XI. — Conséquences de cette substitution. Admirables
travaux de Picard.
Quoiqu’il en soil, il faut arriver aux travaux de Picard pour trouver la véritable consécration de cette substitution si précieuse de la lunette armée d’une croisée de fils à l’antique alidade ( ' ).
Picard associé à Auzout avait contribué lui-même à réaliser cette innovation (après avoir coopéré à la construction du micromètre à fil mobile) ; il l’avait d’abord utilisée dans sa célèbre mesure d’un arc du méridien de Paris et, peu de temps après, dans les opérations de nivellement dont il sera question plus loin (2).
Pour la mesure des angles des triangles depuis Malvoisine, au sud de Paris, jusqu’à Sourdon,près d’Amiens, et même jusqu’à Amiens, Picard avait fait construire un quart de cercle {PI. B, fig. 1 ) de 3 pieds 2 pouces de rayon dont le limbe était divisé en miniiles très distinctes par des lignes transversales (on a vu qu’Hévélius avait cependant fait usage du vernier, mais cela compliquait beaucoup la construction des grands instruments de cette époque), et pour l’observation de la hauteur du pôle, à Malvoisine, à Sourdon et à Amiens, il avait employé un secteur comprenant la vingtième partie de la circonférence de
(') On ne saurait passer sous silence ce fait tout à fait extraordinaire que l’un des astronomes les plus justement célèbres de ce temps, Hévélius, sous le prétexte que les lunettes ne grossissaient pas les étoiles, ne voulut jamais consentir à renoncer aux alidades, si bien que, malgré les perfectionnements apportés à la construction de ses instruments et le soin qu'il mit à refaire le Catalogue d'étoiles de Tycho, ses observations ne furent presque d’aucune utilité à une époque où l’on pouvait déjà prétendre à une plus grande précision. Le fait, nous le répétons, était d’autant plus extraordinaire qu’Hévélius savait travailler le verre et qu’il avait construit luimême d’excellentes lunettes dont il s’était habilement servi pour faire une étude complète de la surface de la Lune, pour examiner les planètes, les comètes et les taches du Soleil, qu’il avait employées après Scheiner pour déterminer la durée de la révolution de cet astre autour de son axe, etc.
O Voyez, dans le Recueil intitulé Ouvrages de Mathématique de M. Pic.ARD (à Amsterdam, chez Pierre Mortier; mdgcxxxvi) :
La Mesure de la Terre, par M. Picard; Le Traité du nivellement, par M. Picard, et Du Micromètre, par M. Auzout.