d’une dent plus ou moins compliquée.

» Pour la contexture , pour l’aspect général, ces coquilles ont la plus grande ressemblance avec les biloculines et les autres Agathistègues ; elles se dis- tinguent néanmoins de ce genre par le pelotonnement de leurs loges sur trois faces au lieu de deux; ainsi, l'on voit toujours trois loges apparentes, tandis qu’on n’en aperçoit que deux dans les Biloculines et cinq chez les Quinqueloculines. Les Articulines ont bien, comme les Triloculines, le pelotonnement des loges sur trois faces opposées, mais au lieu de conserver cet accroissement à tous les âges, elles se projettent en ligne droite dans l’âge adulte, ce qui les fait différer essentiellement de ces dernières.

! D'OrBIGNY. Foraminiféres du bassin tertiaire de Vienne eat page 272.

» Toutes les espèces de Triloculines connues sont ou vivantes actuellement dans les mers, ou seulement fossiles dans les terrains tertiaires; nous en avons dessiné 60 espèces vivant dans les mers des Antilles, de l’Adriatique, de la Méditerranée et de l'Océan; 21 espèces sont fossiles et proviennent de France, d'Angleterre, d'Italie et d'Allemagne. »

Nous avons indiqué une Triloculine pour le lias moyen de la Moselle, et nous en avons trouvé un grand nombre dans l’oolithe inférieure.

D’après les observations de d’Orbigny sur les rapports et les différences entre les genres Triloculina et les autres genres, on doit admettre que le pelotonnement ayant lieu sur trois faces, on doit toujours voir trois loges apparentes; le fait est exact, mais pour une face seulement, l'autre ne montrant jamais que deux loges; il convient encore d'ajouter que, parmi les trois loges, celle du milieu est presque toujours plus saillante que les autres.

Nous avons démontré qu'il fallait également comprendre, dans les Triloculines, des coquilles qui montrent deux loges sur chaque face.

TRILOCULINA COSTATA, Terq., pl. XXXVL, fig. 4, &, b.

T. testa abbreviata , ovata, antice subtruncata, postice rotundata, lateribus bicostata, dorsocarinata, loculis rectis, inflatis, sutura in una parte profunde excavata, in altera incis«.

Coquille courte, ovale, subtronquée en avant, arrondie en arrière , ornée de chaque côté de deux côtes élevées, carénée sur le dos, formée de deux loges droites et renflées, suture large et profonde sur une face, simplement incisée sur l’autre.

Localité: Fontoy. Couche 14. Fort rare.

TRILOCULINA FONTINENSIS. Terq., pl. XXXV, fig. 41. «, b.

T. testa subsphæroidea, lævigata, antice attenuata, subacuminata, postice rotundata, loculis duobus convexis, sutura excavata.

Coquille subsphérique , lisse, rétrécie et subacuminée en avant, arrondie en arrière, formée de 2 loges convexes, suture excavée.

Localité: Fontoy. Couche 14. Fort rare.

TRILOCULINA VARIABILIS, Terq., pl. XXXV, fig. 12 à 22;

P. testa oblonga , plus minusve transversim compressa , lœvigata , circiter rotundata , postice obtusa , antice plus minusve truncata , vel angustata, producta , loculis elongatis, rectis vel arcuatis, lateribus convexiusculis, uno latere duobus, et sutura lala, altero duobus aut tribus perspicuis, medio loculo prominente, suturis complanatis.

Coquille oblongue, plus ou moins transversalement comprimée, arrondie sur le pourtour, obtuse en arrière, tronquée ou allongée et acuminée en avant, formée de loges allongées, droites ou arquées, ou droites sur une face et arquées sur l’autre, renflées sur les côtés, sur une face 2 loges et la suture large et profonde, sur l’autre face 2 ou 8 loges, la médiane très-saillante, sutures peu marquées.

Les coquilles fig. 12 à 15, pl. XXXV, ne montrent que 2 loges sur chaque face et se rapprochent ainsi des biloculines ; elles possèdent, d’une part, une compression en sens inverse de celle qui caractérise en général ce genre ; d’une autre part, toutes quatre sont munies d’un appendice antérieur qui permet de les ranger parmi les Triloculines.

D’Orbigny a signalé une espèce qui présente ce mode de compression et qu’il a classée dans les Biloculines, mais l’ouverture est en fente transversale. (Biloculina contraria d’'Orb.) (Foram. du bas. tert.de Vienne, p.266, pl. XVI, fig. 6.)

D'Orbigny a publié trois espèces de Triloculines ‘ qui ne devraient n’en faire qu’une seule ; elles se rapportent complétement à certaines variétés de notre espèce, et à tel point que nous avons pu en prendre la description, tout en l’étendant un peu, pour pouvoir y comprendre toutes les variétés.

PL. XXXWV.

Fig. 12. Coquille ovale, acuminée, formée de 2 loges sur chaque face, la première très-petite, suture profonde.

Fig. 43. Coquille ovale, subacuminée, formée de 2 loges sur chaque face, la première très-longue, suture peu marquée.

Fig. 14. Coquille ovale, très-acuminée, formée de 2 loges sur chaque face , suture plus nr sur un Côté que sur l’autre.

Fig. 15. Coquille ovale , comprimée sur une face, à suture peu marquée, rénflée sur l’autre face, à suture large et profonde, loges arquées.

Fig. 16. Coquille ovale, tronquée en avant, loges droites, noduleuses, sur une face, 2 loges et suture très-large et profonde, sur l’autre face, 3 loges à sutures peu marquées.

Fig. 17. Coquille ovale, comprimée, verticale sur les côtés, arrondie en arrière, anguleuse en avant, une suture prspies l'autre peu marquée.

- Fig. 18, a, b. Coquille ovale, comprimée , sur une face 2 loges verticales, sur l’autre face 3 loges arquées, la médiane petite et trés saillanté:

Fig.19, a, b, c. 19 bis. Coquille ovale, plus ou moins allongée, possédant des variétés nombreuses; sur une face, la forme restant constante, coquilles comprimées, loges arquées, arrondies ; sur l’autre face, la forme très-variable, loges très-arquéés, la médiane plus ou moins développée

et saillante. ;

1 Triloculina consobrina, T.inflata et T. inornata (d'Orb., Foram. du bass. tert. de Vienne, p. 277 et 278, pl. XVII, fig. 10 à (8).

Fig. 20 et 21, «, b. Coquilles ovales, comprimées, sur une face, suture onduleuseet profonde, sur l’autre face, 3 loges allongées, la médiane saillante, sutures profondes.

Fig. 22. a, b, c. Coquille régulièrement ovale; sur une face, comprimée, formée de 2 loges verticales; sur l’autre face, 3 loges, la centrale très-grande, ovale, renflée, les externes très-étroites en forme d’ânneau. |

Localités : Conflans, Fontoy. Couches 1, 5, 7,9, 10. Très-commun.

Genre QUINQUELOCULINA, d’Orbigny '.

« Coquille libre, inéquilatérale, globuleuse ou comprimée, arrondie ou anguleuse, ayant la même forme à tous les âges, formée d’un pelotonnement sur cinq faces opposées, composée de loges se recouvrant, de sorte qu’il n’y a jamais que cinq apparentes; leur cavité est simple. Ouverture unique, pourvue d'une dent simple ou composée.

» La contexture, l’aspect général sont les mêmes que chez les Biloculines et les Triloculines, mais le mode d’accroissement n’est pas semblable. Les loges, au lieu de se pelotonner sur deux ou trois faces autour de l’axe, se pelotonnent sur cinq; aussi à tous les âges ne voit-on que 5 loges apparentes, 3 d’un côté et 2 de l’autre, tandis que dans les autres genres, on en voit 2 ou 3 seulement.

» Nous avons dessiné et décrit cent onze espèces, sur lesquelles soixante-cinq vivantes et quarante-six fossiles. Les espèces vivantes appartiennent à toutes

* D'OngiGNy. Foraminifères du bassin tertiaire de Vienne (Autriche), p. 284.

= JH —

les latitudes avec une abondance très-variable. Pour les espèces variables, elles sont toutes des terrains tertiaires de France, d'Italie, d'Angleterre et d’Allemagne. »

Les Quinqueloculines sont très-abondantes dans le terrain oolithique et plus nombreuses en variétés qu’en espèces.

Le nombre des loges apparentes ne reste pas constant et fixé à 5, comme l'indique d’Orbigny; on en voit parfois 6 et même 7; mais la saillie constante d’une ou de plusieurs loges, qui rend la coquille inéquilatérale, sert à distinguer les coquilles de ce genre des Spiroloculines.

Faisant l'application de ce principe, nous trouvons que les Quinqueloculina Bronniana et Q. Haidengerii (Foram. du bas. tert. de Vienne, p. 287 et 289, pl. XVIIL, fig. 4-6 et 13-15), qui ont toutes les loges sur le même plan et les deux faces similaires, doivent rentrer dans le genre Spiroloculina.

QUINQUELOCULINA IMPRESSA, Terq., pl. XXXVI, fig. 2 à 7.

Q. testa ovata, plus minusve compressa, lœvigata, margine rotundata, antice plus minusve producta, acuminata, postice rotundata , uno latere impressa aut excavata, altero convexa , loculis 3 perspicuis in utraque facie, rectis aut arcuatis.

Coquille ovale, plus ou moins comprimée, lisse, arrondie sur le pourtour, plus ou moins allongée et acuminée, arrondie en arrière, déprimée ou excavée sur une face, convexe sur l’autre, formée de 3 loges visibles sur chaque côté, droites ou plus ou moins arquées.

Fig. 2, a et b. Coquille ovale, comprimée, acuminée, sur une face, suture onduleuse et profonde, 2 loges; sur l’autre face, sutures arquées peu marquées, 5 loges.

Fig.3, a, b. Coquille munie de 3 loges très-renflées sur une face, à centre concave sur l’autre face.

Fig. 4, a, b Coquille très-acuminée, sur une face 3 loges comprimées, sur l’autre 3 loges renflées, une quatrième concave.

Fig. 5. Coquille très-acuminée à 3 loges sur chaque face, la médiane très-petite.

Fig. 6. Coquille ovale-allongée, à 3 loges sur chaque face, la médiane très-étroite et saillante.

Fig. 7. Coquille très-comprimée, arquée sur une face, à centre concave sur l’autre.

Localités : Conflans et Fontoy. Assez commun.

QUINQUELOCULINA OVULA, Terq., pl. XXXVI, fig. 8 à 16.

Q. testa longitudinaliter et transversim ovata, lævigata, utrinque convexa , loculis internis incrassatis, non perspicuis, externis angustis vel latis, arcuatis, prominentibus vel planis, dente elongato, apice bifurcato.

Coquille ovale longitudinalement et transversalement, lisse, convexe sur les deux faces, formée de loges peu distinctes, les internes encroûtées, les externes étroites ou élargies, plus ou moins arquées , saillantes ou planes, sutures peu marquées.

Fig. 8. Coquille ovale, subacuminée à ses deux extrémités.

Fig. 9. Coquille atténuée en avant.

Fig. 10. Coquille à suture obsolète dans le milieu, ouverture munie d’une dent en forme de T.

Fig. 11. Coquille à suture obsolète dans le milieu, loges externes très-enveloppantes.

Fig. 12. Coquille transversalement arrondie, :sutures à peine marquées.

Fig. 13. Coquille transversalement ovale, loges externes très-enveloppantes, loge médiane à peine visible.

Fig, 14. Coquille à centre rugueux et convexe.

Ha joe

Fig. 15 et 16. Coquilles transversalement ovales, sur une face 3 loges, la médiane ovale, sur l’autre face 5 loges, les deux externes recourbées à la base.

Localité : Fontoy. Couches 7, 9et 11. Assez rare.

QUINQUELOCULINA GIBBERULA, Terq., pl. XXXVI, fig. 17, a etb.

Q. testa elongata, obovata , lævigata, gibberula, loculis quinis, uno latere tribus, velut tortis, primo parvulo, vix perspicuo, secundo arcuato , tertio recto , inflato , altero latere , primis tribus planis, quaterno arcuato, ultimo angusto, recto

Coquille allongée, obovale, lisse, formée de 5 loges, sur une face 3 loges comme tordues, la première à peine visible, la seconde arquée, la troisième droite et renflée; sur l’autre face, les trois premières à peine distinctes, la quatrième très-arquée, la dernière allongée et presque droite.

Localité: Fontoy. Couche 7. Assez rare.

QUINQUELOCULINA INCONSTANS, Terq., pl. XXX VI, fig. 18 k à 20 ; pl. XXX VIT, fig. 1 à 12.

Q. testa elongata, plus minusve irregulariter ovata , vel - apice acuminata, lœvigata, circiter rotundata, loculis plerumque irregularibus, numero vüriabilibus , elongatis, angustis, plus minusve arcuatis, aut geniculatis, uno latere 3-9, altero 4-6.

Coquille allongée, plus ou moins irrégulièrement ovale, arrondie à ses extrémités ou acuminée en avant, lisse, arrondie sur le pourtour, formée de loges plus ou moins saillantes, tronquées ou projetées en avant ; toutes les loges également arquées ou géniculées, ou à l'inverse, les premières géniculées et les dernières arquées, en nombre très-variable sur chaque face, 3 à 5 sur l’uneet 4 à G sur Pautre.

Nous n'avons pu, pour le classement des nombreuses coquilles que nous avous réunies dans cette série, prendre pour guide la forme des loges, plus ou moins arquées ou genvuillées en arrière, ces deux formes se montrant réunies dans presque tous les échantillons, avec des dispositions variées ; nous avons dû de préférence nous servir du nombre des loges et nous avons pu ainsi établir cinq séries pour cette espèce.

3 loges sur une face, de 4 à 6 sur l’autre, pl. XXXVI, fig. 18 et 19.

4 loges sur chaque face, pl. XXXVEI, fig. 20, «, b, c, et pl. XXX VII, fig. 4 et 2, a, b.

4 loges sur une face, de 5 sur l’autre, pl. XXXVIÏ, fig. 3 à 5.

5 loges sur chaque face, pl. XXX VII, fig. 6 à9.

5 loges sur une face, de 6 ou 7 sur l’autre, pl. XXX VII, fig. 10 à 12.

Localités : Conflans et Fontoy. Très-commun.

Coquilles formées de

QUINQUELOCULINA ANGULATA, Terq., pl. XXXVII, fig. 13 à 18.

Q. testa ovato-elongata, compressa, lϾvigata, antice plus minusve acuminata , postice obtusa, loculis plus minusve arcuatis aut geniculatis, externis angulatis, quadrangularibus , dorso planis idque depressis, internis rotundatis , aliquot prominentibus, projectis.

Coquille ovale-allongée, comprimée, lisse, plus ou moins acuminée en avant, obtuse en arrière, formée de 4 à 6 loges plus ou moins arquées ou genouillées , les externes anguleuses sur le bord, quadrangulaires, aplaties ou même déprimées sur le dos, les internes arrondies, parfois saillantes.

Cette espèce, par la forme quadrangulaire des loges externes, se rapproche des Quinqueloculina contorta et Q. badennensis d'Orb. (Foram. du bas. tert. de Vienne,

p. 298 et 299, pl. XX, fig. 4 à 6 et 10 à 12); elle en diffère par une moindre contorsion dans les loges, qui les rapproche ainsi de certaines espèces de Spiroloculines. Presque toutes ces coquilles sont très-inéquilatérales ; les unes sont aplaties sur les deux côtés, alors, sur une face, les loges vont en décroissant de la circonférence au centre et leur bord est anguleux, tandis que l'autre face est plate et le bord des loges arrondi, une ou deux loges sont saillantes ; dans d’autres coquilles, une face est convexe ou même arrondie, les loges sont à peine visibles et leur bord est arrondi. Enfin (fig. 18, a et b), une coquille a les deux faces également convexes et les loges externes sont anguleuses et disposées en forme d’anneau plat. Localité: Fontoy. Couches 7, 9 et 11. Assez rare.

vxS MATIÈRES.

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