LES IBÈRES PARLAIENT BASQUE
Non-seulement les noms de lieux des Vascons, cités par Ptolémée (2, 6, p. 48), sont presque entièrement basques,
mais de plus ils sont exempts des éléments étrangers qn^on retrouve dans les autres parties de TEspagne.
Le basque est encore parlé dans les provinces qu'ils occupaient, ce qui nous oblige à reconnaître que cette langue (à part sans doute les modifications qu'elle a reçues du temps) était aussi la langue des anciens Ibères. Les Vascons souffrirent peu des invasions qui s'étendirent sur le reste de l'Espagne. Renfermés dans leurs montagnes, ils ne furent guère mêlés aux guerres contre les Romains, sauf parla résistance désespérée de Galagurris, et, bien que conquis, ils continuèrent à vivre de leur vie nationale, ainsi que leurs proches voisins vers la Méditerranée et au delà des Pyrénées. Mais là môme les noms de lieux sont en partie purement basques, en partie mêlés d'éléments étrangers; l'Aquitaine eut aussi peu à souffrir des invasions romaines. C'est fort inexactement que les auteurs espagnols et français ont appelé les Basques des Cantabres, car les déplacements opérés par Auguste et les invasions des Goths, qui plus tard refoulèrent les Cantabres jusque dans la Biscaye actuelle, n'appartiennent pas à l'époque dont je m'occupe. Les Cantabres étaient séparés des Basques par les Antrigons et les tribus peu guerrières des Carystiens et des Vardules (Oyhenart , Not. utriusque Vasconiœ). Chez les Cantabres, et chez leurs voisins de l'ouest, commence ce mélange de noms de lieux qui n'est point basque*; les deux peuples, d'après les anciens, différaient par le caractère. Les Cantabres étaient si belliqueux, que l'épithète leur
K . Juvénal semble donner la môme signification aux mots Vascons et Cantabres (S. XV, v. 93). Cependant ce passage, bien interprété, ne prouve rien contre la différence de ces deux peuples. C'est probablement pour la facilité du vers et dans un sens général qu'il emploie indifféremment les deux noms. (E,)
SUR LES HABITANTS PRIMITIFS DE L'ESPAGNE i09
en est restée; les Vascons n'étaient pas moins braves, et se vantaient même de ne pas porter de casques dans les combats (Silius It., III, 358; V, 197). Ils étaient armés à la légère, ce qui prouve qu'ils avaient plus rarement la guerre; leurs instincts plus pacifiques étaient dus au repos et à la sécurité dont ils jouissaient habituellement dans leurs montagnes.
DISTRIBUTION DES NOMS DE LIEUX BASQUES CHEZ LES PEUPLADES DE LA PÉNINSULE.
Il est certain que les noms basques sont répandus dans toute la péninsule espagnole; cela résulte du tableau que j'en ai présenté (c. 13 à 20). Sans m'occuper de leur situation géographique, je vais maintenant les distribuer selon les peuplades auxquelles ils appartenaient, en négligeant ceux dont i'étymologie paraît hasardée.