‹ Recherches sur les hydrates sulfhydrésChapitre 3 sur 34 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

J’étudierai dans ce travail les combinaisons cristallisées et instables qui se forment à basse température lorsqu'on fait passer de l’hydrogène sulfuré dans certains liquides organiques, en présence de l’eau.

Un grand nombre de substances donnent naissance dans ces conditions à des combinaisons cristallines. J'ai dû me borner à l’étude des composés formés par les éthers simples de la série grasse, et leurs dérivés chlorés, bromés et iodés.

Ces corps présentent des propriétés analogues; leur composition peut être rapportée à une formule unique; leur système cristallin est le même; enfin ils se dissocient sous l'influence d’une température peu élevée en reproduisant de l'hydrogène sulfuré qui se dégage, tandis que l’éther et l’eau se séparent par ordre de densité.

Je les désignerai, pour abréger, sous le nom d’hydrates sulfhydrés.

L'importance de ce genre de composés a été indiquée dès 1856 par M. Berthelot:

2 DE FORCRANDe

«…. Ces substances me paraissent dériver des affinités spéciales en vertu desquelles un grand nombre de corps forment des composés peu stables, analogues aux hydrates ; ces composés sont plus communs qu’on ne le croit communément. Je citerai comme exemples les combinaisons crisiallisées que forment avec l’eau le chlore, le brome, l'acide sulfureux, lPacide sulfhydrique, ete., les composés observés par M. Loir entre le chloroforme etles hydrogènes sulfuré et sélénié, etc.

» Ces combinaisons, qu’une étude attentive multipliera beaucoup, se distinguent par leur formation facile, par leur peu de stabilité, et par l’union de leurs éomposants sans élimination d’eau ou d’une substance équivalente; ceci leur permet de se dédoubler sous les influences les plus légères (1), ete. »

Le seul travail publié sur les hydrates sulfhydrés est dù à M. Loir (?), qui, en 1852, signala l'existence d’un composé cristallisé formé par Punion du chloroforme, de l’eau et de l'hydrogène sulfuré. En remplaçant le chloroforme par le chlorure de méthyle, Le chlorure, le bromure ou l’iodure d’éthyle, ou le chlorure d’éthyle monochloré, ou encore en substituant l'hydrogène sélénié à l'hydrogène sulfuré, on obienait des cristaux semblables.

Toutefois, la composition de ces corps restait à déterminer, ainsi que leurs propriétés principales.

Je me suis attaché à ces combinaisons triples de préférence aux hydrates simples, parce qu'il est difficile d’obtenir ceux-ci dans des conditions où leur analyse soit possible.

Néanmoins, Je déerirai dans un Chapitre préliminaire les expériences que j'ai faites sur l’hydrate d'hydrogène

(*) Annales de Chimie et de Physique, 3° série, t. XLVI, p. 490. (?) Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, t, XXXIV, p. 947.

HYDRATES SULFHYDRÉS. 3

sulfuré ; il semble en effet qu'il y ait une relation étroite eutre ce composé et les hydrates sulfhydrés,

J'exposerai ensuite les résultats de mes recherches dans l’ordre suivant :

Chapitre 1. — Formation, cristallisation, analyse des hydrates sulfhydrés des éthers simples de la série grasse et de leurs dérivés chlorés, bromés et iodés,

Page 1