TROISIÈME SÉRIE D'EXPÉRIENCES
Enfin j'ai cherché à déterminer la quantité de chaleur absorbée par la décomposition de l’hydrate sulfhydré,.
Dans ce but, j'ai décomposé une petite quantité de ce corps par un excès d'une dissolution étendue de potasse (!) contenue dans le vase calorimétrique.
Pour évaluer la quantité de matière introduite, on ajoute à la liqueur de l’arsénite de soude, et l’on pèse le sulfure d’arsenic, ou bien on cherche l’excès d’arsénite de soude employé au moyen d’une liqueur iodée.
On connaît d’ailleurs la chaleur de formation du sulfure de potassium, la chaleur spécifique et la densité de la dissolution de potasse, et la différence de température observée; ce sont les seuls éléments nécessaires pour le calcul.
J'ai trouvé par ce procédé :
Première expérience.
Le calcul donne — 380Cal ,46
pour la décomposition de 1“.
Deuxième expérience.
Matière... . 7 108,380 T'—T——0,206, soit — 36Ca1,35,
pour 11 en grammes.
En prenant la moyenne des résultats précédents, on peut dire que la chaleur de formation de ce composé est d’envi-
(*) La concentration de cette dissolution de potasse doit être calculée de façon qu’elle n’agisse pas sur le chloroforme isolé, pendant le temps que dure l'expérience.
8 DE FORCRAND.
ron + 39%1,5 pour 11 en grammes et à une température voisine de o°, en partant de l’eau et du chloroforme liquides et de l'hydrogène sulfuré dissous. Si l’on part des deux premiers corps liquides et de l'hydrogène sulfuré gazeux, on trouve +471.
Ce nombre peut paraître considérable pour des composés aussi instables, qui sont certainement unis par des affinités très faibles. Mais on remarque tout d’abord que l'équivalent représente 601%",5 pour l’hydrate sulfhydré de chloroforme. En outre, il contient 4145" d’eau qui, pour se solifidier, dégageraient environ 32%; 1195", 5 de chloroforme et 685: d'hydrogène sulfuré qui dégageraient aussi uue petite quantité de chaleur pour prendre séparément l’état solide; de telle sorte que le nombre 38%! doit surpasser très peu la somme de ces trois effets, et l'on peut dire que le dégagement de chaleur observé est dû surtout au changement d'état physique qui accompagne la combinaison,
Les résultats précédents ne sont pas aussi concordants que la plupart des nombres obtenus dans les recherches thermiques ordinaires, mais on ne doit pas oublier que le composé est toujours en partie décomposé même à o°, ce qui entraine des erreurs inévitables: en outre, dans les deux dernières expériences, il y a une incertitude de quelques millièmes de degré dans le calcul de la température initiale, parce qu'on ne connaîl pas exactement Ja température du composé, et qu'on ne peut évaluer sa chaleur spécifique.
Expérience faite avec le bromure d'éthyle.
J'ai fait une seule détermination avec cet éther. On a versé une petite quantité d’eau dans un volume connu de ce composé saturé d'hydrogène sulfuré et placé dans Je calorimètre :
VM—= 060 LE 157,042, LR ANR OI ARLES EE 718 NE 0000 Mm—=\, 544"
HYDRATES SULFHYDRÉS. 59
Le calcul donne + 37021 ,08 pour 1“ en grammes, ou + 46,5
en partant de l’eau et du bromure d’éthyle liquides, et de l'hydrogène sulfuré gazeux.
Il résulterait de cette dernière expérience que la chaleur de formation de ces hydrates varie très peu de l’un à l’autre.