‹ Recherches sur les hydrates sulfhydrésChapitre 5 sur 34 · HYDRATE D'HYDROGÈNE SULFURÉ · texte numérisé non relu

HYDRATE D'HYDROGÈNE SULFURÉ

A la pression et à la température ordinaires, il ne se forme pas d'hydrate cristallisé d'hydrogène sulfuré, mais en opérant sous une forte pression, ou à une température basse, on peut obtenir des cristaux auxquels on a attribué la constitution d'un hydrate d'hydrogène sulfuré.

Wochler a signalé, en 1840 (‘), un composé semblable,

qui se produit dans les conditions suivantes :

(*) Annalen der Chemie urd Pharm., t. XXXWI, p. 125.

 DE FORCRAND.

En enfermant dans des tubes très résistants du bisulfure d'hydrogène et un peu d’eau, on voit se former à la température ordinaire des cristaux brillants sur les parois du tube. Ils deviennent plus abondants à mesure que le bisulfure d'hydrogène se décompose, en produisant de l’hydrogène sulfuré liquide. Si l’on ouvre le tube, l’hydrate se décompose.

Les mêmes cristaux prendraient naissance à la pression ordinaire, lorsqu'on dirige un courant d'hydrogène sulfuré dans de l’eau additionnée d’alcool à — 18°.

Dans un Mémoire plus récent (*), Woehler indique que la pression nécessaire pour former cette combinaison est égale à la tension de hydrogène sulfuré liquide, soit 17°!" à la température ordinaire. En plongeant le tube qui contenait les cristaux dans de l’eau à + 30°, ceux-ci se décomposalent, et se reformaient de nouveau par refroidissement.

J'ai cherché à répéter ces expériences, en me servant de l'appareil de M. Caïlletet, qui permet de mesurer à chaque instant la pression sous laquelle l’hydrate commence à se former et à se détruire,et les températures correspondantes. L'hydrogène sulfuré gazeux était introduit avec un peu d’eau dans le tube à compression.

J'ai obtenu de cette manière :

Pression Températures. en atmosphères.

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(*) nnalen der Chemie und Pharm., t. LXXXV, p. 376.

HYDRATES SULFHYDRÉS,

Qt

Pression

Températures. en atmosphères.

( ADN +6 ce Htnth PSN SAT TN EEE nets 072 SCO TR EN EEE Fi DO ee ee TR 16

A + 29° les cristaux se décomposent, même sous une pression de 23%"; à + 30° ils se détruisent à 5o%!", Les nombres précédents expriment à peu près la valeur de la tension de dissociation de l'hydrate; j'ai remarqué qu'ils conservaient la même valeur lorsqu'on augmentait ou qu'on diminuait la quantité d'hydrogène sulfuré contenu dans le tube.

Il résulte de ces expériences que vers + 29° ou + 3o°]a combinaison se détruit, même sous des pressions considérables; en même temps le gaz disparaît entièrement, et il se forme de l'hydrogène sulfuré liquide et de l’eau; ces deux liquides ne se mélangent pas; on peut alors les comprimer indéfiniment sans qu’ils se combinent,

Ainsi cet hydrate n’a pas de point de fusion défini, mais à celte température la pression qu'il faudrait exercer pour produire la combinaison est assez grande pour liquéfier l'hydrogène sulfuré. C’est un phénomène un peu analogue à celui du pornt critique de certains gaz liquéfiables, une sorte de point critique 1e décomposition.

On remarque également que la tension de dissociation de ce corps est très faible à la température ordinaire, et bien inférieure à la tension de l'hydrogène sulfuré liquide; à o° elle surpasse à peine la pression atmosphérique.

Cette propriété permet d’en préparer de grandes quanuités, et de le conserver sans danger dans des tubes de verre scellés à la lampe.

Dans le but de déterminer la composition de cethydrate, j'ai dû reprendre l'expérience de Woehler :

6 DE FORCRAND.

Au fond d’un tube de verre épais, deux fois recourbé et fermé à uue extrémité, on introduit du bisulfure d’hydrogène, puis de l’eau dans la partie coudée, de façon que Les deux liquides soient séparés ; le tube est ensuite fermé à la lampe. À mesure que le bisulfure se décompose, il se forme des cristaux d’hydrate ; on peut ainsi en préparer plusieurs grammes dans chaque expérience. [ls sont toujours trop petits pour qu’on puisse en déterminer la forme ; néanmoins j'ai remarqué qu'ils étaient sans action sur la lumière polarisée.

Lorsque le bisulfure d'hydrogène est entièrement décomposé, on incline le tube pour faire écouler l’eau en excès, on refroidit les cristaux dans un mélange réfrigérant, er l’on brise l’autre extrémité du tube. L’hydrogène sulfuré est alors dosé au moyen d’une dissolution titrée d’iode, et l'eau provenant de la destruction des cristaux est pesée à part. On peut ainsi avoir une idée de la composition de ce corps, que je n'ai pu analyser par d’autres moyens. J'ai trouvé dans six expériences :

HS Matière. pour 100.

gr OO TRS En 10,8, soit HS + 15,5 HO

0779601 MMELS O0, SONO 10 0 1HU DOUANES 11,0, soit HS + 13,9 HO

SALOO RTL 11,7, soit HS +:14,2 HO 2,109........ 10,6, soit HS + 15,9 HO 3,406........ 12,0, soit HS + 12,8 HO

Dans quatre autres expériences, j'ai enfermé beaucoup de bisulfure d'hydrogène et peu d’eau, de manière qu’il ne restàt pas un excès d’eau liquide. A l’ouverture des tubes, J'ai constaté une très forte pression d'hydrogène sulfuré ; néanmoins, les nombres obtenus sont voisins des précédents, et aussi variables.

HYDRATES SULFHYDRÉS. 7

BS Matière. pour 100.

gr. à MOTTE st 12,1, Soit HS + 13,6 HO (TC TESTS . 10,1, soit HS +16,6H0 HO né + Hi: SOI HO 12,4 H0 PH OODO ans + .. 11,0, soit HS + 15,3 HO

Les cristaux analysés retiennent certainement un excès d'eau; ces nombres prouvent néanmoins qu’ils contiennent beaucoup d'hydrogène sulfuré, et qu'ils sont très voisins de la formule HS + 12H0.

Je reviendrai plus loin sur le rapprochement qu’on peut établir entre la composition de cet hydrate et celle des hydrates sulfhydrés, dont je parlerai ‘dans les Chapitres suivants.

J'ai essayé également d'étudier la combinaison qui se forme lorsqu'on fait passer de l'hydrogène sulfuré dans de l’eau additionnée d’alcoo! à — 18°, Ce composé cristallisé n'est pas identique au précédent ; il se détruit à — 13°, et contient de l’alcoo!. C’est sans doute un hydrate d’hydrogène sulfuré dans lequel une partie de l’eau est remplacée par l'alcool; il conviendrait alors de le rapprocher des hydrates sulfhydrés.

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