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XVII. — La substitution du théodolite au graphomètre

On a beaucoup varié, dans les différents pays et selon les époques ou les besoins à satisfaire, sur la préférence à donner à la boussole ou à la planchette; quant au théodolite ou au graphomètre qui l’a remplacé en France jusqu’au commencement de ce siècle, ils n’étaient employés que pour effectuer les triangulations destinées à fournir les repères principaux aux opérateurs chargés de lever les détails.

Le Théodolite et le (jrapiiomètre. — Le théodolite inventé, ainsi qu’on l’a vu, depuis plus de trois siècles en Angleterre, était à peu près inconnu sur le continent (') où l’on employait pour les triangulations le quart de cercle, le graphomètre ou

(') Le visorio do Galucci ne parait pas, en oITet, avoir été non plus très connu, même en Italie, pendant toute cette période.

Iiigénicurs-géograplics en Iruin d’opérer.

(Extrait du Trailû de l'Art de lever les plans de Üupain de Montesson.)

l4a LES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES.

le cercle hollandais (‘). Le graphomètre, très répandu en France et que les ingénieurs-géographes notamment avaient substitué au quart de cercle, s’était bien transformé en un cercle entier à lunettes plongeantes (voy. fig. un de ces instruments avec l’opérateur qui s’en sert), mais sans changer de nom et sans qu’on ait eu l’idée de lui adjoindre un auire cercle ou un arc de cercle pour permettre la mesure simultanée des angles verticaux et des angles horizontaux.

Le théodolite proprement dit ne semble avoir été introduit chez nous dans la pratique courante — sans doute pour les motifs indiqués dans la note précédente — que vers 1820 ou iS-îS. M. Bussel, géomètre en chef du cadastre, fit alors l’acquisition d’un théodolite répétiteur de Reichenbach pour exécuter une triangulation secondaire dans le département du Puy-de-Dôme, et cela lui fit, comme il le dit lui-même, gagner énormément de temps {-).

Aujourd’hui, le théodolite est, au contraire, sans contredit, l’instrument le plus répandu parmi les opérateurs, non seulement pour elTecluer des triangulations, mais pour toutes les éludes de terrain faites en vue de l’exécution des grands travaux publics, sous le nouveau nom de tachéomètre sur l’origine duquel nous reviendrons après avoir complété l’hisloire de la boussole et de la planchette, lesquelles ont subi une transformation semblable et pourraient être désignées de même.

(') Le nom du théodolite ne se rencontre dans aucun des Traités de Géométrie pratique les plus répandus en France jusqu’à la fin du siècle dernier, époque à laquelle le magnifique et colossal instrument construit par Ramsden pour les opérations géodésiques du major-général Roy le popularisèrent. On sait toutefois qu’à cette même époque, la méthode de la répétition des angles imaginée par Tobie Mayer et si heureusement appliquée par Borda dans la construction de son cercle répétiteur, jouissait d’une telle faveur que, malgré l’augmentation de travail qui résultait de la nécessité d’observer les distances zénithales et de réduire à l’horizon les angles mesurés dans le plan des signaux, tous les grands travaux géodésiques de Delambre, Média in, Biot, Arago, et, plus tard encore, de Brousseaud, de Corabœuf et des autres ingénieurs-géographes, ont été e.xécutés exclusivement avec cet instrument. Même après les perfectionnements de la machine à diviser et la construction d’excellents théodolites répétiteurs par Gambey, on renonçait difficilement à se servir d’un instrument i]ui avait acquis une si liaute célébrité.

(“) Traité pratique d’ Arpentage appliqué au Cadastre, par F.-C. Busset, a” édition; Paris, iS^a.

CIlAPirnE I. — HISTORIQUE DES INSTRUMENTS ET DES METHODES.

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