CHAPITRE l. — HISTORIQUE DES INSTRUMENTS ET DES MÉTHODES
Niveaux a main. — On a imaginé un grand nombre de ces instruments très utiles et généralement très faciles à employer et qui peuvent se porter dans le gousset. Nous en citerons seulement trois qui sont des plus ingénieux et assez sensibles dans la plupart des cas,
1° Le niveau à réflexion, inventé en 1829 par le colonel du génie Burel; il paraît toutefois que le principe en avait été indiqué, dès le xvi“ siècle, par l’italien Scipion Claramonte, de Césène, mais l’idée était tombée dans l’oubli, quand le colonel Burel l’eut à son tour ( ' ).
Cet excellent petit instrument consiste en un pendule à miroir plan que l’opérateur tient suspendu à la hauteur de son œil, dont il peut voir l’image à une distance double de celle du miroir et qu’il peut amener, par conséquent, à la distance
(’) E.xtrait d’une Notice de M. Burel, lieutenant-colonel du génie, Sur les niveaux à réflexion de son invention [Mémorial de V Officier du Génie, n° 10; 1829).
« Les niveaux à réflexion sont construits d’après ce principe que l’œil
Fig. 182.
voit son image réfléchie dans un miroir vertical à une aussi grande distance derrière ce miroir qu’il en est éloigné lul-môme devant, et que la
de la vue dislincle. La ligne de visée ainsi obtenue est horizontale si le plan du miroir est vertical et, en arasant le bord extérieur du miroir, cette ligne de visée prolongée va rencontrer les objets éloignés ou une mire disposée au point dont on veut évaluer la différence de niveau avec la station en tenant compte de la hauteur de l’œil de l’opérateur.
On a rendu le niveau à réflexion {fig. i33) rectifiable, en étamant le miroir sur la moitié de chacune de ses deux faces.
Fig. i33.
et en disposant la monture de façon à permettre le retournement. La figure fait bien comprendre comment cette condition peut être réalisée, et l’on y voit la vis de rectification qui sert à assurer la verticalité du miroir quand on le tient suspendu.
Pour obtenir plus de précision, on a aussi monté l’appareil sur un pied, et enfin, pour l’employer à la mesure des pentes, on lui a ajouté une tige à contrepoids que l’on introduit per-
ligne qui joint le centre de l’œil et le centre de l’image est toujours horizontale et perpendiculaire au plan du miroir.
» Les avantages reconnus à ces instruments sont dus :
» 1° A la simplicité de leur exécution et de leur rectification;
» 2® A la grande longueur de leur ligne de mire;
» 3° A leur petit volume et à leur stabilité;
» 4° A la célérité de leur manœuvre, m
Cette Notice est accompagnée de deux figures {fig- i32) que nous donnons à titre de documents, la consti’uclion du niveau Burel ayant été tour à tour très simplifiée et très compliquée. C’est d’ailleurs à la forme la plus simple {fig> i33) que nous donnons la préférence.